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samedi 16 septembre 2017

Fiche historique, les villes fortifiées, Evreux










Fiche Historique N° 02


Evreux, préfecture de l'Eure est situé entre Rouen et Paris, deux grands noms à cette époque... Construite au Sud-Est du département à environ une vingtaine de kilomètres de l'Ile-de-France, cette cité de deux mille ans était surnommée la Cité Jolie par Mme de Sévigné et fut construite dans la vallée de l'Iton sur le plateau de craie sénonienne, recouvert de silex et saupoudré de sables de Lozère.









Dénomination : Cité médiévale

 Localisation : 27 000, Evreux, département de l'Eure. 

Région : Normandie

 Siècle  de création : Fin du Ier siècle Av Jésus Christ 
Tout début du Ier siècle Après Jésus Christ




L'ancienne ville d' Evreux était peu étendue, malgré son importance, ses accroissements les plus considérables datent du XVe siècle, elle était surtout défendue par un énorme donjon contigu au mur d' enceinte, à l' endroit ou fut, plus tard, l' hôtel de ville.


* Le Beffroi
 Fin XIVe, début XVe,  une tour de la cathédrale servait de tour de guet aux habitants de la ville, qui y disposaient d'une cloche pour sonner l'alerte. En 1396, la ville se dote d'une première horloge installée dans un bâtiment en bois.
Par le biais d'une assemblée des bourgeois,  la construction de cette tour avec horloge et cloche se décide et se fait. Le chantier commence par la fabrication de la cloche, baptisée "Louyse", du nom de son parrain le dauphin Louis, fils de Charles VI et duc de Guyenne. La construction de la tour est ensuite lancée, près de la porte de Rouen : cet emplacement permet de surveiller la route qui mène à cette ville et par laquelle les Anglais ont souvent mené leurs attaques. L'horloge est réalisée par un artisan de Mantes, et commence à sonner les heures en 1412.


* Les remparts
Comme beaucoup de remparts tardifs, celui d’Évreux est composé de différents éléments de récupération (fûts de colonnes, blocs sculptés, grand appareil, chapiteaux) issus de spoliations faites aux bâtiments inutilisés de la ville, notamment sa fondation et sa partie basse, composées de blocs calcaires irrégulièrement arrangés (appareil pseudo-isodome irrégulier), coiffée par un blocage mixte de silex et de moellons de calcaire, entrecoupé de chaînages en brique. Cet appareillage peut être qualifié d'opus mixtum (opus testaceum et opus caementicium), et est assez répandu en Gaule durant l'Antiquité tardive : il est économique, efficace, dissuasif et rapide à mettre en œuvre. La courtine accuse une structure en léger retrait progressif (encorbellement inversé) afin d'améliorer sa stabilité.

Il ne faut que des yeux pour se convaincre que les vestiges de ces murailles ont au moins une fois plus d'étendue que celle qui renferme ce qu' on appelle la cité d' Evreux à laquelle on a ajouté les faubourgs dont quelques uns sont clos de murailles mais d' une fabrique différente de celle des murs de la cité. Ceux-ci sont comme les murailles du Vieil Evreux construits de cailloux brisés jusqu'à la hauteur de 1,50 mètres, après quoi il y a un lit de grands pavés de terre cuite sur lequel vient se rajouter un autre lit de cailloux jusqu'à la hauteur qu' on a voulu leur donner. Il y a, dans l' enceinte de ces murailles et environ au milieu de la paroisse du côté Est, une espèce de citadelle dont les vestiges font juger qu' elle était extrêmement forte. Entre le Sud et l' Ouest il y a les vestiges de ce château que M Le Brasseur dit avoir été bâti par Richard sur les ruines d' un fort construit par les Romains. On trouve, proche de ce château, un aqueduc de 1,60 mètres et large d environ 1,30 mètres, on suit aisément les vestiges de cet aqueduc pendant quatre 16 kilomètres, il reçoit l' eau de l'Iton, proche Damville, il venait se décharger en passant par-dessous ce fort construit par les Romains dans une espèce de bassin qu'on appellait encore au XIXe siècle vivier. Ce bassin contient environ un arpent parfaitement carré et fermé par ses quatre côtés de quatre fortes murailles dont ou voit les vestiges à raz de terre. Ce n'est pas seulement aux environs de ce fort des Romains que l' on trouve des médailles et autres sortes d'antiquités, c' est dans toute l'enceinte des murailles qui aurait, à ce qui semble, plus d'une lieue et demie de tour.
La courtine accuse une structure en léger retrait progressif (encorbellement inversé) afin d'améliorer sa stabilité. Le rempart est assez bien connu : plusieurs tronçons ont fait l'objet de fouilles archéologiques dès le XIXe siècle, d'autres sont largement visibles dans le paysage urbains, soit utilisés comme base pour d'autres constructions, soit simplement restés à l'air libre depuis la fin de l'Antiquité. Une partie de ce mur est visible au pied de la cathédrale le long de l'Iton. L'autre partie constitue un des murs du sous-sol du musée situé tout à côté.

  Le rempart est décrit comme entourant « la cité » : à la pointe Sud, le rempart suit la fosse et le ruisseau de l'espringale, jusqu'à la tour du même nom (à l'angle de l'allée des soupirs et du boulevard Chambaudoin) avant de monter vers le Nord le long de l'allée des soupirs jusqu'au château (hôtel de ville) et sa cour (place de la mairie), ceinturée de remparts. La fortification mène à la porte de Rouen, située à l'intersection de la rue de l'horloge et de l'Iton, au niveau de la tour de l'horloge, puis longe le cours de la rivière (la promenade de l'Iton) pour redescendre à la porte de Notre-Dame (rue de l'évêché, au niveau du passage de l'Iton), proche de la cathédrale et contourne les bâtiments de l’évêché-grenier (détruit) et palais épiscopal (actuel musée) - au niveau du miroir d'eau. » À partir des Xe-XIe siècles, la ville reconquiert des espaces hors du castrum, selon un processus et une chronologie encore mal définis. Entre le côté nord de la muraille antique et l’Iton, se développe le bourg Saint-Pierre. Une première fouille, réalisée en 1992 rue Saint-Pierre, montre un hiatus dans l’occupation du secteur entre les IIIe et XIe siècles, et apporte des précisions sur la défense du bourg. Aux abords immédiats de ce dernier, se sont développées des installations artisanales au nombre desquelles figure un atelier de foulon des XIIIe-XIVe siècles, mis au jour rue Isambard en 1993.


