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dimanche 21 décembre 2025

Fiche historique, les forteresses; Les Alluets-le-Roi



 






























Fiche Historique N° 1



La commune de Les Alluets-le-Roi se trouve dans la plaine de Versailles, dans la partie nord des Yvelines, à environ 15 kilomètres à l'ouest de Saint-Germain-en-Laye, chef-lieu d'arrondissement et 24 kilomètres environ au nord-ouest de Versailles, préfecture du département. Placé entre Chambourcy et Mantes-la-Ville, Alluets-le-Roi est essentiellement agricole et bordée au nord et à l'ouest par la forêt dite des Alluets. Cette forteresse des plus anciennes du IXe siècle fit partie d'une ligne de défense contre les envahisseurs normands, il s'agirait d'une tour tout simplement.




     





Dénomination : Forteresse


Localisation :  78580,  Les Alluets-le-Roi
département des Yvelines.

Région : Ile-de-France 



Année de construction : 









Architecture : 

Cette forteresse pourrait même avoir été plus ancienne (IXe siècle) et faire partie d'une ligne de forteresses établies contre les envahisseurs normands, comme les châteaux forts de Poncy, Béthemont, Montjoie, Joyencal, Retz à Chambourcy ou les châteaux d'Orgeval et de Tressancourt.

Cette forteresse (simple tour ou château fort?) fut probablement détruite pendant la guerre de cent ans qui fit rage aux Alluets, à tel point qu'entre 1414 et 1448, il n'y avait plus un seul habitant dans le village, car il était impossible d'y demeurer en raison des combats. On constate une pénurie de documents concernant les Alluets de 1372 à 1453 dans les archives des Dominicaines de Poissy et de l'Abbaye d'Abbecourt. En particulier Abbecourt n'a pas perçu de cens, c'est à dire de redevances, de 1418 à 1448.

A quelle époque le château fût-il construit ou reconstruit? Il existe en 1446, puisqu'il est question, à cette date, d'une redevance de 2 sous sur le Château des Alluets. Entre 1710 et 1734, les Logivières (Seigneurs de Maule) possédaient le château des Alluets et les terres en dépendant. "Le château et l'enclos occupaient une superficie de 2 arpents 50 perches (1,2767ha) et le restant en terres labourables, pâtures ou bois taillés, environ 39 arpents (19,9181ha).
En 1734, le château des Alluets était "en masure", l'enclos dans lequel il se trouvait était fermé de murs et d'une contenance de 2 arpents 1/2. Les fermages étaient à Pierre Bourgeois et Elisabeth Dantu sa femme.

Le 2 février 1794, le château n'existe plus, mais le domaine est décrit comme : "une terre clos de viels murs et haye, appelé l'ancien château, contenant 2 arpents et demy environ (soit environ 1ha2767) compris les chemins et mare assise au bord du village, tenant, d'un coté et d'un bout, les rue de lasdite commune (Les Alluets), d'un coté Jean Baptiste Lucas et autres, et d'autre bout, les héritiers de François Lefèvre et autres."


L'emplacement du château

Dans son Mémoire sur les Alluets en 1821, le baron Coquebert-Montbret ne précise pas l'emplacement du château qui semble avoir été perdu depuis cette date. Pour le retrouver l'on peut le trouver sur une description de 1794, avant de savoir qu'il avait été vendu comme bien national. Tout d'abord si nous regardons le plan général des Alluets du terrier de 1827, il saute aux yeux que le village est composé de deux parties très différentes: une partie de plan circulaire, de type moyenâgeux et une partie au quadrillage régulier. Une hypothèse raisonnable est que le château se trouvait dans la partie moyenâgeuse.

D'après le terrier de 1827, seulement 35 ans après la description de 1794, les parcelles numéros 1232 à 1237, soit plus du tiers de la zone considérée, appartiennent aux héritiers Lucas, tandis que la parcelle 1257 appartient à Mr. Odiot de Saint Germain (terrier). Cette parcelle fait 1ha3085 et contient une mare, est bordée sur deux cotés par les rues du village (actuelles rues de Maule et du Moulin) et touche à l'ouest un terrain appartenant aux héritiers Lucas. Elle correspond donc exactement à la description donnée. L'emplacement du château des Alluets a été retrouvé!
En 1997, ce terrain est toujours entouré de vieux mur, la mare a été asséchée (mais l'emplacement est visible le long de la rue de Maule) et le propriétaire le cultive encore, car le terrain a été peu construit.
On peut remarquer que Monsieur Odiot n'a pas utilisé sa réserve faite lors de l'achat du terrain "de faire déclaration au profit de qui lui semblera", puisqu'il possède le terrain encore 30 ans plus tard. Etait-ce un réflexe de notaire ou espérait-il y trouver un trésor ?

