mardi 29 décembre 2015

Fiche historique, les châteaux. Verberie























Armoirie du Royaume de France

 







۝   Le Château de Verberie, à Verberie.
















Situé entre Creil et Compiègne, proche de Pont-Sainte-Maxence, Verberie est une commune du département de l'Oise ancrée aux portes de la région Picarde, touchant l'Oise et la forêt domaniale de Compiègne.
Le château de Verberie fut château royal, les rois aimaient y aller, de l' ancien palais de Verberie qui subsistait encore à la fin du XIIe siècle, son aspect ne conservait plus rien de son premier état.
Depuis la fin de la première race jusqu' au règne de Charles VI, on a tenu cinq conciles provinciaux, un grand nombre de parlements. Les Normands commencèrent à le dégrader, il fut presque entièrement consumé par les flammes au XVe siècle.













Dénomination : Château, palais


Localisation :   60410, Verberie, département de l'Oise.

Région : Hauts-de-France (Picardie)


Année de construction : Xe siècle 






L'architecture : 

Le Palais de Verberie était orienté vers le Nord, les édifices qui le composaient s'étendaient de l' Ouest à l' Est sur une ligne de 432m. Un corps de logis très vaste, dans lequel se tenaient les assemblées générales, les parlements, les Conciles, termine à l' Ouest cette étendue de bâtiments, de même que la Chapelle située à l' Ouest. La Chapelle et la salle d' assemblée formaient comme deux ailes qui accompagnaient une longue suite d' édifices de différentes formes et de différentes grandeurs. Au centre de toute cette étendue paraissait un magnifique corps de logis d' une grande hauteur composé de deux grands étages. Les murs, bâtis en pierre de taille choisie étaient ornés d'ornements à bas reliefs, de frontons, de fleurons de fenêtres ouvertes et de fenêtres feintes, munies d'ornements aménagés d' un grand dessein proportionnés d' un genre d' architecture qui approchait du Colossal.
Deux tours rondes accompagnaient le corps de logis principal. Depuis ces deux tours jusqu' à la Chapelle de Charlemagne, d' un côté et jusqu'à la salle d' assemblée de l' autre, on voyait divers bâtiments un peu moins élevés que le grand corps de logis, qui était percés de hautes et larges fenêtres semblables aux croisées des Eglises du treizième siècle et moins chargées de pilastres et de moulures.
On remarquait, par intervalles, de grosses tours carrées plus larges qu' élevées, elles faisaient l' effet des dômes dans les Palais. On voit encore une de ces tours dans la basse-cour du Fief d' Haramont. Ces notices ont été tirés de quelques restes de l' ancien Palais et d' un titre du règne de François Ier qui permet la démolition des différentes parties de ce Palais. Ces parties de bâtiment avaient été incendiées sous le règne de Charles VI un siécle auparavant.

Le chevet de la Chapelle était tourné vers le Sud. On y entrait par une porte collatérale placée à l' Ouest pour faciliter la commodité des personnes du château. Cette Chapelle, bâtie dans le même goût que le grand corps de logis du Palais, a été détruite à deux reprises, la chûte du clocher, arrivée en 1333, a fait s'écrouler une partie des murs déjà affaiblis par le poids de leurs élévations. Les habitants de Verberie avaient entrepris de soutenir un siége contre les Anglais dans le cimetière de cette église pendant les troubles du règne de Charles VI. Le Général Anglais fit, à cette occasion, canonner les murs du cimetière et la Chapelle même du côté du Nord avec tant de vigueur que les murs s écroulèrent en grande partie. Des titres de 1310 et de 1343 nomment encore cette église « Chapelle de Charlemagne ». Il y a, à la Ferme du Chat, les caves de l' ancien Palais. Les jardins s' étendaient le long de l' Oise entre le Palais et cette rivière, ils occupaient, comme les bâtiments du Palais, un espace large de 432m d' Ouest en Est. Plus bas que le Nord de la Chapelle, le parc commençait, il finissait à Herneuse là où la forêt de Cuise étendait son long manteau. Une longue terrasse, qui a été démolie, et la rivière qui arrosait de ses eaux le fossé, servaient de clôture aux jardins. On passait des jardins, de l' autre côté de l' Oise, sur un pont de bois qu' on appellait Pont du Palais, pour le distinguer de deux autres situés au dessus et au dessous des jardins.