Son histoire

Vers l' an 260, saint-Taurin y prêcha la foi chrétienne et dans le iue sièoje la ville devint épiscopale, plusieurs de ses évêques ont été canonisés.
En 892 le chef des Normands, Rollon, se rendit maître d' Evreux
En 1090 Amaury de Montfort s' empara d' Evreux
En 1194 Evreux reconstruite était redevenue considérable
Evreux appartint à la couronne jusqu' en 1285 où Philippe le Bel la donna à son frère Louis de France, tige de la branche royale des comtes d Evreux
En 1316 ce comté fut érigé en pairie perpétuelle

La ville ancienne, qui a donné naissance à Evreux, existait sur le territoire de la commune dite encore au XIXe siècle le fief Evreux. Elle se nommait Mediolanum et était la cité principale des Âultrci Eùuro rater. Au IVe siècle, elle fut nommée civitas Eburovicorum ou Ebroi eorum puis Ebroicm et enfin, Evreux, Vers l' an 260, saint-Taurin y prêcha la foi chrétienne puis la ville devint épiscopale, plusieurs de ses êvéques ont été canonisés.
En 1982-1985, puis en 1993, deux opérations ont mis en évidence une première tentative de fortification de la ville et son arrêt brutal dans les années 270-280, durant lesquelles Évreux connaît d’importantes destructions. Vers 300, la ville se dote d’une enceinte englobant une surface de 9 hectares, où va se concentrer l’occupation durant plusieurs siècles. La muraille abritera dans son angle sud-ouest la cathédrale et accueillera à l’opposé le château médiéval. L’enceinte du castrum reste pour une bonne partie active durant le Moyen-âge et les fouilles effectuées en 1992 en arrière de l’hôtel de ville ont permis d’observer un système de double fossé précédant à l’est la muraille. Evreux fut une des cités que les Romains conservèrent le plus longtemps, le reste des Gaules leur était déjà enlevé par les Visigoths, les Francs et les Bourguignons lorsque Clovis, appelé par l' évêque d' Evreux, s' empara de la ville et de toute cette partie des Gaules.
En 892 le chef des Normands, Rollon, se rendit maître d' Evreux, les habitants, terrifiés, firent peu de résistance, cependant, leur ville fut pillée et leur territoire ravagé. Quelques temps après Rollon, reçut du roi de France la IV eu s trie à titre de duché.

Composée de l’ancien Palais Épiscopal et de la Cathédrale, siège de l’évêché, la Cité Épiscopale d’Evreux offre l’un des plus beaux exemples français en la matière. L’ensemble, mis en lumière depuis 2009, fait actuellement l’objet d’une restauration architecturale et d’une mise en valeur touristique qui sera achevée au printemps 2013. Situé près de la cathédrale, le palais épiscopal d’Evreux, fut construit en 1499 sur commande de l’évêque d’Evreux Raoul du Fou. Prenant appui sur la muraille d’enceinte de la ville, l’Evêché est le parfait exemple d’édifice à double fonction : sa façade nord, dotée d’une tourelle de style gothique flamboyant, est élégante et raffinée, tandis que sa façade sud,  dominée par un encorbellement à mâchicoulis, revêt un aspect austère et défensif. Classé Monument Historique depuis 1907, il abrite le Musée d’Évreux depuis 1991. La ville d' Evreux fut comprise dans cette province située à la frontière, elle fut prise reprise ravagée à chaque guerre qui s'éleva entre les rois de France et les ducs de Normandie.

En 996 Evreux eut ses comtes particuliers ; Robert le Normand est le premier qui ait porté ce titre auquel il joignit celui d' archevêque de Rouen, bien qu'il fût marié et père de quatre enfants. Son neveu, le duc de Normandie, lui déclara la guerre, lui enleva sa ville capitale et le força à s' enfuir à Paris. Robert, comte et archevêque, excommunia alors son neveu et, grâce à la terreur qu' inspiraient ses armes spirituelles, recouvra Evreux où il mourut en 1037. Son successeur suivit, Guillaume le Conquérant en Angleterre, et se fit remarquer dans cette invasion.

En 1090 Amaury de Montfort s' empara d' Evreux par trahison et y commit de telles dévastations qu' on lut, un an entier, sans y dire la messe à peine. Cette ville recommençait à vivre, elle a réparée ses désastres que le roi d' Angleterre, Henri Ier, vint essayer de la reprendre. Le siège traînait en longueur quand l' évêqne d' Evreux, le traître Rotrodus, conseilla à Henri de lancer des feux sur la ville qui fut en effet brûlée de fond en comble.

Des interventions permettent de suivre l’expansion de la ville vers l’ouest et de préciser les circonstances de la réoccupation de l’espace séparant la ville close et le faubourg qui s’est développé à partir du XIe siècle autour de l’abbaye Saint-Taurin. Au niveau des rues Isambard, Saint-Sauveur et Joséphine, les fouilleurs notent une absence de traces d’occupation humaine entre la période antique et les XIIe-XIIIe siècles. Dégagées en 1993, des sépultures associées à un mur scandé de contreforts correspondent peut-être à l’église Saint-Thomas, qui est encore mal connue.
En 1194 Evreux reconstruite était redevenue considérable, elle avait été cédée à Philippe Auguste par Jean sans Terre moyennant 1,000 marcs d' argent et devait être réunie à la couronne de France. Philippe, néanmoins, l'avait laissée au frère de Richard d'Angleterre et s' était contenté de mettre garnison dans le château Jean sans Terre. Pour se réconcilier avec son frère, fit traîtreusement massacrer la garnison française. Philippe furieux attaqua Evreux, la prit, l'incendia et la fit en grande partie démolir, il s'en empara de nouveau trois ans après et acheva de la détruire. Elle lui fut définitivement cédée l'année suivante et il s'occupa dès lors de lui donner une nouvelle existence. Evreux appartint à la couronne jusqu'en 1285 où Philippe le Bel la donna à son frère Louis de France, tige de la branche royale des comtes d Evreux.