Rappelons qu'il s'agit du château du XV siècle, en ruine au milieu du XVIII, et non pas de la forteresse du XIIe siècle dont nous ne savons toujours rien.


La forteresse

Nous pouvons faire trois hypothèses:
- cette forteresse serait une simple tour (cf. celle de Béthemont) située à l'extérieur du village. Une tradition orale la situerait entre la route royale et la rue de Maule, lieu dit "Le Gros chêne", ou celui de "la butte Allain", du côté du bosquet d'arbustes qui se trouve au milieu. Après tout, c'est là le point culminant du plateau des Alluets (186m).

- Elle se trouverait au centre du village, qui se serait développé autour, comme l'affirme Eugène Dubois qui, en 1925, a eut "l'heureuse occasion, chez des personnes notables du pays, de visiter une cave large et fort profonde dans laquelle les ogives soutenues par un pilier,..., des chapiteaux rongés ne laissent aucun doute sur leur lointaine origine". Pour lui, pas de doute, il était "au milieu des fondations du château-fort". Dans ce cas on peut imaginer plutôt un château-fort, semblable à celui qui existait à Maule. Comme à Maule, le château plus récent se serait développé un peu à l'écart, dans une ancienne manse romaine, c'est à dire un terrain séparé en 2 parties, l'une étant une ferme dépendant du château, l'autre partie étant composée de terrains donnés en location moyennant une redevance. La cave, rue de Crespières, comportent des ogives et un pilier qui sont toujours là, ils ne datent malheureusement pas du XIIe siècle. On peut aussi rappeler qu'avant la guerre de cent ans le village s'étendait plus au nord, dans la direction de Bazemont, c'est à dire au delà de ce qui s'appelle encore aujourd'hui "la vieille rue".

- la troisième hypothèse serait que le château primitif se trouverait sur le même emplacement ou un emplacement très voisin du château plus récent, comme cela était très souvent pratiqué.

Qui sait si des fouilles, un jour, livreront le secret du vieux château.




La Ville de Les Alluets-le-roi


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mardi 25 février 2020

Fiche historique, les châteaux. Ivry-la-Bataille












"Palais-Tour"




Ivry-la-Bataille est une commune française située dans le département de l'Eure en région Haute-Normandie toute proche d'Anet, vraiment à la limite du département de l'Eure-et-Loir, à 15-20 kilomètres à vol d'oiseau de Mantes-la-Jolie.
Les ruines encore visibles à Ivry, nous emmènent vers le « palais-tour », sa création à la charnière entre le premier et le second millénaire constitue le premier geste architectural majeur connu du Moyen-âge dans notre région, mais sa portée dépasse largement celle-ci, au point d' être considéré comme un véritable prototype pour certaines grandes tours maîtresses « intégrées », bâties par les grands dignitaires de l'époque.









Localisation :  27540,  Ivry-la-Bataille
département de l'Eure.

Région : Normandie


Année de construction : XIe  Siècle




Matériaux : Pierre











Implanté à un point stratégique de la frontière orientale de la Normandie, le château d’Ivry-la-Bataille est réputé avoir été érigé à la fin du Xe siècle à l’initiative d’Aubrée, seconde femme de Raoul, frère du duc Richard Ier. Selon le chroniqueur Orderic Vital, cette dernière aurait fait élever par Lanfred une « tour célèbre, énorme et très fortifiée » (« turris famosa, ingens et munitissima »). L’architecte s’est illustré pour avoir construit le château de Pithiviers ; il aurait été mis à mort après l’achèvement de la tour, afin d’éviter qu’il n’en fasse de semblable ailleurs. Du point de vue militaire, le château, qui sera bientôt épaulé par celui de Pacy, s’oppose à toute attaque du duché par la vallée de l’Eure. Au pied de la forteresse, se développe une agglomération entourée d’une muraille : elle contrôle la navigation sur l’Eure et un point de passage de la rivière.

