Espace exposition

dimanche 17 mai 2026

Fiche historique, les châteaux-forts, Gournay sur Marne.

 















۩  Château-fort puis château , à Gournay-sur-Marne

Gournay-sur-Marne est situé à l'extrémité Est du département de la Seine-Saint-Denis, dans la région de plateau de l'Aulnoye dans un méandre de la Marne qui creuse une vallée limitée au Sud par les versants bien marqués du plateau de Brie et au Nord par une succession de basses terrasses du Quaternaire. Le château de Gournay nichée entre chessy et Paris à deux pas du château de champ et de Noisy-le-grand a connue bien des déboires depuis sa construction vers le XIe siècle.

 







Dénomination : Château-Fort puis château

Localisation :   93 460 à Gournay-sur-Marne
 
département de la Seine-Saint-Denis

Région : Ile-de-France





 
Le domaine de Gournay se trouvait autrefois en partie sur une île, aujourd'hui disparue, l'île de Baubigny, formée par un bras de la Marne appelé Saint-Arnoult. Le destin de ce territoire est ainsi étroitement lié à son emplacement : il s'agit du seul gué sur la Marne entre Lagny et Paris. Cette situation confère au site une valeur stratégique et commerciale manifeste au moyen-âge comme en témoigne l'existence, au début du XIe siècle, d'un pont en bois et d'une puissante forteresse a siégée par Louis VI en 1108. Le luttes vont se succéder jusqu'à la Fronde au XVIIe siècle pour le contrôle de la place forte et de la tête de pont. Le franchissement de la Marne à Gournay a vu se succéder cinq ponts, ponctuellement remplacés par un bac : avant 1100, le pont est en bois, puis en pierre après 1150. Au XIIIe siècle, le pont a des pile de pierre et un tablier de charpente mobile mais les arches sont ruinées au XIVe siècle. Un nouveau pont est alors construit à proximité. Cet ouvrage est réparé à plusieurs reprises, ; il est ruiné en 1650. Entre le XVIIe siècle et 1829, le franchissement se fait par bac. A cette date, un nouveau pont est construit, mais détruit en 1870 et reconstruit en 1872 à l'emplacement actuel (Espaullard 1932).
Le château de Gournay est attesté vers 1078. En 1107, il est tenu par Gui le Rouge, comte de Rochefort, qui en a confié la garde à son fils Hughes de Crécy, lorsque Louis VI l’assiège. Le récit du siège donné par Suger? dans la Vie de Louis VI le Gros rapporte que le château, situé sur une île de la Marne, est protégé par "un retranchement resseré et raide", c’est à dire une levée de terre couronnée par un mur et au pied de laquelle se trouve "un ruisseau torrentueux", vraisemblablement un chenal de la Marne. A l’issue du siège, Louis confisque le château et le commet à la garde d’Anseau de Garlande. 
  


La gravure exécutée par Châtillon, vers 1625, figure les ruines d’un donjon circulaire érigé sur les restes hypothétiques d’une motte, ainsi que la chapelle castrale, attestée en 1098-1099 lorsqu’elle est incluse dans la dotation du prieuré Notre-Dame. Selon Lebeuf 1758, la chapelle Saint-Arnoult, dont le vocable originel serait autre, est érigée en chef-lieu paroissial au 12e siècle ; au début du 13e siècle, c’est le prieur de Gournay qui en est le présentateur. Elle est démolie en 1595, lors des travaux de fortification, puis reconstruite en 1599. Elle est transférée sur son emplacement actuel en 1720 afin de permettre l’agrandissement du parc du château.
On distingue également sur la gravure de Châtillon, parmi les autres bâtiments, une grange et une curieuse tour octogonale ou hexagonale dont l’existence est pour le moins douteuse. Le document figure également la nouvelle enceinte flanquée de quatre bastions triangulaires, édifiée en 1594. En ruine depuis 1577, le logis seigneurial est restauré en 1610-1612. Plusieurs documents datés de 1635 mentionnent la ferme qui se trouve "entre la tour sur la motte de l’ancien château seigneurial et la Marne". Un nouveau château est construit à partir de 1680 par Louis Ancelin. Il s’agit d’un édifice en briques et pierres de taille à un étage et comble, couvert d’ardoises, avec quatre pavillons d’angle. Une gravure de 1685 figure le nouvel édifice depuis la Marne, avec, à l’arrière-plan?, à gauche, les ruines du donjon, et à droite, un gros colombier démoli en 1720. Les ruines du donjon ne sont plus figurées sur la carte de Delagrive (1740), qui atteste également d’une grande simplification du réseau de chenaux représentés par Châtillon : seul subsiste en effet le Bras Saint-Arnoult.

En fait, Gournay a toujours été considéré comme le plus important lieu de passage de la Marne entre Lagny et Charenton. D’ailleurs jusqu’au XVIe siècle, le roi et les plus grands seigneurs se sont disputé sa possession, soit pour défendre Paris, soit pour l’attaquer. L’importance stratégique de Gournay-sur-Marne à travers les âges s’explique par la présence dans le lit de la Marne entre le vieux moulin de Chelles et l’actuelle mairie de Gournay-sur-Marne d’une plate-forme naturelle formant un gué d’environ un kilomètre et constituant le passage le plus propice en eau normale entre Lagny et Paris.