Il est fait mention de ce pont dans une Charte de Charles le Simple datée de 919 dans un titre de 1449. La grosse tour, située à l'Ouest du Palais, servait de demeure au Concierge.






Matériaux : Pierre. 





Historique :


L'empereur Charlemagne fit rebâtir le château de Verberie vers 808, les rois y firent des voyages réglés. Depuis la fin de la première race jusqu' au régne de Charles VI, on a tenu cinq conciles provinciaux, un grand nombre de parlements. Les Normands commencèrent à le dégrader, il fut presque entièrement consumé par les flammes au XVe siècle.
Verberie a été environné de murs sous le règne de François Ier, on y comptait cinq portes au début du XIXe. Les plus anciens noms de Verberie qu'on trouve dans les manuscrits sont ceux de Vermôria et Verbria Vermeria Wurembria et Verberiacum sont plus récents. Cette cité paraît avoir eu son premier emplacement sur la montagne vers la Borde, au delà de 1a chaussée Brunehault, dans un endroit appelé MalAssise. Les anciens titres nous apprennent que 1a surface de ce terrain a longtemps été couverte de ruines, ces ruines, pendant plus d' un siècle, ont fournis aux cabinets d' antiquité des médailles, des vases de fer, une multitude d' ustensiles de toute nature. On trouve sur les rives de l' Oise des pierres qu' on nomme pierres de Rhuis on les croit des monuments druidiques, c' est une erreur, toutes les pierres druidiques isolées qui ne forment pas une réunion de deux pierres par une troisième qui les couvre, sont longues et pyramidales, celles-ci, ainsi que celles de Borets sont trop larges et doivent être considérées comme des bornes de forêts ou d' anciennes propriétés si le hasard ne les a pas placées. On parle beaucoup d' une pierre moins grosse que celles de Verberie sur laquelle il y avait une empreinte; la patte d' un ours, ce monument était vénéré par le peuple et voisin de la fontaine où l' Ourcq prend sa source.
 Nous avons une description intéressante du palais que fit construire ou reconstruire Charlemagne à Verberie, en voici l' extrait;
" Le palais de Charlemagne à Verberie faisait face au midi, les édifices s' étendaient de l'Ouest à l' Est sur une ligne de deux cent quarante toises, les murs, bâtis de pierres de taille choisies étaient ornés de figures en bas reliefs de frontons, de fleurons, de fenêtres ouvertes de fenêtres feintes et d'ornements a bien ménagés et d' un grand dessin proportionné du genre d'architecture qui approchait le colossal. Les bâtiments latéraux moins élevés que le corps principal étaient percés de hautes et larges fenêtres semblables aux  croisées des églises du XIIIe siècle, moins chargées cependant de pilastres et de moullures" .

Trois capitulaires de Charlemagne datés de 808, l'article IX du troisième propose des ouvrages à faire au palais de Verberie, "de operibus palatii ad Vermerias"
Ce superbe palais fut pillé et dégradé par les Normands à plusieurs reprises, entre autres en 885. Nos rois le visitaient encore mais ils n' y faisaient plus de ces voyages où toute leur cour les accompagnait. Ses appartenances se divisèrent, Charles le Simple donna deux fermes situées à Verberie avec six familles de serfs à l'église de Saint-Clément ainsi que le jardin du palais situé entre le corps de logis du château et le pont de l'Oise. Cette donation date de 919, depuis cette année jusqu' au régne de Robert, les Boutelliers de France et les principaux officiers du palais de Verberie firent ériger en fiefs héréditaires des biens qui leur avaient été donnés dans ce canton à vie. Seulement le ressort du palais, qui avait été si considérable sous les rois des deux premières races, se réduisit alors au principal corps de logis du château.
Robert et Constance voulant donner du relief à la forteresse de Bethisy, y tranférèrent le siége le la juridiction qui se tenait auparavant au palais de Verberie.