La création du « palais-tour » d'Ivry constitue le premier geste architectural majeur connu du Moyen Âge dans la région, mais sa portée dépasse largement celle-ci, au point d'être considéré comme un véritable prototype pour certaines grandes tours maîtresses « intégrées », bâties par les grands dignitaires de l'époque. Il est cependant nécessaire de mettre en perspective l'analyse architecturale pour mieux évaluer cet impact . La datation de la tour d’Ivry semble plus clair que l'édifice, avant sa modification au tout début du XIIIe siècle, résultait de deux phases de construction successives. Or il n'est pas sans importance que la seconde de ces deux phases ait consisté à enterrer partiellement et surélever un édifice antérieur qui avait un caractère peut-être résidentiel. 
Ce premier édifice était une grande salle palatiale pourvue en équerre d'une chapelle ; on ignore sa hauteur primitive, mais rien n' atteste vraiment, dans les restes actuels, qu'elle ait eu plus qu'un rez-de-chaussée, même si ceci peut étonner. Pour nous, ce n'est que dans la seconde phase que cet édifice devint une tour rectangulaire « intégrée », présentant un chevet saillant pour la chapelle, dont seule la nef fut absorbée par l‟extension et l'intégration des fonctions dans un unique volume prismatique.

 Au début de l'an mille, vers 1015, l’ouvrage restera, tout au long du règne de Guillaume le Conquérant, dans le domaine ducal, en 1196, le château a perdu, du fait du rattachement de la Normandie à la France, une part importante de son intérêt stratégique et ne joue, durant les XIIIe et XIVe siècles, qu’un rôle de second plan.



Quelques dates:

* Vers 1030 Hugues, évêque de Bayeux, fils du comte Raoul,  ayant mis une garnison se défendit contre le duc Robert et ne se rendit qu' après un long siège.

* Le domaine d Ivry fut attribué par Guillaume le Bâtard à Roger de Beaumont son échanson qui en 1071 fonda, au-dessous du château, un monastère de l' ordre de Saint-Benoit.

* En 1088 Robert Courte Heuse força Roger à prendre Brionne en échange d' Ivry qu' il remit à Guillaume de Breteuil, celui-ci se laissa enlever sa forteresse à deux reprises par Ascelin Goël seigneur du château de Bréval, il assiégea son ennemi qui incendia le fort, l' abbaye et l' église et ne livra à Guillaume qu' un monceau de ruines.

* En 1119 Henri I, roi d' Angleterre, tenait une forte garnison dans le château d' Ivry, Louis le Gros vint l'assiéger et s'empara de cette place.

* En 1188, Jean sans Terre poursuivi par Philippe Auguste et provoqué au combat s' enfuit à Ivry, Philippe prit ce château en 1193.

* Pendant les guerres anglaises Talbot vint en 1418 assiéger Ivry, prit d' assaut la ville et força le château à capituler, la butte sur laquelle était placée l' artillerie de siège portait encore au XIXe siècle  le nom de Butte Talbot.

* En 1424 le duc de Bedford à la tête de mille hommes vient de nouveau assiéger Ivry que les Français avaient repris et s'en empara.

* Dunois fait rentrer ce lieu sous la domination de Charles VII en 1449 et démolit les fortifications.

* En 1553 Diane de Poitiers acheta Ivry en même temps qu' Anet.

* Les calvinistes pillèrent l' abbaye en 1563 et détruisirent l' église qui fut relevée six ans après. Mais Ivry doit toute son illustration à la bataille livrée depuis par Henri IV au duc de Mayenne, chef de la ligue. Ce fut le 14 mars 1590 que les adversaires se trouvèrent à la tête de leurs principales forces.

En 1445 pendant l' occupation anglaise Jean de Foyal baron d Ivry épousa Marie Boyau Quatre ans plus tard Dunois ayant repris Ivry en fit démolir les fortifications. Les vestiges qui en restent sont fort étendus on y retrouve la triple enceinte des fossés quelques souterrains et l' emplacement du donjon des armures et des boulets de pierre y ont été déterrés. Il y avait dans le château une chapelle de Saint-Ursin sorte de petite collégiale danslaquelle les religieux d Ivry devaient chaque jour chanter la messe.



Quelques questions autour du site

La construction la plus ancienne sur le site pourrait avoir été un grand bâtiment rectangulaire orienté nord-sud, dont un niveau nous est parvenu. Trois côtés de l’édifice sont connus avec certitude ; la localisation du mur sud demeure, en l’état actuel des connaissances, hypothétique. Les données en notre possession indiquent que nous sommes en présence d’un rez-de-chaussée. Ce dernier était abondamment éclairé par quatre fenêtres percées dans son mur ouest ; une porte très basse et étroite, traversant le mur nord, la reliait à l’extérieur. L’existence d’une baie ouvrant vers l’est n’est, en l’état actuel des recherches, en aucun cas attestée. Nous n’avons pas d’information sur le ou les niveaux supérieurs de cette construction, dont le caractère résidentiel est suggéré par l’existence de nombreuses baies.
Avec le remblaiement du pourtour de l’ouvrage nous entrons, semble-t-il, dans une autre logique une construction militaire se substitue à la chapelle l’enfouissement des parties anciennes du château entraîne la condamnation de la plupart des baies situées à ce niveau et vraisemblablement une redéfinition de son rôle. Peut-on, dès lors, évoquer une tour énorme et très fortifiée.

