Le château de Gournay est attesté vers 1078. En 1107, il est tenu par Gui le Rouge, comte de Rochefort, qui en a confié la garde à son fils Hughes de Crécy, lorsque Louis VI l’assiège. Le récit du siège donné par Suger? dans la Vie de Louis VI le Gros rapporte que le château, situé sur une île de la Marne, est protégé par "un retranchement resseré et raide", c’est à dire une levée de terre couronnée par un mur et au pied de laquelle se trouve "un ruisseau torrentueux", vraisemblablement un chenal de la Marne. A l’issue du siège, Louis confisque le château et le commet à la garde d’Anseau de Garlande.
La gravure exécutée par Châtillon, vers 1625, figure les ruines d’un donjon circulaire érigé sur les restes hypothétiques d’une motte, ainsi que la chapelle castrale, attestée en 1098-1099 lorsqu’elle est incluse dans la dotation du prieuré Notre-Dame. Selon Lebeuf 1758, la chapelle Saint-Arnoult, dont le vocable originel serait autre, est érigée en chef-lieu paroissial au 12e siècle ; au début du 13e siècle, c’est le prieur de Gournay qui en est le présentateur. Elle est démolie en 1595, lors des travaux de fortification, puis reconstruite en 1599. Elle est transférée sur son emplacement actuel en 1720 afin de permettre l’agrandissement du parc du château.
On distingue également sur la gravure de Châtillon, parmi les autres bâtiments, une grange et une curieuse tour octogonale ou hexagonale dont l’existence est pour le moins douteuse. Le document figure également la nouvelle enceinte flanquée de quatre bastions triangulaires, édifiée en 1594. En ruine depuis 1577, le logis seigneurial est restauré en 1610-1612. Plusieurs documents datés de 1635 mentionnent la ferme qui se trouve "entre la tour sur la motte de l’ancien château seigneurial et la Marne". Un nouveau château est construit à partir de 1680 par Louis Ancelin. Il s’agit d’un édifice en briques et pierres de taille à un étage et comble, couvert d’ardoises, avec quatre pavillons d’angle. Une gravure de 1685 figure le nouvel édifice depuis la Marne, avec, à l’arrière-plan?, à gauche, les ruines du donjon, et à droite, un gros colombier démoli en 1720. Les ruines du donjon ne sont plus figurées sur la carte de Delagrive (1740), qui atteste également d’une grande simplification du réseau de chenaux représentés par Châtillon : seul subsiste en effet le Bras Saint-Arnoult.
En fait, Gournay a toujours été considéré comme le plus important lieu de passage de la Marne entre Lagny et Charenton. D’ailleurs jusqu’au XVIe siècle, le roi et les plus grands seigneurs se sont disputé sa possession, soit pour défendre Paris, soit pour l’attaquer. L’importance stratégique de Gournay-sur-Marne à travers les âges s’explique par la présence dans le lit de la Marne entre le vieux moulin de Chelles et l’actuelle mairie de Gournay-sur-Marne d’une plate-forme naturelle formant un gué d’environ un kilomètre et constituant le passage le plus propice en eau normale entre Lagny et Paris.
Un château est construit en 1680 par Louis Ancelin, devenu seigneur de Gournay par mariage avec Marie Levassor. Serveau nous indique que ce seigneur "démolit en 1680 l'ancien manoir fort abîmé (apporté en dot par son épouse) et en reconstruit un autre à l'emplacement de la forteresse édifiée sous Henri IV, le château de PilleBadauds", visible sur le dessin de Châtillon. (Serveau 1985 : 7). L'édifice se compose d'un bâtiment central entouré de quatre pavillons d'angle. Il est construit en pierre de taille et brique. Il est doté d'un étage et sa façade se distingue par de grandes fenêtres. Après le seigneur Louis Ancelin , le château est ensuite occupé par le vice-amiral Claude Elysée de Court. Celui-ci entreprend des travaux, notamment d'aménagement du parc. Le château en tant que tel a connu peu de modifications depuis sa création. C'est le vice-amiral de Court qui réalise les travaux d'assèchement de l'estuaire du bras Saint-Arnoult, vers 1720, et qui fait construire un petit pont de pierre en face du château.










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