En 1316 ce comté fut érigé en pairie perpétuelle.
Le dixième comte d' Evreux fut Charles le Mauvais roi de Navarre, un des fléaux de la franc sous la première branche des Valois. Les Anglais s' emparèrent de la ville du temps de Charles VU, mais clic fut reprise par le Roi et donnée par lui à Jean Stuart, un des braves capitaines écossais, qui combattirent vaillamment pour la France au côté de l' héroïque Pucelle d' Orléans. A la mort de Stuart Evreux rentra dans le domaine royal d' où elle ne sortit que pour être donnée au duc de Bouillon en échange de la principauté de Sedan.

Avant la Révolution elle possédait outre sa cathédrale, huit paroisses, trois couvents d'hommes, un couvent de femmes et deux abbayes considérables.








L'architecture, sur un livre ancien

Le Beffroi ou la Tour de l'horloge

Les remparts Gallo-Romain

Une notice historique sur la ville

Sur la base pop culture


Une estampe de la ville fortifiée

Les villes de Haute-Normandie au Moyen-âge


Tourisme Eure



La ville





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jeudi 7 septembre 2017

Fiche historique, les villes fortifiées, Noyon










Fiche Historique N° 01






  Située dans un recoin circulaire au Nord du département de l'Oise, la ville est enclouée entre deux départements mitoyens, la Somme et l'Aisne. Noyon, proche de Compiègne plus au Sud, sa "compagne" royale distante d'une quinzaine de kilomètres, de Roye au Nord-Ouest, d'Ham au Nord, de Laon à l'Est est entourée de grands noms militaire du moyen-âge. Elle fut place-forte, citadelle, place religieuse puis ville au fil du temps, d'une histoire peu commune pour une agglomération...








 Dénomination : Cité médiévale

 Localisation : 60400, Noyon, département de l'Oise. 

Région : Hauts-de-France

 Siècle  de construction : XIIe




 La cité s´entoure d´une enceinte, formée sans doute au début d´un fossé et d´une levée de terre palissadée, puis de murailles. Une charte du XIIe siècle en fait foi : « les fossez de la ville de Noyon étoient tenus à blanc d´eau », formant des viviers où il y avait du poisson ; en 1192, l´évêque Etienne en ayant alors la disposition en donna aux frères de l´hôpital Saint-Jean « une partie depuis la porte d´Wez jusqu´à la porte Coquerelle avec pouvoir d´y pescher, leur recommandant toutefois de ne point endommager ni les fossez ni les murailles ». Il semble que l´on puisse situer la date de construction des remparts avant 1178, date de la fondation de l´hôtel-Dieu, que l´on n´imagine pas construit extra-muros. L'enceinte médiévale est probablement construite dans le 3e quart du XIIe siècle. Elle fera l'objet d'une importante modernisation (remparage et reconstruction partielle) dans la 1ère moitié du XVIe siècle. Vers 1553, un ouvrage d'artillerie appuyé sur le côté nord-est de l'enceinte est construit sur les plans de l'ingénieur italien Jean-Baptiste Porcell. A partir de 1591, une citadelle est construite sur le flanc ouest des fortifications à l'emplacement de l'ancienne abbaye Saint-Eloi (étudiée), sur des plans attribués à Errard de Bar Le Duc. Le démantèlement de la citadelle commence dès le 2e quart du XVIIe siècle, celui des fortifications a lieu dans le 2e quart du XIXe siècle, à partir de 1837.




 Matériaux: l'enceinte a été bâtie de pierre calcaire, de terre, de pierre, de brique moyen appareil, de pierre avec brique en remplissage.




  Durant le Haut Moyen-Âge, les faubourgs s’urbanisent progressivement, malgré les raids normands du IXe siècle. Ils sont englobés à la fin du XIIe siècle par le nouveau rempart médiéval. Cependant, le rempart gallo-romain demeure un élément topographique fort, dont témoigne encore la forme arrondie des îlots de maisons construits sur ses fondations.
Ville ligueuse pendant les guerres de religion, Noyon a connu deux sièges par les armées du roi de France Henri IV peu après son avènement. Par deux fois, les canons ont tonné et la ville s’est soumise. Une fois de trop, sans doute : durant quatre décennies, Noyon sera placée sous la surveillance militaire d’un gouverneur installé avec sa garnison dans une citadelle construite à cet effet sur l’emplacement de l’abbaye Saint-Eloi (actuellement entre le rond-point de l’Europe et la gare).
Au Moyen-Âge, Noyon acquiert le surnom de « bien sonnée » en raison de l’omniprésence des établissements religieux. L’ancien castrum devient le quartier cathédral, profondément remodelé entre les XIIe et XIIIe siècles. Le rempart gallo-romain est en partie détruit par la construction de la nouvelle cathédrale gothique. La ville est structurée par un réseau de dix paroisses. Abbayes et monastères se développent jusqu’à la Révolution. C’est alors que la quasi-totalité des clochers présents depuis des siècles disparaît du ciel noyonnais. Selon Moët de la Forte-Maison, la citadelle aurait pu être construite par l’ingénieur militaire Jean Errard (1554-1610), de Bar-le-Duc. Peu d’éléments de cet édifice sont connus, hormis ses matériaux de construction en pierre de réemploi agencés selon un plan carré autour d’une place d’armes. La gravure de Claude de Chastillon, datée des environs de 1610, est sans doute la représentation la plus précieuse de la citadelle dominant Noyon la ligueuse. La citadelle contrôla la ville durant quatre décennies. La garnison royale de Noyon eut à sa tête un gouverneur en la personne de François de Faudouas d’Averton, comte de Belin. Ce gouvernorat passera par la suite sous la coupe du gouverneur de Paris. A plusieurs reprises, les Noyonnais réclamèrent le départ de la troupe et le démantèlement de la citadelle. Ce n’est qu’en 1630 que leur demande fut entendue d’une part par Hercule de Rohan-Montbazon, gouverneur de Paris, Soissons, Noyon, Coucy et Chauny, qui accepta de perdre cet office moyennant subsides et, d’autre part, par le roi en son conseil qui fit oeuvre de « clémence et de bonté ». Le 30 mars 1630, un arrêt du conseil du roi ordonna la démolition de la citadelle après trente-neuf années d’existence dans la ville. L’abbé de Saint-Eloi, Charles de l’Aubespine, seigneur et marquis de Châteauneuf, en réclama alors la possession pour y réinstaller son abbaye.