Un château est construit en 1680 par Louis Ancelin, devenu seigneur de Gournay par mariage avec Marie Levassor. Serveau nous indique que ce seigneur "démolit en 1680 l'ancien manoir fort abîmé (apporté en dot par son épouse) et en reconstruit un autre à l'emplacement de la forteresse édifiée sous Henri IV, le château de PilleBadauds", visible sur le dessin de Châtillon. (Serveau 1985 : 7). L'édifice se compose d'un bâtiment central entouré de quatre pavillons d'angle. Il est construit en pierre de taille et brique. Il est doté d'un étage et sa façade se distingue par de grandes fenêtres. Après le seigneur Louis Ancelin , le château est ensuite occupé par le vice-amiral Claude Elysée de Court. Celui-ci entreprend des travaux, notamment d'aménagement du parc. Le château en tant que tel a connu peu de modifications depuis sa création. C'est le vice-amiral de Court qui réalise les travaux d'assèchement de l'estuaire du bras Saint-Arnoult, vers 1720, et qui fait construire un petit pont de pierre en face du château.




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samedi 4 avril 2026

Fiche historique, les édifices. Chauvincourt-Provemont

 







Fiche N° 3









Maison-forte

Le village est située dans le département de l'Eure entre Rouen et Paris au sud-ouest de Gisors dans le bassin Seine-Normandie sur l'arête d'un escarpement qui domine la vallée verdoyante de la Bonde. Le village bénéficie ainsi de larges perspectives sur les champs et les prairies en contrebas, le manoir s'intègre dans un cadre rural préservé. Faisant corps avec les autres places fortes environnantes au moyen-âge, il s'intégrait pleinement dans son cadre. 








Localisation : 27 50  Chauvincourt-Provemont
département de l'Eure

Région : Normandie  



Le Manoir se dresse à 30 m au sud-ouest de l'église paroissiale Saint-Maclou sur l'arête d'un escarpement qui domine la verdoyante vallée de la Bonde, un petit affluent de l'Epte.

Au sud du bâtiment se trouve une cour pavée donnant sur le terrain en herbe au centre du village et au nord une terrasse d'environ 1300 m2 retenue par un mur endommagé de silex à chaînages de pierres de taille, probablement du XVIIe siècle. Les plans cadastraux de 1809  et de 1840 indiquent d'autres bâtiments, détruits depuis, au sud et à l'ouest, dont un adjacent à l'angle sud-ouest de l'église qui pourrait avoir été un pavillon d'entrée. Une grange spacieuse, peut-être médiévale, se dressait au sud-ouest de la maison jusqu'à sa destruction par le feu « certainement avant 1930 ». Le mur décrit en 1629 comme entourant le « manoir », le cimetière et l'église est peut-être représenté sur le cadastre par la limite incluant l'église, le terrain immédiatement au sud et les parcelles 200 et 201, mais il n'en subsiste plus rien aujourd'hui. Des terrassements au nord-est de la maison - au-delà de l'actuelle clôture mais à l'intérieur de l'enclos indiqué en 1808 et 1840 - marquent le site d'un autre bâtiment porté sur le plan, ainsi que d'autres structures non figurées, ou bien postérieures à 1840 et rapidement disparues après, ou bien plus probablement déjà détruites à cette époque.

Le bâtiment qui subsiste consiste en un bloc unique mesurant 13,50 m d'est en ouest par 8,80 m et 16,30 m du sol à l'arête du toit, proportions qui lui donnent, vu du nord, une apparence frappante de tour. De 1829 jusqu'à la fin des années 50 au moins, il était accompagné par une annexe : un dessin de 1823- 1846 montre un appentis attaché au pignon ouest, probablement celui qui apparaît aussi sur le cadastre de 1840 et dont subsistent les plus basses assises d'une entrée construite avec soin ainsi que des marches. Le manoir présente des façades de moellons de silex et de schiste avec certaines parties en calcaire. La façade nord, haute de 9,80 m, est étayée par trois contreforts massifs, tous d'origine, et soutenue par un contrefort sur chacun des murs en retour. À son extrémité ouest, la façade sud présente deux contreforts modernes séparés par un espace mesurant 1,70 m et marquant l'emplacement d'une tourelle de latrine détruite en 1958 car elle était trop endommagée.

La structure de base appartient à une seule et même phase, que le style des fenêtres permet de dater du début du XIIIe siècle. Les différentes phases de construction peuvent être ainsi résumées:

- phase I, 1200-1220: creusement de la cave et construction de l'édifice avec la tourelle de latrine;

- phase II, vers 1580: refenestration partielle de la façade nord;

- phase III, XVIIe siècle : création d'une souche de cheminée centrale et cloisonnement du volume intérieur; escalier en vis, grenier et charpente.