Nous sommes, à Ivry, au cœur de la problématique concernant l’origine des tours romanes qui ont marqué le paysage de la France et de l’Angleterre aux XIe et XIIe siècles. Pierre Héliot a évoqué cette question dans un article concernant les « origines du donjon résidentiel et les donjons-palais romans de France et d’Angleterre », dans lequel il conclut que la forme et la structure du donjon résidentiel se fixent « au terme d’une série de mutations, probablement amorcées dans l’ensemble de la Francie carolingienne » (1976). Ivry pourrait, compte tenu de sa complexité et de sa richesse archéologique, constituer une référence pour cette question, aux côtés de Doué-la-Fontaine ou de sites étudiés plus récemment comme les châteaux de Langeais ou de Mayenne.

Ivry-la-Bataille fut-elle la « tour-mère » pour les grands édifices anglo-normands ?
E. Impey a montré en tout cas que selon toute probabilité, elle inspira largement la Tour Blanche de Londres, mais il a souligné également que la disparition d'un trop grand nombre d'entre eux oblige à considérer l'hypothèse avec prudence.

On y ajoutera le fait que, si l'on considère comme acceptable l'enchaînement de coïncidences selon lequel la tour de Pithiviers figurée vers 1800 serait l'édifice bâti par l'architecte Lanfroy, le concept développé à Ivry ne serait alors qu'un succédané de celui déjà mis en œuvre à Pithiviers ; la représentation extrêmement fidèle qui nous en a été conservée semble prouver, à tout le moins, qu'il s'agissait d'un bâtiment unitaire, où la tourelle saillante faisant corps avec le reste de la maçonnerie. On en viendrait alors à proposer que la tour d'Ivry résulterait d'une adaptation du modèle de Pithiviers au palais à chapelle déjà présent sur le site préalablement. Mais on est ici dans le domaine de la pure spéculation, tant les hypothèses se révèlent fragiles à l'examen.

La première mention qui en soit faite au moyen-âge est une donation de Richard I, duc de Normandie, à Raoul, comte de Bayeux. Albereda, femme de Raoul, fit bâtir sur la crête de la montagne qui domine au loin la vallée une forteresse qui fut une des plus puissantes et des plus fameuses de l' époque.























vendredi 17 février 2017

Fiche historique, les forteresses; Montmort-Lucy


























                          Fiche Historique N° 19









Entre Château-Thierry et Châlons-en-Champagne, deux entitées d'une région, en début du département de la Marne, Montmort-Lucy se trouve en Brie des Étangs, dans la vallée du Surmelin à proximité du célèbre vignoble champenois. Proche d'Epernay et de la limite avec le département de l'Aisne (environ 10 kilomètres), ce village d'environ 600 habitants, connut comme beaucoup d'autres les troubles de la guerre, fut donc place forte à son heure, qui, avec le temps se dirigea à petit pas vers une architecture civile habitable.   



     





Dénomination : Forteresse


Localisation :  51270,  Montmort
département de la Marne.

Région : Grand-Est 
"Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine"


Année de construction : XVe siècle le château actuel









Architecture : 