 Le patrimoine de la ville

Un document sur la ville

L'inventaire de la ville

Une synthèse archéologique urbaine


 Le tourisme



 La Ville de Noyon





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mardi 20 juin 2017

Traits d'architecture du Château de La Madeleine






























 Enchassée au sud-ouest du département des Yvelines entre Versailles et Rambouillet, Chevreuse fait partie du parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, son centre, situé dans le bas de la vallée, est dominé sur son flanc nord par le château de la Madeleine.
Le  site a été bâti au XIe siècle par les sires de Montlhéry, vassaux de l' évêque de Paris, La Madeleine est l'ancien château des barons de Chevreuse....










Dénomination : Château-Fort


Localisation :   78 460, Chevreuse, département des Yvelines

Région : Ile-de-France


Année de construction : XIe siècle




La Madeleine est l'ancien château des barons de Chevreuse, ils élèvent leurs ruines silencieuses sur l'extrémité d' un promontoire escarpé, vaste prolongement de la plaine protégé à l'Est et à l'Ouest par les Fondrières, sortes de ravins naturels et dominant au Nord de plus 80 mètres la ville de Chevreuse et la riante vallée de l' Yvette. Ce château est d' une forme très irrégulière déterminée par la configuration même du terrain. Il se compose de trois parties principales:

 1. Le donjon
Le donjon qui en est la plus ancienne et la plus importante partie est isolé dans l' enceinte mais très rapproché de la muraille Ouest et de la porte principale. Il offre une masse rectangulaire de 17 mètres de longueur sur 12m de largeur, hors œuvre, appuyé sur quatorze contreforts dont quatre occupent chacun des grands côtés Est et Ouest et trois chacun des petits Nord et Sud.
Le donjon de Chevreuse présente en effet une analogie frappante avec celui de Bréthencourt, qui appartenait aussi au onzième siècle à la puissante famille de Montlhéry.
Dans la seconde moitié de ce siècle, après l' an 1065, le comte Gui de Rochefort, dit le Rouge, avec la comtesse Adelaïs, sa femme, donnèrent à l'abbaye de Marmoutier l'église de Saint-Martin de Bréthencourt avec certains revenus qui furent l'origine du prieuré de ce lieu. Le comte Gui et la comtesse, sa femme, firent cette donation en présence d'un grand nombre de témoins clercs et laïques dans leur nouveau château. "Hoc autem donum domnus Guido cornes ac domna Adelisa comitissa conjux ejus in castelio novo dederunt": C'est ainsi que s' exprime la notice originale de cette donation provenant des archives de l' ancienne abbaye de Marmoutier et conservée aujourd' hui aux archives d' Eure-et-Loir, dans le petit fonds du prieuré de Saint-Martin-de-Brétheucourt. Le château neuf dont il s'agit ici, ne peut nécessairement être que celui de Bréthencourt situé à un kilomètre du village et de l' église de Saint-Martin objet de la donation. I1 existe encore des vestiges considérables du donjon qui, disions-nous, présente une analogie frappante avec celui de Chevreuse.

2. L'enceinte
L'enceinte dans laquelle il est renfermé offrant une sorte de parallélogramme allongé de 65 mètres de long sur 45 de large formée de hautes murailles défendues par cinq tours rondes trois tours carrées et par de nombreux contreforts.
Les contreforts du midi, au lieu d' être plats et d' avoir une saillie de 50 centimètres seulement, en ont une de 4 mètres et sont fortement inclinés. Cette grande importance est motivée par la pente du terrain et sa nature glaiseuse, peut-être ont-ils été ajoutés vers le quinzième siècle. La face Ouest et ses deux longues arcades servaient de dégagement aux latrines pratiquées dans l' épaisseur du mur du premier et du second étage.

3. La basse cour
Défendue au Nord par un fossé profond dans laquelle était renfermée la chapelle du château dite de la Madeleine qui a donné son nom aux ruines, à la butte et à une partie de la plaine environnante.

Les autres parties

La toiture, actuellement disposée en bâtière et la rareté des ouvertures, celles de l' Est étant seules conservées, donnent à cet édifice, naturellement triste et sévère, l' aspect vulgaire d' une grange. Une ancienne gravure publiée en 1610 par Claude Chastillon et d' anciens dessins montrent qu' à cette époque, les quatre faces s' élevaient toutes à la hauteur des pignons actuels, 19 mètres au-dessus du sol de la cour et étaient recouvertes par un toit à quatre égoûts surmonté d' un lanternon.