Le Manoir de Chauvincourt, qui se décompose en deux étages tout à fait habitables au-dessus d'un rez-de-chaussée, peut être facilement interprété comme une habitation seigneuriale à part entière. Il se conforme pour l'essentiel au modèle adopté dans toute la France à la fin du Moyen Âge, encore abondamment représenté, dans lequel l'essentiel du logement était contenu en deux étages - ou plus - superposés à l'intérieur d'un bloc d'un seul tenant. Chauvincourt ne diffère de ce schéma que par le fait que le niveau supérieur (le second étage) était desservi par un escalier droit extérieur au lieu d'un escalier en vis contenu dans une tourelle saillante ou, comme dans des exemples plus tardifs, dans la structure principale. Ultérieurement, le Manoir fut lui aussi mis au goût du jour par l'introduction d'un escalier en vis dans l'angle nord-est.

L'élément remarquable à Chauvincourt est l'adoption de ce schéma à une date si précoce pour la Normandie. Ailleurs en France - comme dans la plupart du reste de l'Europe - les variations apportées au modèle de la maison-bloc auquel appartient Chauvincourt, étaient courantes. Les constructeurs normands connaissaient bien sûr cette tradition mais l'ont surtout employée sous la forme du donjon. Il semble en effet aujourd'hui que de 1150 à 1250 environ l'architecture seigneuriale du duché de Normandie fut dominée par le schéma anglo-normand bien différent dit hall and chamber-block.

N'apparaissant semble-t-il qu'après la conquête de l'Angleterre (et peut-être d'origine anglo-saxonne), ce schéma était caractérisé par la répartition des espaces public et privé de la résidence seigneuriale dans des bâtiments séparés, l'espace public prenant en général la forme d'une salle de plain-pied ouverte jusqu'au toit et l'espace privé celle d'un bâtiment plus petit consistant en des chambres au-dessus d'un rez-de-chaussée affecté au stockage.

Dans le troisième quart du XIIIe siècle, la situation était néanmoins en train de changer. Les liens avec l'Angleterre, qui avaient amené l'agencement de l'habitat aristocratique normand à diverger de celui employé en France proprement dite, avaient disparu, et bien que la tradition du hall and chamber-block persistât et continuât à évoluer, elle devenait obsolète . Les résidences prenaient de plus en plus la forme compacte à étages décrite ci-dessus: un exemple particulièrement précoce, datant probablement des années 1240, survit à Ailly (Eure) ; des exemples de la deuxième moitié du XIIIe siècle subsistent à Ticheville (Orne) et à Surcy (Eure). Chauvincourt, cependant, qui date des années 1200- 1220, est donc bien plus ancien qu'aucun des autres exemples connus. Quelle peut être l'explication de l'emploi précoce de ce modèle et que pouvons-nous en apprendre ?

Pour autant que l'on puisse en juger, ceci ne peut être imputé à un lien familial particulier avec la France capétienne mais peut être attribué de façon plausible à la proximité de la frontière française, au-delà de laquelle la résidence à étages, dans ses diverses variantes, était le modèle dominant depuis longtemps à ce niveau social. Le Manoir de Chauvincourt peut donc illustrer le simple processus d'imitation par lequel l'adoption de cette forme progressa d'est en ouest à travers la Normandie durant le XIIIe siècle.

Le manoir de Chauvincourt fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par l'arrêté du 3 décembre 1998. Cette inscription concerne le logis en totalité, le cellier, le pavage de la cour sud, les murs de soutènement nord et l'assise foncière.





La Ville

Le manoir, le village



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dimanche 21 décembre 2025

Fiche historique, les forteresses; Les Alluets-le-Roi



 






























Fiche Historique N° 1



La commune de Les Alluets-le-Roi se trouve dans la plaine de Versailles, dans la partie nord des Yvelines, à environ 15 kilomètres à l'ouest de Saint-Germain-en-Laye, chef-lieu d'arrondissement et 24 kilomètres environ au nord-ouest de Versailles, préfecture du département. Placé entre Chambourcy et Mantes-la-Ville, Alluets-le-Roi est essentiellement agricole et bordée au nord et à l'ouest par la forêt dite des Alluets. Cette forteresse des plus anciennes du IXe siècle fit partie d'une ligne de défense contre les envahisseurs normands, il s'agirait d'une tour tout simplement.




     





Dénomination : Forteresse


Localisation :  78580,  Les Alluets-le-Roi
département des Yvelines.

Région : Ile-de-France 



Année de construction : 









Architecture : 

Cette forteresse pourrait même avoir été plus ancienne (IXe siècle) et faire partie d'une ligne de forteresses établies contre les envahisseurs normands, comme les châteaux forts de Poncy, Béthemont, Montjoie, Joyencal, Retz à Chambourcy ou les châteaux d'Orgeval et de Tressancourt.

Cette forteresse (simple tour ou château fort?) fut probablement détruite pendant la guerre de cent ans qui fit rage aux Alluets, à tel point qu'entre 1414 et 1448, il n'y avait plus un seul habitant dans le village, car il était impossible d'y demeurer en raison des combats. On constate une pénurie de documents concernant les Alluets de 1372 à 1453 dans les archives des Dominicaines de Poissy et de l'Abbaye d'Abbecourt. En particulier Abbecourt n'a pas perçu de cens, c'est à dire de redevances, de 1418 à 1448.