Le château de Montmort, reconstruit suivant une ancienne tradition à partir des fondations et des ruines d'une ancienne forteresse ( bâtie par un nommé Croizart), constitue une prouesse architecturale, tout en conservant son aspect féodal. Cet imposant carré de briques, couvert d'ardoises, hisse ses quatre tours à partir d'une terrasse de 14 mètres de hauteur, sur le rebord d'une falaise surplombant le Surmelin.
On arrive au château par un escalier à rampe douce voûté et pavé en briques sur champ pratiqué dans l' épaisseur de la terrasse. Le grand escalier du château a 134 marches, de sorte que la hauteur totale de l' édifice, du côté de l' entrée, est d'environ 53 mètres.
Au centre de la cour s'élève une chemise en forme de quadrilatère, sorte de rempart établi au XVIe siècle, et complété à chaque angle d'une tour en forme de bastion. Le bastion, invention architecturale qui a vu le jour en Italie au tout début du XVIe siècle est bâti sur un plan en losange qui permet de supprimer les angles morts pour les tirs des canonnières. Grâce à ses incontestables avantages par rapport aux tours médiévales traditionnelles cylindriques ou quadrangulaires, il s'est répandue dans toute l'Europe en quelques décennies.
L'une de ces tours-bastions comporte à l'intérieur une rampe hélicoïdale qui permettait aux cavaliers de passer de la basse-cour, en contrebas, au château lui-même, sans desseller. Flanqué d'un pont-levis surmonté d'un belvédère nommé la fileuse (à cause d'une girouette qui représentait une femme fileuse)  l'on retrouve au centre de ce quadrilatère, au niveau de la terrasse située 14 m au-dessus de la basse-cour, une demeure de style Renaissance en briques, d'aspect médiéval construite après. Les nombreuses ouvertures aux parements de pierre blanche atténuent l'aspect quelque peu austère de l'édifice. La porte principale, donnant sur un vestibule et l'escalier principale, est un chef-d'œuvre de la renaissance française, et son battant d'origine a été conservé, en bois ferronné.




Matériaux : Pierre



Au Moyen Âge, l'ancienne forteresse de Montmort fut successivement habitée par de nombreux seigneurs. Le premier seigneur connu par une charte des comtes de Champagne est Germond de Montmort en 1042. Elle passa ensuite dans la famille du Fay, branche d'Athies. La famille de Hangest en devient propriétaire en 1499. Louis de Hangest, de la branche de Genlis, épousa en effet Jeanne ou Marie d'Athies, fille de Gérard d'Athies (du Fay), seigneur de Montmort, seigneur d'Athies, Bray et Soisy et de Catherine d'Inchy. Louis de Hangest était également seigneur de Chaleranges. Il portait comme armoiries d'argent à la croix de gueules chargée de 5 coquilles d'or, au lambel de 3 pendants d'azur, puisque membre d'une branche cadette de cette maison. On retrouve ce blason sur une pierre sculptée. Vers 1530, le domaine passa dans les mains de leur fils aîné, Joachin de Hangest, mort en 1537, seigneur de Moyencourt, Hangest et Chaleranges. Il épousa 1° le 25/08/1525 Françoise de La Marck, fille de Guillaume de La Marck, seigneur d'Aigremont et de Renée du Fou, de laquelle il n'eut pas d'enfant. Puis il se remaria le 10/07/1529 à Isabeau de Montmorency, morte en 1529 sans lui laisser d'enfant, fille de Philippe I de Montmorency, seigneur de Nivelle, et de Marie de Hornes puis 3° avec Marie ou Louise de Moy, veuve du Seigneur d'Offemont, fille de Nicolas, seigneur de Moy et de Françoise de Tardes3. de laquelle il eut une fille, Jeanne de Hangest, véritable instigatrice de la reconstruction du château. Jeanne de Hangest, qui avait épousé 1° Philippe de Maillé, seigneur de Verneuil, mort en 1553, puis en secondes noces Claude d'Aguerre, baron de Vienne, mort en 1559, assura la reconstruction du château, terminée en 1577, tout en lui conservant son aspect féodal. Ils eurent une descendance brillante : familles de Créquy, Lesdiguières, Béthune-Sully, Villeroy et plusieurs maréchaux de France. À plusieurs endroits, on retrouve un monogramme formé des lettres I et C entrelacées (Jeanne et Claude). L'intérieur suivit en revanche l'évolution des styles. La grande salle est un chef-d'œuvre du XVIIe siècle. Le rez-de-chaussée comporte une série de pièces voûtées d'ogive (cuisine, salle basse).
Ce château appartint aux Sully et à la famille de Hangest pendant quatre siècles. Victor Hugo le décrit comme « un tohu-bohu de tourelles, de girouettes, de pignons, de lucarnes et de cheminées ». Il possède un plan incliné à vis pour les chevaux, ouvrage peu fréquent en France.



La Ville de Montmort-Lucy





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samedi 15 octobre 2016

Fiche historique, les forteresses; Mondoubleau


























Fiche Historique N° 17








Entre Le-Mans et Orléans proche de Châteaudun, Mondoubleau est une petite ville située dans le département du Loir-et-Cher, au Sud de la région naturelle du Perche
Au Moyen-âge le château était significatif, il était le siège de la Baronnie de Mondoubleau.   
   La forteresse avait 2 hectares pour superficie, elle était construite sur une petite colline,
3 enceintes  la composait, le château, proprement dit donc le castellum, occupait l'extrémité Sud-Ouest de la première enceinte et le point le plus élevé du plateau, cette forteresse était imprenable.