L' ancien palais de Verberie subsistait encore à la fin du XIIe siècle, mais il ne conservait plus rien de son premier état. En 1358, les Navarrois et les Anglais réunis achevèrent de détruire ce château et le brùlèrent entièrement. Le continuateur de Guillaume de Nangis, né à Venette, écrit qu' en 1368, le dommage causé à ce palais n' était pas encore réparé. Charles V y fit des travaux assez considérables, les murs de ce second édifice subsistaient encore au milieu du XVIIIe siècle, sous le nom de Grand Pignon. Ils ont été démolis depuis. L histoire fait mention du camp de Pépin placé à Verberie.
 Au mois de juin 850, Charles le Chauve y convoqua une cour plénière, un concile eut lieu dans cette commune en 853.
Étélulphe, roi d' Angleterre, à son retour de Rome, épousa Judith, fille du roi Charles le Chauve dans le palais de Verberie le 1 octobre 856. Hincmar, archevêque de Reims, leur donna la bénédiction nuptiale. Les prières qu' il prononça ont été conservées (V Baluz chap II p 310), elles prouvent qu' on tendait le voile sur les époux, qu' on passait l'anneau au doigt et qu' on faisait un présent.

Concile à Verberie par le roi Charles le Chauve en 863, autre concile en 866. Le roi Eudes, en 892, y tint l' assemblée des grands de la nation, Philippe le Bel était dans cette commune au mois de mars 1308. Les rois de France ont presque tous habité Verberie, Philippe le Long y fit un voyage en 1320, le roi Jean s' y rendit en 1350 et en 1351. CharlesV date une de ses ordonnances de Verberie 1375.











* Le patrimoine à Verberie
http://www.ville-verberie.fr/tag/patrimoine/


* Le patrimoine religieux de la ville
http://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices




La ville de Verberie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Verberie

http://www.ville-verberie.fr/









Fiche historique. Les donjons. Boran-sur-Oise

















 



۝   Le donjon de Morancy,  à Boran sur Oise.










En face de la magnifique forêt de Chantilly, à l’endroit où vient mourir la falaise du Thelle, s’étend, parallèlement à la rivière de l’Oise, la bourgade de Boran. Le lieu est un des plus anciennement connu de la Beauvaisis, Boran-sur-Oise est située au Sud du département de l'Oise, à la limite du Val-d'Oise, sur la rive droite de l'Oise.
Boran hérita de sa forteresse, la forteresse de Morancy qui est née  au Moyen Âge, un seigneur local avait élevé un château avec un donjon à la croisée des chemins menant à Précy-sur-Oise et à Morancy-la-Ville. Cette forteresse surveillait également la route descendant vers un gué de l’Oise, déjà utilisé à l’époque romaine.










Dénomination : Donjon 

Localisation : 60820, Boran sur Oise, département de l'Oise.

Région : Hauts-de-France (Picardie)


Anciennement : Donjon 
Année de construction :  XIII e Siècle.

Année de destruction ou démolition du donjon : XVe siècle








Architecture : 


Édifice en forme de tour flanquée par une tour cylindrique pourvue d'archères. Porte au rez-de-chaussée. Nombreuses fenêtres géminées à l'étage, à deux baies barlongues surmontées d'un tympan sous arc ogival, avec linteaux évidés de trilobes et oculus quadrilobé.

Rez-de-chaussée voûté de 4 travées sur croisées d'ogives retombant sur un colonne centrale.  Le manoir est d'une forme presque carrée, s'élève sur quatre niveaux et est couvert d'un toit à quatre versants. L'extrémité Nord-Ouest est flanquée par une tour d'escalier ronde, percée d'étroites meurtrières.
Rez-de-chaussée voûté de 4 travées sur croisées d'ogives retombant sur un colonne centrale.