A quelle époque le château fût-il construit ou reconstruit? Il existe en 1446, puisqu'il est question, à cette date, d'une redevance de 2 sous sur le Château des Alluets. Entre 1710 et 1734, les Logivières (Seigneurs de Maule) possédaient le château des Alluets et les terres en dépendant. "Le château et l'enclos occupaient une superficie de 2 arpents 50 perches (1,2767ha) et le restant en terres labourables, pâtures ou bois taillés, environ 39 arpents (19,9181ha).
En 1734, le château des Alluets était "en masure", l'enclos dans lequel il se trouvait était fermé de murs et d'une contenance de 2 arpents 1/2. Les fermages étaient à Pierre Bourgeois et Elisabeth Dantu sa femme.

Le 2 février 1794, le château n'existe plus, mais le domaine est décrit comme : "une terre clos de viels murs et haye, appelé l'ancien château, contenant 2 arpents et demy environ (soit environ 1ha2767) compris les chemins et mare assise au bord du village, tenant, d'un coté et d'un bout, les rue de lasdite commune (Les Alluets), d'un coté Jean Baptiste Lucas et autres, et d'autre bout, les héritiers de François Lefèvre et autres."


L'emplacement du château

Dans son Mémoire sur les Alluets en 1821, le baron Coquebert-Montbret ne précise pas l'emplacement du château qui semble avoir été perdu depuis cette date. Pour le retrouver l'on peut le trouver sur une description de 1794, avant de savoir qu'il avait été vendu comme bien national. Tout d'abord si nous regardons le plan général des Alluets du terrier de 1827, il saute aux yeux que le village est composé de deux parties très différentes: une partie de plan circulaire, de type moyenâgeux et une partie au quadrillage régulier. Une hypothèse raisonnable est que le château se trouvait dans la partie moyenâgeuse.

D'après le terrier de 1827, seulement 35 ans après la description de 1794, les parcelles numéros 1232 à 1237, soit plus du tiers de la zone considérée, appartiennent aux héritiers Lucas, tandis que la parcelle 1257 appartient à Mr. Odiot de Saint Germain (terrier). Cette parcelle fait 1ha3085 et contient une mare, est bordée sur deux cotés par les rues du village (actuelles rues de Maule et du Moulin) et touche à l'ouest un terrain appartenant aux héritiers Lucas. Elle correspond donc exactement à la description donnée. L'emplacement du château des Alluets a été retrouvé!
En 1997, ce terrain est toujours entouré de vieux mur, la mare a été asséchée (mais l'emplacement est visible le long de la rue de Maule) et le propriétaire le cultive encore, car le terrain a été peu construit.
On peut remarquer que Monsieur Odiot n'a pas utilisé sa réserve faite lors de l'achat du terrain "de faire déclaration au profit de qui lui semblera", puisqu'il possède le terrain encore 30 ans plus tard. Etait-ce un réflexe de notaire ou espérait-il y trouver un trésor ?

Rappelons qu'il s'agit du château du XV siècle, en ruine au milieu du XVIII, et non pas de la forteresse du XIIe siècle dont nous ne savons toujours rien.


La forteresse

Nous pouvons faire trois hypothèses:
- cette forteresse serait une simple tour (cf. celle de Béthemont) située à l'extérieur du village. Une tradition orale la situerait entre la route royale et la rue de Maule, lieu dit "Le Gros chêne", ou celui de "la butte Allain", du côté du bosquet d'arbustes qui se trouve au milieu. Après tout, c'est là le point culminant du plateau des Alluets (186m).

- Elle se trouverait au centre du village, qui se serait développé autour, comme l'affirme Eugène Dubois qui, en 1925, a eut "l'heureuse occasion, chez des personnes notables du pays, de visiter une cave large et fort profonde dans laquelle les ogives soutenues par un pilier,..., des chapiteaux rongés ne laissent aucun doute sur leur lointaine origine". Pour lui, pas de doute, il était "au milieu des fondations du château-fort". Dans ce cas on peut imaginer plutôt un château-fort, semblable à celui qui existait à Maule. Comme à Maule, le château plus récent se serait développé un peu à l'écart, dans une ancienne manse romaine, c'est à dire un terrain séparé en 2 parties, l'une étant une ferme dépendant du château, l'autre partie étant composée de terrains donnés en location moyennant une redevance. La cave, rue de Crespières, comportent des ogives et un pilier qui sont toujours là, ils ne datent malheureusement pas du XIIe siècle. On peut aussi rappeler qu'avant la guerre de cent ans le village s'étendait plus au nord, dans la direction de Bazemont, c'est à dire au delà de ce qui s'appelle encore aujourd'hui "la vieille rue".

- la troisième hypothèse serait que le château primitif se trouverait sur le même emplacement ou un emplacement très voisin du château plus récent, comme cela était très souvent pratiqué.

Qui sait si des fouilles, un jour, livreront le secret du vieux château.