Dénomination : Forteresse


Localisation :  41170,  Mondoubleau
département du Loir et Cher.



Année de construction : XIe siècle








Architecture : 

Suite à des attaques Normandes au IXe siècle, la tour en bois qui siègeait fut renforçée au IXe siècle. En l'an 1000, Hugues Doubleau fait construire la forteresse en pierre pour remplacer la tour en bois. 30 compagnons bâtisseurs (tailleurs de pierre et charpentiers) construisent cette forteresse, aidés par toute la population du bourg. Ce chantier dura 2 ans, la plus grande enceinte (500 m) était bordée de fossés secs, large de 10 à 15 m et profonds de 5 à 6 mètres.
Mondoubleau possédait une double enceinte munie de quatorze tours, ses murailles mesuraient quatre mètres d'épaisseur à la base, le donjon était autrefois un des plus considérables et curieux de notre pays.
 Fondé entre les dernières années du Xe siècle et les premières du XIe, par Hugues surnommé Doubleau, vassal des comtes de Chartres, le donjon en particulier, était l'aîné de tous ceux qui se dressent encore sur les collines du Vendomois. Son château, un des plus fortifiés de ces temps reculés, formait, avec Montmirail, Saint-Calais et Trôo, autant de places fortes opposées aux forteresses de Châteaudun, Fréteval et Vendôme, qui défendaient les frontières du Danois et du Vendômois. Durant les XIe et XIIe siècles, Mondoubleau subit successivement la loi d’Henri Ier et Henri II, rois d’Angleterre. 3 sortes de roches utilisées : le silex, « le grison » (petits cailloux cimentés par l’argile) et « le roussard » (grès ferrugineux local). 2 carrières de « roussard » furent utilisées, une se trouvait à Cormenon (« Le Boulay ») et l'autre à Sargé-sur-Braye (« La Mutte »).

La forteresse, avec ses 2 hectares, mesurait 150 de long sur 110 mètres de large, était construite sur une petite colline. 3 enceintes délimitent 3 cours (sur 3 niveaux) : « La basse cour » (gens du peuple), la cour seigneuriale et la petite cour du donjon.

Le donjon circulaire mesurait 7 mètres de diamètre intérieur pour une épaisseur de mur de 3 à 4 mètres à la base allant en diminuant, il était haut de 30 et quelques et était divisés en quatre étages séparés par d'épais planchers en bois... A l'intérieur et à l'extérieur, ces murs étaient revêtus de rang de pierres échantillonnés renfermant un blocage noyé dans le mortier.

Le premier niveau, en partie au-dessous du sol, ne recevait le jour que par quelques meurtrières de 12 à 15 centimètres de large.
Un puits occupait le milieu et devait, comme dans plusieurs donjons de la même époque, avoir son cylindre prolongé jusqu'à l'étage supérieur. Ce puits mesurait 6 à 7 mètres de hauteur et était perçé de trois fenêtres, l'une d'elles, à l'intérieur, mesurait 5 m de hauteur sur 1m30 de large et se réduisait à 2,66 m de large à l'extérieur. Dans l'ambrasure, assez profonde, une sorte d'emmarchement partant du plancher conduisait à l'appui de la fenêtre.
De l'extérieur, on pénétrait dans le donjon par une ouverture communiquant avec cet étage au moyen d'un corridor coudé pris dans l'épaisseur du mur et fermé par trois portes qui rendaient l'accès difficile... On pouvait le défendre à l'aide de meurtrières.
Un escalier en bois placé à l'extérieur pouvant facilement s'élever, servait de communication entre le château et le donjon.
Le troisième étage avait conservé la même disposition que sur le deuxième, avec ses fenêtres et sa cheminée de chaque côté de laquelle deux enfoncements à fermetures triangulaire tenaient lieu de placard. Le dessus, dessinant une plate-forme servait à défendre l'approche du donjon par l'intermédiaire de meurtrières placées au point culminant de la tour en remplacement du mâchicoulis venu plus tard.
A l'extérieur existait une échauguette peu saillante soutenue par deux colonnes, ce donjon, important, était à quelques mètres entouré d'une enceinte polygonale.