Le premier étage (si l'on ne compte pas l'entresol); est l'« étage noble », avec des fenêtres géminées rectangulaires surmontées d'un oculus et circonscrites par désembrasements en tiers-point de la muraille. À l'intérieur, des bancs sont ménagés dans l'épaisseur des murs.

Le rez-de-chaussée; l'entresol et le second étage ne comportent que des petites fenêtres rectangulaires, dont une grande partie est bouchée. Au niveau du second étage, elles se succédaient initialement à courtes intervalles, ce qui n'est pas sans évoquer un chemin de ronde. Les trois portes extérieures sont toutes de petites dimensions .


Au Moyen Âge, un seigneur local a élevé un château avec un donjon à la croisée des chemins menant à Précy-sur-Oise et à Morancy-la-Ville. Cette forteresse surveillait également la route descendant vers un gué de l’Oise, déjà utilisé à l’époque romaine. Le site a livré un habitat installé dans un enclos semi-circulaire délimité par des fossés.
Cet habitat, qui présentait des traces d’incendie, a été reconstruit et agrandi deux fois au cours du XIIe siècle.

Le bâtiment principal mesurait 11,25 m de long sur 6,75 m de large.
Au rez-de-chaussée, se trouvaient une salle et une cuisine, avec un foyer aménagé directement sur le sol en terre battue. La cuisine a livré des céréales et des fèves carbonisées, de la vaisselle peinte, ainsi qu’une monnaie d’argent battue à Beauvais.
Dans la cour, on a découvert une cave et de nombreuses petites fosses dépotoirs. Cet habitat a été rasé et reconstruit à proximité immédiate au XIIIe siècle. Il était alors constitué de plusieurs édifices, dont deux bâtiments allongés et en partie enterrés.
Non loin de là, les vestiges d’un four à chaux, avec ses rejets de combustion, ont été découverts. Au XVe siècle, les pierres de ces bâtiments ont été récupérées pour en construire d’autres, en bordure d’un nouveau chemin, tandis que l’ancien espace bâti était reconverti en terres agricoles.




Matériaux : Pierre




Historique :
La forteresse de Morancy est née  au Moyen Âge, un seigneur local avait élevé un château avec un donjon à la croisée des chemins menant à Précy-sur-Oise et à Morancy-la-Ville. Cette forteresse surveillait également la route descendant vers un gué de l’Oise, déjà utilisé à l’époque romaine. Le site a livré un habitat installé dans un enclos semi-circulaire délimité par des fossés. Cet habitat, qui présentait des traces d’incendie, a été reconstruit et agrandi deux fois au cours du XIIe siècle.

Au XIIIe siècle, cet habitat a été rasé et reconstruit à proximité immédiate au XIIIe siècle. Il était alors constitué de plusieurs édifices, dont deux bâtiments allongés et en partie enterrés. Non loin de là, les vestiges d’un four à chaux, avec ses rejets de combustion, ont été découverts.
La forteresse a joué un grand rôle dans le cours du moyen âge, XIVe siècle, a été démantelée sous Louis XI. 












* Sur la base Mérimée
http://www.culture.gouv.fr/









Le château





















lundi 28 décembre 2015

Fiche historique, les édifices. Ivry-la-Bataille































Fiche N° 1





"Palais-Tour"





Ivry-la-Bataille est une commune française située dans le département de l'Eure en région Haute-Normandie toute proche d'Anet, vraiment à la limite du département de l'Eure-et-Loir, à 15-20 kilomètres à vol d'oiseau de Mantes-la-Jolie.
Les ruines encore visibles à Ivry, nous emmènent vers le « palais-tour », sa création à la charnière entre le premier et le second millénaire constitue le premier geste architectural majeur connu du Moyen-âge dans notre région, mais sa portée dépasse largement celle-ci, au point d' être considéré comme un véritable prototype pour certaines grandes tours maîtresses « intégrées », bâties par les grands dignitaires de l'époque.