La Ville de Les Alluets-le-roi


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mardi 4 novembre 2025

Fiche historique, les édifices. Saint-Loup-de-Naud

 







Fiche N° 9









Maison-forte

Le village est située dans le Sud-Est du département de la Seine-et-Marne en région Île-de-France là au Sud-Ouest de Provins et dans l'axe Est de Melun sur un plateau entaillé assez profondément par des vallées aux flancs plutôt abrupts. Le village est très ancien, bâti en terrasses sur un éperon qui termine le plateau de la Brie, il domine deux vallées où de clairs ruisseaux, affluents de la Voulzie, prennent leurs sources. 

Une ancienne tour qui s'élève sur une terrasse en dominant les bâtiments du prieuré, nous aiguille au loin vers une tour de vigie érigée antérieurement à ceux-ci, qui par sa position avantageuse, dominait à la fois le plateau et les vallées, en fait là un point stratégique important. 








Localisation : 77 650  Saint-Loup-de-Naud
département de la Seine-et-Marne

Région : Ile-de-France  



C'est aux XIIIe et XIVe siècles que la France a connu une multiplication des maisons fortes, centres de petites seigneuries rurales. Elles sont traditionnellement constituées de bâtiments rangés à l'intérieur d'une enceinte, ou d'un logis rectangulaire surmonté d'une ou deux tourelles aux extrémités. Ces tourelles jouaient le rôle de vigie et affirmaient surtout de façon symbolique la qualité seigneuriale du propriétaire (Bur, La maison forte au Moyen Age, Paris, 1986). Bien que les maisons fortes soient souvent liées à une église, la bipolarisation de l'historiographie entre les spécialistes de l'architecture militaire et ceux de l'architecture ecclésiastique a eu comme résultat un manque d'études consacrées à l'analyse de leurs rapports.

La maison forte de Saint-Loup-de-Naud est située à quelques mètres au Nord du célèbre prieuré sur la partie la plus élevée de la colline du village. Légèrement à l'Ouest se trouvent les restes d'une ferme certainement d'origine médiévale. Disposés sur une surface assez irrégulière d'à peu près 50 m sur 60 m, les bâtiments de la maison forte de Saint-Loup-de-Naud ont été connus dès le début du siècle (Roblot- Delondre, Monuments Piot, 21 (1913), p. 140-144), mais ils n'ont jamais fait l'objet d'une étude systématique. Le but de notre deuxième brève étude consacrée à l'ensemble architecturaux de Saint-Loup-de-Naud est de présenter les divers bâtiments appartenant à la maison forte et de proposer quelques hypothèses sur les liens entre celle-ci, le prieuré, la ferme et le village.


* La disposition architecturale de la maison forte
La maison forte de Saint-Loup-de-Naud se compose au Nord-Ouest d'une tour liée aux vestiges d'une porte d'entrée, au Sud-Est d'un édifice rectangulaire comprenant deux pièces, et à l'Est et au Sud de vestiges importants de l'enclos fortifié. Il est probable que le mur servant de division entre la maison forte et la zone claustrale au Nord de la nef de l'église ait fait partie de l'enclos fortifié à l'origine. Il est quasi certain que l'archéologie pourrait mettre au jour des traces du reste de l'enclos et d'autres structures appartenant à l'ensemble de la maison forte.


* La tour et la porte d'entrée
La tour, connue sous le nom de Tour de la Haute Maison a été datée du XIIIe siècle (Roblot-Delondre, p. 142), ou de la fin du XIIe siècle dans ses parties basses (Seydoux, Châteaux et manoirs de la Brie, 1991 , p. 97). Transformée en « haute maison » au XVIIe siècle, cette imposante structure est de plan quadrangulaire irrégulier, et mesure approximativement 9 m sur 10. Construite en petit et moyen appareil avec des angles arrondis, ses murs sont d'une épaisseur d'à peu près 1,50 m au niveau du rez-de-chaussée. Seuls les encorbellements carrés au sommet des murs et les ouvertures (fenêtres et portes) sont en grand appareil. Vue de l'extérieur, des fenêtres de diverses époques indiquent que la tour a été reprise plusieurs fois.
Il est impossible de fixer une date aux fondations des bâtiments qui ont constitué le fief de la Haute-Maison. La formidable tour qui s'élève sur la terrasse la plus élevée de Saint-Loup-de-Naud et qui commande à la fois le plateau et les vallées, est bâtie, non en carré, mais en losange, ce qui démontre qu'elle faisait primitivement partie d'un ensemble de bâtiments actuellement détruits. Telle qu'elle est nous pouvons y voir une tour de défense datant du XIIIe siècle avec un remaniement dans la bâtisse au XVe siècle et probablement aussi au commencement du XVIIe. Dans l'épaisseur Est de la muraille (2m,5o) un escalier de pierre, fort étroit, permettait de pénétrer dans une salle unique qui formait le premier étage. A l'extrémité opposée au débouché de cet escalier, un second escalier donnait accès à la pièce composant le deuxième étage. Les marches de ce dernier furent coupées par les grandes fenêtres ouvertes au XVIIe siècle et remplacées par un escalier de bois qui dessert actuellement les étages supérieurs. Ces salles contenaient de grandes cheminées de pierre, rétrécies au XVIIIe siècle, les foyers furent dégagés dernièrement.