Les travaux commencèrent peu après l’avènement de Hugues Ier en 975. Les plans furent établis par des moines. Les habitants ont transformé le plateau bombé en une plate-forme horizontale de 200 m de long et 10 m de large. La terre enlevée était rejetée tout autour ou entassée au-dessus de la motte naturelle pour la rehausser de 6m. Trois épaisses et hautes murailles furent érigées pour entourer le donjon, le logis du seigneur et les dépendances du château (logements des soldats et de certains habitants, écuries, granges, greniers, etc…) Ces murailles avaient un chemin de ronde et des créneaux. Elles étaient entourées de fossés. Elles étaient en gré roux ou « roussard » retiré des carrières de Cormenon et Sargé. Les 3 portes possédaient une herse et un pont-levis fermait la cour du seigneur.

La tour ou donjon ou « pot au beurre », d’une hauteur de 33 m, mesure 15 m de diamètre extérieur en bas, un peu moins en haut. Au sommet, 20 créneaux étaient recensés. A la base, les murs comptent 4 m d’épaisseur. Ils sont en cailloux de silex collés avec du « grison » recouverts de roussard. Trois plates-formes en bois partageaient la tour en 4 étages;

Le 1er était sans ouverture vers l’extérieur.
Au 2e étage, soit à 8 m du sol, on pouvait découvrir la porte de la tour. Cet étage possédait 2 fenêtres et une cheminée.
Au 3e étage, se trouvait un petit autel.
Le 4e servait de chambres pour les gardes ; il était recouvert d’une terrasse.

Ce château fort était presque imprenable.


* Un condensé historique de la ville et une description de la forteresse


Le château, proprement dit castellum, occupait l'extrémité Sud-Ouest de la première enceinte et le point le plus élevé du plateau. Un fossé le séparait de la ville, sa porte d'entrée était flanquée de deux grosses tours dont une servait encore de prison au XIXe siècle et entre lesquelles s'abaissait un pont-levis. Les restes de tours et des pans de murs à demi écroulés marquent la circonférence de cette seconde enceinte qui, vers le Nord, reposait sur des rochers à pic au-dessus de la ville et était protégée du côté de la plaine Sud par un immense fossé où passe maintenant la route. Dans les jardins et dans les champs on remarque des mouvements de terre qui indiquent des travaux de défense.

La révolution respectera ce château, seulement une portion des garennes ou anciens fossés avait été vendu dès 1739, en 1780, un Chaufournier y établit soin usine, la chapelle, elle, avait disparue depuis longtemps... Dans la ligne des remparts qui regardent l'Ouest, l'emplacement de l'église collégiale, fondée par Hugues Doubleau, se reconnaît à deux fenêtres cintrées ouvertes dans l'épaisseur de la muraille et entre lesquelles on distingue quelques vestiges de peintures à fresque. Le donjon, lui, s'élevait à l'angle Sud-Ouest du rempart.
Au commencement du XIXe siècle, ce géant des temps féodaux, précieux monument de la vieille France, était encore debout et intact. Ce n'est pas le vandalisme révolutionnaire qu'on doit accuser de sa destruction, c'est l'incurie qui, dans notre pays, a fait plus de ruines que le vandalisme. Des extractions de marne, pratiquées sans soin et sans prévoyance à l'intérieur même du mamelon qui supporte la tour colossale, ont laissé ses fondations sans appui et l'ont fait pencher sur sa base.
Dès 1812 elle avait commencé à s'enfoncer et à surplomber d'une manière effrayante. Le 10 août 1818 dit M Beauvais de Saint-Paul: "on vit tout à coup l'édifice se lézarder, s'entrouvrir et toute une moitié de cette masse immense perdant enfin l'équilibre s'écroula avec fracas, roulant en blocs énormes jusqu'au pied de la montagne ébranlée et sillonnée de crevasses profondes. La violence de la commotion fut telle que les habitants des quartiers voisins sentirent frémir le sol sous leurs pas et crurent à un tremblement de terre."
Le donjon, comme celui de Fréteval, avait trois étages, les deux premiers destinés à l'habitation avaient des fenêtres étroites en dehors, très évasées à l'intérieur et des cheminées à dômes coniques qui restent suspendues aux murailles n'ayant au-dessous d'elles que le vide. Dans les larges embrasures des fenêtres, un habile archéologue du Mans; M Franchet, a remarqué un enduit grossier où la truelle a dessiné des bandes comme dans quelques monuments gallo romains.
Le dernier étage n'était qu'une galerie crénelée où se tenaient les combattants. On n'aperçoit, entre les étages, aucune trace de voûtes, ainsi ils n'étaient séparés que par des planchers en bois. La seule ouverture par où l'on pût pénétrer à l'intérieur de la tour était à la hauteur du premier étage, l'on ne pouvait y arriver qu'à l'aide d'une échelle. Le couloir d'entrée existe encore dans l'épaisseur du mur, il formait un coude et était défendu par trois portes garnies de verrou et de traverses de fer dont le mur conserve les traces. En face de la première porte, une étroite ouverture communiquant avec la grande salle permettait d'observer ceux qui entraient et de tirer sur eux au besoin. L'étage inférieur, le Rez-de-chaussée, servait sans doute de magasin ou de prison, on n'y pouvait descendre que par une trappe pratiquée dans le plancher du premier étage. Les murailles de la tour étaient épaisses de quatre mètres, un rempart d'un mètre d'épaisseur l'entourait depuis sa base jusqu'au tiers environ de sa hauteur et formait la troisième enceinte. Cette dernière ceinture, suivant les uns, présentait une figure hexagonale tandis que d'autres y ont vu un octogone. Il en restait, au XIXe siècle, trop peu de débris pour qu'on puisse reconnaître sa forme. En général, toutes ces constructions portent un caractère d'antiquité qui ne permet pas de leur assigner une date postérieure au Xe siècle. C'est une preuve matérielle qui confirme l'opinion que nous avons émise d'après le témoignage des chartes sur la véritable époque de la fondation du château.