Les contreforts de l' Est et de l'Ouest, évidemment tronqués à leur partie supérieure, suffiraient pour faire naître cette assertion parfaitement justifiée. Les murs de ce donjon ont, au Nord, c' est à dire du côté de la plaine, 2 mètres d' épaisseur à l' Est, à l'Ouest 1m80 et au midi, du côté de la ville qui était le moins abordable seulement ce qui très probablement a nécessité la puissante saillie des contreforts.
L' intérieur de l' édifice a 13m30 de longueur sur 8m40 de largeur, il était autrefois divisé en un Rez-de-Chaussée et en étages par l'intermédiaire de planchers. Le Rez-de-Chaussée se trouve à 60 centimètres en contrebas du sol actuel de la tour. 11 paraît avoir été divisé au moins sur une partie de son étendue par un plancher ainsi que semblent le témoigner les corbeaux qui sont encore apparents. Les ouvertures, qui sont toutes du côté Est, ont dû être remaniées à plusieurs reprises, il est probable qu'à l' origine elles étaient beaucoup plus étroites et que la porte d' entrée se trouvait au premier étage. Au centre de cette salle basse s' élève un pilier carré de 1m30 de côté reposant sur un socle de 1, 50m de largeur sur 1,20 m de hauteur. Un escalier de bois, sans aucun intérêt, conduit au premier étage. Le plancher est porté par deux fortes poutres placées dans le sens de la longueur reposant toutes deux d' un bout sur le pilier central et l' une d' elles sur un massif intérieur correspondant au contrefort du milieu de la façade méridionale. Au-dessus de ce plancher, le pilier central devient octogone et s' élève encore jusqu' au troisième étage.  Le renflement qu' il présente au niveau de chaque étage lui donne une certaine élégance, les entailles, qui subsistent dans les poutres seuls, restes du deuxième et du troisième plancher, indiquent que les solives étaient posées d' angle.

Au premier étage l'ouverture, en partie murée, la plus rapprochée de l'angle Sud-Est paraît avoir été, comme nous l' avons dit, l'entrée primitive du donjon. Près de cette ouverture un escalier en pierre droit et voûté conduisait au second étage. Toutes les ouvertures des parties supérieures ont dû être agrandies vers le seizième siècle, époque à laquelle on aurait mis des linteaux et des croisées de pierre calcaire. C'est surtout à l' extérieur qu' on retrouve la forme des fenêtres primitives, on en voit une seule au premier étage du côté Ouest, rectangulaire et très étroite. Au second, elles étaient à plein cintre et avaient environ 70 centimètres sur 1m70, trois sont encore assez apparentes. Au premier étage, dans le gros mur septentrional, de chaque côté d' une large cheminée, sont pratiqués deux retraits dont l' un est très sensiblement oblique vers l' angle Sud-Ouest dans lequel est inclus un cabinet de latrines pratiqué sous une arcade basse et irrégulière. Un cabinet semblable et une autre cheminée se trouvent également au second étage. Le troisième étage avait une cheminée placée au-dessus des autres et adossée comme elles au mur Nord. Tel est tant à l' extérieur qu' à l' intérieur, l'aspect de cette ruine vénérable dont la masse imposante pourra encore fatiguer les efforts du temps pendant une longue suite de siècles, si toutefois le marteau des démolisseurs ne vient pas accélérer sa destruction. C'est assurément là le vieux donjon bâti au onzième siècle par les sires de Montlhéry, vassaux de l' évêque de Paris et confié par eux à la garde des châtelains, qui devinrent par la suite les seigneurs de Chevreuse. Il fut assurément contemporain des premiers rois de la troisième race à la fin du onzième siècle, il résista aux efforts impuissants de l' armée royale et ce fut pour sa défense qu' au commencement du douzième, le châtelain Milon de Chevreuse épuisa de ses plus beaux arbres les forêts du domaine de l' abbaye de Saint-Denis. Il fut, pendant sept siècles, la demeure où se succédèrent les nombreuses générations de ses seigneurs, de ses barons et de ses ducs depuis les sires de Montlhéry jusqu' aux prélats et aux princes de la maison de Lorraine, aux ducs de Luynes et de Chevreuse. C' était entre ces quatre murailles, que se trouvait au milieu du dix-septième siècle, cette chambre d' un duc et pair momentanément habitée par Racine où ce poète illustre entendait suivant ses propres expressions, "un vent qui faisait trembler la maison". Rien que la forme et le plan de ce donjon, les contreforts longs et plats sur lesquels s' appuyent trois de ses façades, les rares fenêtres longues et étroites dont on retrouve çà et là les vestiges, suffiraient pour justifier la date que nous lui assignons, mais nous croyons en avoir trouvé une autre preuve.


Fouilles du château de La Madeleine
https://www.persee.fr/doc/bulmo



















































jeudi 30 mars 2017

Traits d'architecture du Château d'Oulchy















Oulchy-le-Château est située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France, entre Soissons et Château-Thierry. La commune bénéficie d'un château, son principal accès pour ne pas dire l'unique, se trouvait au Nord, emmener par une avenue plantée d'ormes séculaires, s'embranchant sur la route de Soissons, et connue sous le nom l'Allée de M. le Prieur.

La porte du château avec pont-levis, autant qu'on peut en juger d'après la construction de l'arche actuelle qui sert de passage, était défendue par deux tours dont l'une, à gauche, avec meurtrière, bien conservée, sert de cachot au dépôt de sûreté du canton ; l'autre tour, côté Ouest, a disparue entièrement ainsi que l'ensemble des murs et des tours qui dominaient le bourg. Les matériaux ont servi à élever sur l'emplacement des ruines, des habitations avec jardins en terrasses, servant comme de contreforts à la masse restée debout. Il est probable que si des fouilles étaient pratiquées dans les flancs de ces ruines, face Ouest, on découvrirait l'entrée d'anciennes creuttes qui, sans doute, s'enfonçaient jusque sous le château, comme les vastes boves qui se voient encore en face dans la plupart des maisons et des fermes de la rue, où elles servaient de bergeries aux magnifiques troupeaux de M. Gonseil-Lamy, dont le nom a figuré si souvent avec honneur dans les comices agricoles régionaux.

Sur la place du château, vaste terrasse de forme rectangulaire, ombragée à l'Ouest par une magnifique allée de tilleuls dont la plantation remonte à plus d'un siècle, se trouvait à gauche et, au milieu, la porte principale du Prieuré, donnant accès à la cour d'honneur ; elle était flanquée de deux immenses granges servant à recueillir les dîmes du prieur.