Seule la cheminée de la salle basse a été refaite en 1890, avec des matériaux gothiques provenant des ruines du prieuré. C'est au milieu de cette dernière pièce que se trouve une oubliette, creusée dans le tuf, profonde de 5 à 6 mètres, avec niche en pierre de taille.






La Ville

Le manoir, le village



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Coupe transversale de la Maison forte (Est-ouest)












samedi 6 septembre 2025

Fiche historique, les châteaux-forts. Parnes

 







Blason de la France Ancienne












۩  Château-fort puis château , à Parnes

Nichée dans la vallée de Cuderon au Sud de Gisors, dans la latérale Sud-Est vers château Gaillard et frontalier avec le Val d'Oise là-bas au Sud-Ouest de son département, l'Oise en région Hauts-de-France, Parnes, au moyen-âge, se voit entouré de places fortes plus ou moins importantes, les plus connues sont Gisors et château Gaillard. Ce château médiéval à connu plusieurs remodelage jusqu'à devenir à ce jour le château actuel.

 







Dénomination : Château-Fort puis château

Localisation :   60 240 à Parnes
 
département de l'Oise

Région : Hauts-de-France





 
Le château d'Alaincourt est formé d'un ensemble de constructions disparates composé de moellons, pierres de taille, briques et pierres.
En 1488, la construction d'un manoir sur le domaine est présente lors de l'achat de Pierre Le Gendre. Ce dernier agrandit considérablement le manoir primitif. L'aile gauche du bâtiment construite en moellons crépis avec les angles en pierre de taille est datée de la seconde moitié du XVe siècle. L'aile composée de briques et de pierres date du tout début du XVIe siècle. Les travaux sont poursuivis par la famille de Neufville-Villeroy aux XVIe et XVIIe siècles. Vers 1565, Nicolas de Neufville de Villeroy (1542-1617) fait élever le mur d'enceinte fortifié qui clos les cents hectares de parc dont il ne reste que trois côtés. Il fait édifier une chapelle dédiée à Saint-Eutrope (1576), dont le personnage occupe la fonction de secrétaire d'état au surnom de « Seigneur d'Alincourt » sous le règne de Charles IX, Henry III, Henry IV et Louis XIII.
Les membres de la famille poursuivent l'agrandissement et la transformation de l'ensemble des bâtiments et du domaine, notamment la poterne et le colombier de pied. Un intérêt est porté sur les tourelles d'angle en encorbellement, l'appareillage des murs offrant une petite variation par rapport au corps de bâtiment et la tour d'escalier octogonal. Cette dernière est surmontée de créneaux percés d'archères, avec mâchicoulis sur consoles permettant de mettre en valeur l'entrée principale du bâtiment. La présence des donjons réalisés à cette époque du Moyen Âge et de la Renaissance est figurative et sont construits pour attester une valeur de prestige.

Lorsque Pierre Le Gendre, Trésorier de France sous Louis XII puis François Ier, acquit le domaine d'Alincourt, il dut partager son temps entre l'hôtel parisien qu'il faisait construire et le château médiéval où il effectua de grands travaux. Sa prodigieuse ascension sociale et politique allait ainsi pouvoir être matérialisée dans la pierre. Le Gendre représente bien en cela la nouvelle classe des bourgeois parvenus. N'épousa-t-il pas en secondes noces Charlotte Briçonnet, issue d'une famille appartenant au riche milieu d'affaires tourangeau ? Parallèlement à la construction du célèbre hôtel Le Gendre à Paris aujourd'hui disparu, il acquit les terres, château et seigneurie d'Alincourt, qui allaient lui permettre d'asseoir sa puissance nouvelle sur l'ancienneté de la demeure. Il se devait d'y effectuer une mise au goût du jour, mais en s'inscrivant dans la tradition. La construction allait donc composer avec l'ancien. Le château était représenté en un ensemble de bâtiments qui s'étagent sur trois plans successifs, chacun d'eux comportant une imposante porterie. Au tout premier plan, une porte isolée à bossages précède le chemin d'accès au châtelet d'entrée. Plus en retrait, au-delà d'un terre-plein gazonné, un second front fortifié barre horizontalement le dessin. A l'arrière-plan, se développe une imposante masse de bâtiments.
 