Matériaux : Pierre




Dès le Ve siècle, une tour de défense en bois fut bâtie à l’emplacement où Hugues Doubleau, qui était au service des comtes de Blois, fit édifier une puissante forteresse dotée d’un donjon de plus de trente mètres de hauteur, peu après l’an mil. 
Le château fut construit vers l'an 1010 pour le chevalier Hugues Doubleau, la seigneurie de Mondoubleau s'est trouvée, dès son origine chevaucher entre le Vendômois et le Dunois. Cette situation géographique particulière ont conduit leurs seigneurs à avoir une double allégeance d'où le qualificatif de Doubleau qui est resté dans le nom de cette petite ville.

Ce château fut bâti en pierre de roussard qui est un grès ferrugineux abondant dans la région. Il a été assiégé par Philippe-Auguste en 1189, venu appuyer le Comte de Vendôme en guerre contre le seigneur de Mondoubleau et vicomte de Châteaudun. 

La Maison ou tour bataillère comme elle était appelée dans les anciennes chartes devenait la forteresse protectrice où le faible était sûr de trouver un abri contre les incursions et les invasions d' un usurpateur. Le seigneur châtelain était ordinairement le protecteur des gens de la châtellenie et de leurs propriétés.

Venu prêter main-forte au comte de Vendôme contre Hugues le Rusé, vicomte de Châteaudun et seigneur de Mondoubleau, le roi de France Philippe Auguste l’assiégea et le prit en 1189. Quand les Anglais revinrent au XVe siècle, le château essuya et soutint deux sièges, alors que Jean de Courcillon en était gouverneur et logeait dans une maison devant le pont-levis qui porte encore son nom.
Puis au temps de la Ligue, la cité devint la demeure d’un ministre protestant dont le prêche était au Temple, paroisse à une lieue de la ville. L’hérésie s’étendit, se propagea dans le pays et fit de nombreux et ardents prosélytes. Les troubles de la Fronde qui amenèrent aussi la guerre civile, prirent leur source dans les mécontentements contre la cour et dans la haine portée à la trop grande puissance du cardinal Mazarin.
 La forteresse fut abandonnée dès le XVe siècle. Au début du XIXe siècle, après l'exploitation d'une carrière de la Marne sous le donjon, à partir de 1797, en 1802 la tour et ses murailles commencèrent à tomber, cette exploitation provoqua un affaissement de terrain en 1812, suivi de la séparation en deux du sommet et de l'écroulement d'un pan en 1818. Une seconde partie de mur est tombée en 1873, ainsi qu'un fragment de la tour qui, en s'effondrant laissant là des moellons et des blocs de 50 mètres cubes.
Les garennes et les fossées furent vendus en 1739 et à la Révolution, la ville devint propriétaire de la forteresse. Il ne reste plus aujourd’hui que quelques éléments des fortifications et une partie de la tour.
La cité possédait un monastère bénédictin détruit au XIIIe siècle, et une maladrerie dont la chapelle fut dévastée en 1737. Mondoubleau fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.




Un essai historique et statistique sur le canton et sur la ville

de Mr Beauvais de Saint-Paul 

1837.









* Mondoubleau sur la base Pop culture

* Un essai historique datant du XIXe siècle sur la ville


Le tourisme



La Ville de Mondoubleau



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