Ces granges ont été démolies il y a plus d'un demi-siècle, ainsi qu'un grand colombier féodal dominant la basse-cour, et la porte d'entrée a été déplacée pour l'agrandissement de la place publique, dite : Sur le Château.
Chacune des deux entrées du grand corps de logis de face , ornée d'un fronton, est surmontée d'un attique que soutiennent des colonnes doubles en pierre avec ornements sculptés, vignes et lierres enroulés autour. On remarque, à gauche, un soleil rayonnant au milieu du fronton, et à droite, de chaque côté des chapiteaux, les lettres D.A.Y.E entrelacées.
Il est probable que ces lettres sont les initiales du nom du Prieur à l'époque de la restauration de cette façade. C'est ainsi qu'à la rampe en fer du grand escalier, à l'intérieur, on voit enlacées les lettres F. R.B.
Il y a lieu de supposer que cet escalier a été construit pendant que M. François-René Baudoin était prieur d"Oulchy. (Décédé le 3 avril 1780, à l'àge de 71 ans) .
A cette façade principale et faisant retour, se rattache, à gauche, un bâtiment secondaire servant de communs.
La façade de ce grand bâtiment, du côté de l'Est, est dépourvue d'ornements ; un simple attique surmonte la porte du milieu qui communique à un vaste jardin dominant la campagne au Sud et à l'Est. Au Nord, deux terrasses en gradins donnent accès, à travers les ombrages d'un bosquet verdoyant, à une ruine massive formant le point culminant du château qui a conservé le nom de Donjon. Il ne reste plus de cette masse qu'un grand enfoncement cintré en forme déniche, mesurant trois mètres de haut, en pierres de taille et en bon état de conservation. Depuis l'installation d'un petit séminaire dans l'ancien prieuré, c'est-à-dire en 1818, une grande madone moderne, en plâtre, occupe la place laissée vide, depuis longtemps sans doute, au sommet de ces ruines. On se perd en conjectures sur la destination de cette espèce de belvédère. Il est vrai que de ce point dominant, l'observateur dont l'horizon s'étend depuis Fère, Saponay, Cramaille et le Grand-Rosoy jusqu'au Plessier, peut surveiller des deux côtés la grande route de Soissons ainsi que le chemin de Reims à Paris, lequel venant de Saponay passe à Oulchy-la-Ville. Ce chemin traversait perpendiculairement la grande route de Soissons.

Voici l'extrait d'une note de M. l'abbé Pécheur, Annales du diocèse de Soissons (t, I, p. 43), relative à ce dernier chemin et qui signale son ancienne importance :
« Le chemin qui porte, aux environs d'Oulchy, le nom de "chemin de Reims", est généralement large, verdoyant, quelquefois pavé de larges grès. C'était, avant la Révolution, un chemin militaire. Il y passait autrefois un coche, faisant le service de Reims à Paris. a cessé d'être fréquenté. »




Fiche historique du Château


La ville





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samedi 11 mars 2017

Un exemple de détail défensif du château de Pierrefonds.




























Beaucoup de ces figures font voir que l'on conservait avec les mâchicoulis de pierre, des hourds de bois (en A) maintenus pour la défense des courtines, ces deux systèmes furent longtemps appliquées ensemble, les bretèches et hourds de bois étant beaucoup moins dispendieux à établir que les mâchicoulis de pierre.

 Le château de Pierrefonds bâti pendant les dernières années du XIVe siècle présente encore d' une manière bien complète ces sortes de défenses supérieures.

Voici, sur l'image 36, l' état actuel de l'angle formé par la tour du Nord-Est et la courtine Nord. On voit parfaitement en A les mâchicoulis encore en place, en B, l'arrachement des parapets de pierre, en C le filet de l' appentis qui recouvrait le chemin de ronde D, en E les corbeaux de pierre qui portaient le faîtage de cet appentis, en G les




 portes qui donnaient entrée de l'escalier sur les chemins de ronde et en F des ouvertures permettant de passer de l'intérieur de la tour des projectiles aux défenseurs des créneaux. En H un étage crénelé ouvert au-dessus des mâchicoulis et en I le dernier crénelage découvert à la base du comble et enfin en K la tour de l'escalier servant de guette à son sommet.
 Mais dans les châteaux, particulièrement à cause du peu d' espace réservé entre leurs enceintes, les courtines devenaient murs goutterots des bâtiments rangés entre les tours le long de ces enceintes, de sorte que le chemin de ronde donnait accès dans les salles qui remplaçaient l'appentis de bois.
 On comprendra ainsi facilement la destination de chaque détail de la construction militaire que nous venons de décrire, mais c' étaient là les défenses les plus fortes des tours et des murailles, beaucoup leur étaient inférieures comme disposition et se composaient seulement de créneaux et mâchicoulis peu saillants avec chemin de ronde peu large. Tels sont les murs d Avignon.....







Un dessin du château de Pierrefonds








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jeudi 9 mars 2017

Le donjon de Coucy, Procédé d'élévation















Par Eugène Viollet-Leduc

Voici par quel procédé le donjon de Coucy dut être élevé ; la construction fut conduite en spirale de la base au sommet au moyen d' un échafaudage dressé en même temps que les maçonneries s'élevaient, cet échafaud formait ainsi, en dehors du parement extérieur, un chemin incliné qui permettait de rouler sans difficultés les plus grosses pierres jusqu au faîte. Les trous carrés des traverses de cet échafaud et des liens qui empêchaient leur bascule, sont visibles et très régulièrement disposés au pourtour de l'énorme cylindre. Il était impossible d' employer un procédé à la fois plus simple et plus ingénieux pour bâtir rapidement et sans frais inutiles une aussi grosse tour qui n'a pas moins de 30,50m de diamètre hors œuvre et 60m de haut, du fond du fossé au bas du glacis qui surmontait la corniche à doubles crochets. Aujourd hui, les voûtes des deux étages sont crevées et le glacis supérieur, ainsi que les quatre pinacles qui le couronnaient, n'existent plus.
Le couronnement nous est indiqué par Ducerceau dans son livre « Des plus excellents bâtiments de France », on rencontre quelques morceaux de ce glacis sur le chemin de ronde supérieur et au fond du fossé, quant aux pinacles, nous n'avons pu découvrir de fragments des fouilles pratiquées dans le fossé qui les feraient probablement retrouver en partie. Toute la maçonnerie était chaînée au moyen de longrines de bois de 0m, 20 à 0, 30 d' équarrissage noyées dans l'épaisseur des murs suivant la méthode encore en usage pendant le XIIe siècle.