Le château d'Alincourt était constitué d'une porte d'enceinte extérieure cantonnée de pavillons qui était accostée à sa courtine talutée, son mur d'enceinte convergeait jusqu'à l'imposant pavillon isolé. Un pigeonnier et une chapelle étaient placés, celle-ci était constituée d'un passage couvert reliant l'enceinte du château proprement dit. Un imposant châtelet médiéval s'imposait muni d'une courtine qui l'accostait. Un long logis en arrière-plan et une  haute tour d'escalier coiffée d'un comble à impériale siégeaient, elle fut, par la suite, remplacée par une terrasse. 
La tour du manoir, cette tour polygonale était dotée d'un chemin de ronde crénelé sur mâchicoulis dont la caractéristique principale était de présenter une baie en partie supérieure sur une arête du polygone. 
Des contreforts médian venaient  conforter les pignons.
Une belle lucarne passante d'origine bien que dérasée est toujours visible sur l'édifice. 
La façade comportant la tour polygonale bénéficiait d'une implantation aléatoire des baies.
La partie droite, qui réunissait le corps de logis, le donjon et la tour (aujourd'hui dite du Général), reconnaissables à leur appareil polychrome si caractéristique de brique et pierre, étaient accompagnés de tourelles en surplomb. 
Un pont-levis constituait avec la porte le plus avancé du système de fortification. Derrière lui, au-delà d'une zone en herbe, pavillons et courtines se déploient. L'entrée est flanquée de deux tours quadrangulaires coiffées de toitures pyramidales, reliées par une galerie à l'étage. La porte comporte deux baies en plein cintre, l'une charretière, l'autre destinée aux piétons. Herses, mâchicoulis et assommoir devaient intimider les éventuels assaillants. L'enceinte et la porte subsistent aujourd'hui intégralement, excepté la partie haute, crénelée, de la courtine.

Une seconde ligne de murs se déploie parallèlement à la précédente. Une lice les sépare. Outre une simple tour quadrangulaire située à l'extrême gauche du mur, l'enceinte intérieure est ponctuée de petites tourelles en surplomb dont l'appareil de brique et pierre a été finement représenté. Un magnifique châtelet se détache au centre. Il est désaxé par rapport à l'entrée de l'enceinte extérieure. La porte, comme la précédente, comporte deux entrées de tailles différentes : l'une est piétonnière, la seconde, en anse de panier et très moulurée, est destinée aux attelages. Le portail, encadré de deux tourelles en surplomb, est surmonté d'un étage couvert d'une haute toiture en pavillon ornée d'une lucarne et d'une riche crête. Un élément sculpté surmonte l'entrée. Derrière cette double ligne de défense, se déploient d'un côté la basse-cour, dominée par le pigeonnier et la flèche de la chapelle, de l'autre la cour d'honneur que l'on aperçoit à peine, masquée par les logis.

A l' arrière-plan, des bâtiments se développent de façon continue depuis la basse-cour jusqu'au château, le long de l'enceinte occidentale. Sur la cour d'honneur, le corps de logis desservi par un escalier à demi hors-œuvre est ponctué par une série de lucarnes richement ornées. La tourelle en surplomb est la seule partie visible du logis neuf de Pierre Le Gendre. On aperçoit la tour d'escalier de l'ancien manoir (appelée aile du Méridien) avec ses mâchicoulis et sa coiffe ponctuée sur chacune de ses faces de petites lucarnes. Au-delà se trouvent l'importante tour dite du Général et le donjon, également attribués à Pierre Le Gendre.



L'ancien manoir

L'ancien manoir (actuel logis du Méridien) et sa tourelle d'escalier, le logis neuf de Pierre Le Gendre, la tour « du Général », et enfin le donjon ont traversé les siècles, malgré quelques transformations malheureuses, en particulier la suppression des hautes lucarnes ouvragées typiques de la Première Renaissance. En revanche, toute la partie médiane entre le logis et la basse-cour a été bouleversée, puisque le châtelet et le corps de bâtiment appuyé à la courtine ouest ont disparu.

En effet, si les ajouts du XVIIe siècle semblent avoir essentiellement consisté à établir un corps de bâtiment entre le donjon et le logis, d'importantes modifications furent réalisées au siècle suivant. Depuis le doublement des dispositifs de défense établis lors des guerres de religion, les accès au château ainsi que la circulation à travers les espaces extérieurs étaient complexes. Le visiteur devait traverser une succession de portes séparées par des espaces en chicane, avant d'atteindre la cour d'honneur. L'emploi du carrosse y était malaisé, et nous dit Régnier, c'est « du temps de M. de Sénozan », Conseiller puis Président au Parlement de Paris, entre 1733 et 1764, que des travaux furent entrepris pour créer un accès plus commode et des circulations intérieures simplifiées. Le pont-levis et l'entrée extérieure à bossage furent donc supprimés, remplacés par une jetée lancée par-dessus le vallon. Celle-ci permettait d'accéder directement à la cour d'honneur après avoir franchi un nouveau portail. L'ancien châtelet fut également détruit au profit d'une avant-cour plus vaste aménagée en terrasse. C'est à cette époque sans doute que fut remanié le bâtiment qui sépare cour d'honneur et basse-cour.


Texte sur un essai de restitution du château écrit au XXe siècle 
par Jean-Louis Rebière et Anne Boussotrot




Les places fortes entourant l'Ile-de-France

Châteaux, château-fort, donjons



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lundi 4 août 2025

Fiche historique. Les donjons. Senlis

 




















Senlis se situe sur la Nonette, entre les forêts de Chantilly et d'Ermenonville au sud, et d'Halatte au nord, à quarante kilomètres au nord de Paris. Dressée au sud du département de l'Oise et entourée de bois, la ville, de fondation antique, séjour royal durant le Moyen Âge, conserve de sa longue histoire un riche patrimoine et possède plusieurs musées.  