Au dessus de la voûte du premier étage ce chaînage se reliait à une enrayure également en bois. Il semblerait que ce donjon ait été bâti pour une race de géants, l'aspect des constructions est en harmonie avec la puissance déployée dans l'exécution, et en effet Enguerrand III de Coucy est la plus grande figure de la féodalité. On ne doit pas oublier que ce personnage héroïque après avoir ravagé les diocèses de Reims et de Laon après que le roi Philippe Auguste eut répondu au chapitre de Reims qui se plaignait de ses violences et du ravage de leurs terres. Je ne puis faire autre chose pour vous que de prier le sire de Coucy de ne point vous inquiéter aspira sous la minorité de Louis IX au trône de France. I1 était seigneur de Montmirail, d'Oisy de Crèvecœur, de la Ferté- Aucoul, de la Ferté-Gaucher, possédait la terre de Condé-en-Brie, était comte de Roucy, vicomte de Meaux et châtelain de Cambrai. Cinquante chevaliers étaient toujours auprès de lui indépendamment des vassaux qui lui devaient le service militaire. Or cinquante chevaliers formaient une garde de cinq cents hommes environ. Au XIIIe siècle un pareil état et un château comme celui de Coucy plaçaient un vassal du roi de France sur le pied d'égalité avec son suzerain. Mais s' il n'était donné qu'à un petit nombre de vassaux de la couronne de France de prendre une si belle place et d'acquérir d'aussi grandes richesses, une influence considérable, tous à des degrés différents voulaient conserver leur indépendance, se maintenir à l'état de lutte permanente avec une société qui, déjà aspirait à l'unité monarchique, tous construisaient des châteaux, le plus petit seigneur avait son nid, son refuge fermé, ses hommes et en temps de guerre il tenait pour tel ou tel parti, pour le roi comme pour son seigneur direct ou l'étranger suivant qu' il y trouvait honneur profit ou parfois aussi une vengeance à exercer.


Du château, on profitait des escarpements naturels du terrain, poulie planter, car il se trouvait ainsi à l'abri des machines de guerre, de la sape ou de la mine. L'attaque ne se faisant que de très près et les machines de jet ne pouvant élever leurs projectiles qu à une hauteur assez limitée, il y avait avantage à dominer l'assaillant soit par les escarpements des rochers, soit par des constructions d' une grande élévation en se réservant, dans la construction inférieure des tours et courtines, le moyen de battre l'ennemi extérieur au niveau du plan de l'attaque. En se divisant sous l' influence du pouvoir monarchique, la féodalité suppléait à son manque de ressources en appelant à son aide les moyens de défense les plus actifs, elle s'ingéniait à mettre ses châteaux en état de résister à des attaques formidables, elle multipliait les obstacles autour de ses refuges, c' était là sa préoccupation constante, le but de ses sacrifices, l'emploi le plus utile à son point de vue, de ses revenus ou du produit de ses prouesses. Elle tendait ainsi à faire progresser rapidement l' art de la fortification....  








lire la suite, page 100

La fiche historique du château




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lundi 22 février 2016

Traits architecturaux du château de Châteaudun












 Châteaudun 


28200 Eure-et-Loir 

région Centre Val-de-Loire


Année de construction: XIIe siècle

MH





Le château de Châteaudun est un château édifié au XIIe siècle pour le premier château, 1171, puis au XVe et XVIe siècle. 
Situé sur un éperon rocheux dominant la ville de Châteaudun et le Loir, dans le département français d’Eure-et-Loir, il est, avec le château de Montsoreau (1453) et le palais Jacques-Cœur (1451), un des tous premiers exemples d'architecture de plaisance en France.




Le château

La façade Ouest ou de Saint-Médard, dont la base se trouve masquée par les lourds créneaux d' un vieux mur d' enceinte qu' éperonnent de solides contreforts, a un effet moins saisissant. Elle est cependant remarquable par ses belles proportions; sa grande étendue presque égale à celle de la précédente, ses trois rangs de fenêtres gothiques, sa galerie de machicoulis ornée de lucarnes à pignons sculptés et son immense toiture aiguë. Ses fenêtres du rez-de-chaussée sont fortement grillées de barreaux forgés et quadrillés. Son pignon Nord est situé sur la partie inférieure du toit flanqué d' une jolie échauguette.
 Le donjon, qui est voisin, la domine de sa puissante stature et de son vaste toit conique, il est appelé Donjon ou tour de Thibaud le Tricheur. On pénètre dans la cour du château par la belle porte ogivale du fond de la rue de Luynes que le duc de Luynes a fait construire en 1850 sur l' emplacement d' un ancien portail. Lorsqu'on l'a franchie, on se trouve dans une cour peu spacieuse dont la plus grande partie est entourée de bâtiments disposés en rectangle, inégalement fermé sur trois côtés et ouvert à l' Est. Le côté le plus remarquable est la façade de l' aile Nord, un beau gothique tertiaire.

 Sous la forme de flammes gracieuses, la pierre donne un délicieux couronnement au cadre élégant des fenêtres ou s' étend, en charmante galerie à l' extrémité inférieure de la toiture pyramidale,  des gargouilles fantastiques qui,  en tourelles légères et à jour, flanquent de chaque côté de la cage de la partie supérieure du grand escalier.
Trois portes riches de beautés, différentes et ornées des plus délicates sculptures sont greffées sur cette facade, celle du milieu donne sur la salle des gardes, celles des deux extrémités sur des escaliers dont Chambord et Blois pourraient s' énorgueillir.
L' escalier du fond de la cour conserve le caractère gothique de l édifice, le grand escalier porte un cachet Renaissance admirable d' élégance et de perfection, qui fait presque regretter à l' œil de ne pouvoir contempler assez longtemps la pureté et la variété des dessins tracés sur la pierre. A l'exception du pavillon du grand escalier qui montre extérieurement les ouvertures gracieusement découpées de trois paliers superposés, et l' escalier du fond de la cour, avec ses deux étages de fenêtres aux riches traceries, ses belles niches et ses élégants clochetons si bien fouillés, cette façade n' est élevée que d' un étage au dessus du rez de chaussée. Elle n' en produit pas moins l' effet le plus grandiose et le plus saisissant. L' année dernière encore on pouvait remarquer au sommet du joli pignon à rampants couverts de crochets qui fait face à l' Est, la statue en pierre de l' illustre Dunois, un obus prussien l' a brisée le 18 octobre 1870.
Le côté qui clôt la cour à l' Ouest n' est pas aussi remarquable, il ne présente pas à l' œil le même développement les constructions de la Sainte Chapelle le masquent presque à sa partie médiane et il se trouve flanqué en avant d' une tourelle octogonale décorée de cordons et de petits contreforts prismatiques qui renferme le troisième escalier.
L' ornementation en est généralement très sobre excepté à la partie supérieure où se voient quatre belles lucarnes en pierre couvertes de sculptures. Le côté Nord est occupé par la chapelle connue sous le nom de Sainte-Chapelle de Dunois jadis sous l' invocation de Notre-Dame et de saint-Jean-Baptiste et par la tour de Thibaud le Tricheur. La Sainte-Chapelle s' appuie par l' extrémité de sa nef à la façade précédente et tourne son abside vers l' Est, elle mesure environ 30 mètres de longueur sur une largeur moyenne de 8 mètres pour une hauteur d' environ 20 mètres du faîtage au sol.
Deux petites chapelles latérales, qui intérieurement surtout, lui donnent la forme d' une croix latine composée d' une abside d' un transept et d' une nef unique constituent le transept lui même. A la petite chapelle sur la cour est adossé un charmant campanile quadrangulaire, il est élevé de six étages divisés par des cordons prismatiques irrégulièrement percé de jolies fenêtres et orné d' un entablement très mouvementé, surmonté d' un toit peu élancé qu' aucun épi ne couronne. Aux quatre angles de ce campanile, des pilastres de la plus grande simplicité jusqu' au cinquième étage montrent, dans leur partie supérieure, des choux admirablement fouillés. Des blasons martelés par la Révolution font saillie sur deux côtés seulement du dernier étage. Par sa proximité avec la grosse tour, la Sainte-Chapelle n' est éclairée qu' à l'Est et au Nord par deux rangs de fenêtres assez irrégulières de style ogival du XVe siècle dont plusieurs ont de belles traceries. Autrefois, le rang inférieur était garni de magnifiques vitraux qui tamisaient un jour mystérieux dans ce joli sanctuaire, mais Prussiens ont pris le soin de l' en débarrasser presque complètement en 1815. Sur la muraille de la Sainte-Chapelle, à 3 mètres de hauteur environ du côté de la cour, règne une bande noirâtre entrecoupée par de belles armoiries plus moins bien conservées. C'est le dernier vestige de la décoration funèbre faite à l' occasion des funérailles de Léonor de Longueville.


Le donjon

C' est au milieu, du côté gauche de cette église haute que commence l' espèce de passage mobile au fond duquel ouvre la véritable porte du donjon. On aborde celui-ci par une galerie circulaire ou chemin de ronde creusée dans l' épaisseur de la muraille entre la voûte, presque hémisphérique de la salle du Rez-de-Chaussée, et le pavé du premier étage.
Un chemin de ronde semblable existe entre la voûte du premier et le pavé du second. Ces deux galeries sont éclairées chacune par cinq étroites et profondes ouvertures dont la disposition indique qu' elles servaient d' observatoires. Elles étaient évidemment établies pour le service des sentinelles dont les regards plongeaient sur les environs et dont la vigilance faisait la sécurité de la place.
Du premier chemin de ronde, si l' on monte quinze marches par un étroit escalier en spirale, on aborde une vaste salle à voûte hémisphérique éclairée par trois hautes fenêtres aux profondes embrasures ogivales. Le donjon étant le siège de la puissance féodale des comtes de Dunois, cette pièce formait la chambre baronale où les vassaux juraient foi et hommage à leur suzerain.  Après la Révolution, elle servit un instant de loge aux francs maçons. Les lignes noires qui se dessinent sur ses murs et dont la symbolique nous échappe attestent encore leur passage.
Trente huit marches conduisent de là au deuxième chemin de ronde et quinze autres degrés à la grande salle du second étage, plus nue, plus dévastée encore que la précédente car son plafond qui soutenait la plate forme de la tour, avant qu' elle n' eût son immense toiture, a disparu pour faire place à la charpente actuelle. Celle-ci s' appuie sur le mur d' un nouveau chemin de ronde auquel on arrive par un très petit escalier de vingt sept marches. On peut admirer ici la belle charpente rayonnante dont le donjon a été pourvu dans la première moitié du XVIIe siècle. Le savant assemblage des innombrables pièces qui la composent, sa propreté et son état parfait de conservation, ne sont certes pas une des choses les moins curieuses du château.
Si des parties élevées du donjon on veut regagner la cour par le bel escalier que nous avons pris d' abord, on peut traverser sous les combles une foule de pièces où la multiplicité des cloisons en colombage accuse encore les traces de l' incendie de 1723. Si l'on continu, l'on traverse la galerie des mâchicoulis, qui flanque l' aile de Ouest, en même temps que les différents pavillons de l' aile septentrionale. De ses jolies lucarnes et surtout des ouvertures de ses échauguettes si hardies, la galerie aérienne des mâchicoulis permet au regard d' embrasser un horizon considérable, un panorama immense si au contraire l' œil s' égare à travers les nombreux pertuis que les pieds effleurent, à soixante mètres au dessus du niveau du Loir, elle donne véritablement le vertige....







lire la suite:

Histoire du Château de Châteaudun

par Louise Désiré Coudray

1871




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