 





Localisation : 60 300, Senlis, 
département de l'Oise. 

Région : Hauts-de-France

Anciennement : Beffroi



Le château royal de Senlis est un site remarquable, non seulement de l'histoire de Senlis, mais aussi de l'Histoire de France.

En face, immédiatement à droite de l'entrée à l'angle nord-est du parc, se trouve une grosse tour carrée de la fin du Xe siècle, écrêtée au XVIIe siècle. Son apparence d'origine est inconnue, mais bien des caractéristiques la rapprochent d'un donjon. Bâti avec des gros blocs d'appareil provenant de bâtiments publics du Senlis antique (Augustomagus), la bâtisse a pendant un certain temps été confondue avec une construction gallo-romaine. En réalité, seules les fondations contiennent des vestiges archéologiques de cette époque. La tour se distingue par de très larges contreforts saillants et des murs épais de 4,5 m, pour une superficie construite de 21,5 m sur 17 m. L'intérieur contient une unique salle rectangulaire, remaniée à l'époque gothique, avec un puits dans la partie sud-est. C'est près de cette tour que le socle de la statue de l'empereur Claude a été découvert, exposé au musée d'art et d'archéologie de Senlis. La tour ne se visite pas ; elle n'était vraisemblablement pas reliée au château royal de Louis le Gros.

Les beffrois de Senlis et d'Evreux.
Il serait un peu tard pour rendre compte du volume de travaux publié en 1893 par le Comité archéologique de Senlis (3e sér., t. VII, année 1892). Négligeant donc deux mémoires de MM. l'abbé Müller et Anthyme Saint-Paul, qui appelleraient, d'ailleurs, un long commentaire, nous présenterons simplement ici de très courtes observations motivées par l'article intéressant que M. le vicomte de Caix-de-Saint-Aymour a intitulé : Le beffroi de Senlis. 

Essai de restitution .
Le beffroi de Senlis n'existe plus depuis l'année 1802. C'était une tour carrée, surmontée d'une toiture recouverte de plomb, avec des lucarnes et un campanile ou « petit clocher ». Ce couronnement de charpente avait, d'ailleurs, été remplacé, dans les premières années du règne de Louis XV, par une flèche en pierre. Aucun dessin ou gravure ne nous a conservé l'aspect exact de cette curieuse construction municipale, soit avant, soit après les travaux du XVIIIe siècle. Les deux figures intercalées dans le texte de M. de Saint-Aymour sont des essais de restitution tentés par M. de Clercq, d'après un croquis fait de mémoire par un vieil habitant de Senlis qui, dans son enfance, avait vu le beffroi debout. Si l'on s'en rapporte à ces deux figures, le beffroi de Senlis offrait une analogie extraordinaire avec la Tour de l'Horloge d'Évreux. Même nombre d'étages, même hauteur relative de ces étages, même porte en arc bandé avec tympan, arcade en tiers point et accolade ; mêmes baies étroites et sans ornements, même balustrade portée sur un encorbellement très accentué ; même parti de gargouilles sous une saillie de moulures. A Senlis, il est vrai, le plan carré continuait sans changement de la base au sommet, tandis qu'à Évreux il passe à l'octogone entre le deuxième et le troisième étage ; mais c'est un point secondaire, qui prouve seulement que les ressources étaient inégales dans les deux villes. Les arêtes, en effet, sont nues de part et d'autre, et les deux ensembles ont un caractère commun de simplicité élégante absolument particulier.

Or, de l'une des deux constructions, la date est connue. On sait, par des renseignements certains, que la tour d'Evreux fut commencée en 1490 et terminée en 1497. La tour de Senlis, telle qu'elle nous est présentée, ne saurait donc être identifiée, comme M. de Saint-Aymour semble le faire, avec celle réparée en 1392, suivant un devis publié par M Flammermont (Com. archéol. de Senlis, 1875). Elle datait de la fin du XVe siècle, et non de la fin du XIVe.

La conclusion est qu'il existe, entre la forme donnée au monument par l'artiste, auteur de la restitution et l'un des documents ayant servi à cette restitution, contradiction absolue. Mais nous ne voulons pas incriminer trop sévèrement le joli croquis de M. de Clercq ; s'il « donne bien la silhouette que devait présenter le vieux beffroi », nous ne pouvons vraiment le considérer comme une restitution, dans le sens exact du mot. On sait que le beffroi d'Évreux a été grandement popularisé par la gravure; tous les auteurs de manuels, entre autres, le donnent, avec raison, comme le type achevé du genre. C'est ce qui explique sans doute les souvenirs trop fidèles à l'influence desquels n'a pu échapper M. de Clercq.

Rien n'empêche que le même architecte ait pu, à la fin du XVe siècle, donner les plans du beffroi d'Évreux et du beffroi de Senlis. Mais pour qu'une affirmation ou même une hypothèse puisse se produire à cet égard, il est besoin d'autres documents qu'un croquis fait de mémoire au XIXe siècle.   


L. RéGiNier.







La ville de Senlis


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Le donjon




Tourisme Oise 

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Château-fort et places fortes ayant existés 
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Le monde des châteaux