Dénomination : Forteresse


Localisation :  27540,  Ivry-la-Bataille, département de l'Eure.

Région : Normandie


Année de construction : XIe  Siècle

Matériaux : Pierre













La création du « palais-tour » d‟Ivry, à la charnière entre le premier et le second millénaire constitue le premier geste architectural majeur connu du Moyen Âge dans notre région, mais sa portée dépasse largement celle-ci, au point d'être considéré comme un véritable prototype pour certaines grandes tours maîtresses « intégrées », bâties par les grands dignitaires de l'époque. Il est cependant nécessaire de mettre en perspective l'analyse architecturale pour mieux évaluer cet impact . Datation de la tour d’Ivry Il semble clair que l'édifice, avant sa modification au tout début du XIIIe siècle, résultait de deux phases de construction successives. Or il n'est pas sans importance que la seconde de ces deux phases ait consisté à enterrer partiellement et surélever un édifice antérieur qui avait un caractère peut-être résidentiel. 
Ce premier édifice était une grande salle palatiale pourvue en équerre d‟une chapelle ; on ignore sa hauteur primitive, mais rien n' atteste vraiment, dans les restes actuels, qu'elle ait eu plus qu'un rez-de-chaussée, même si ceci peut étonner. Pour nous, ce n'est que dans la seconde phase que cet édifice devint une tour rectangulaire « intégrée », présentant un chevet saillant pour la chapelle, dont seule la nef fut absorbée par l‟extension et l'intégration des fonctions dans un unique volume prismatique.

Ivry-la-Bataille fut-elle la « tour-mère » pour les grands édifices anglo-normands ?
E. Impey a montré en tout cas que selon toute probabilité, elle inspira largement la Tour Blanche de Londres, mais il a souligné également que la disparition d'un trop grand nombre d'entre eux oblige à considérer l'hypothèse avec prudence. On y ajoutera le fait que, si l'on considère comme acceptable l'enchaînement de coïncidences selon lequel la tour de Pithiviers figurée vers 1800 serait l'édifice bâti par l'architecte Lanfroy, le concept développé à Ivry ne serait alors qu'un succédané de celui déjà mis en œuvre à Pithiviers ; la représentation extrêmement fidèle qui nous en a été conservée semble prouver, à tout le moins, qu'il s'agissait d'un bâtiment unitaire, où la tourelle saillante faisant corps avec le reste de la maçonnerie. On en viendrait alors à proposer que la tour d'Ivry résulterait d'une adaptation du modèle de Pithiviers au palais à chapelle déjà présent sur le site préalablement. Mais on est ici dans le domaine de la pure spéculation, tant les hypothèses se révèlent fragiles à l'examen.

La première mention qui en soit faite au moyen-âge est une donation de Richard I, duc de Normandie, à Raoul, comte de Bayeux. Albereda, femme de Raoul, fit bâtir sur la crête de la montagne qui domine au loin la vallée une forteresse qui fut une des plus puissantes et des plus fameuses de l' époque.


Quelques dates:

* Vers 1030 Hugues, évêque de Bayeux, fils du comte Raoul,  ayant mis une garnison se défendit contre le duc Robert et ne se rendit qu' après un long siège.

* Le domaine d Ivry fut attribué par Guillaume le Bâtard à Roger de Beaumont son échanson qui en 1071 fonda, au-dessous du château, un monastère de l' ordre de Saint-Benoit.

* En 1088 Robert Courte Heuse força Roger à prendre Brionne en échange d' Ivry qu' il remit à Guillaume de Breteuil, celui-ci se laissa enlever sa forteresse à deux reprises par Ascelin Goël seigneur du château de Bréval, il assiégea son ennemi qui incendia le fort, l' abbaye et l' église et ne livra à Guillaume qu' un monceau de ruines.

* En 1119 Henri I, roi d' Angleterre, tenait une forte garnison dans le château d' Ivry, Louis le Gros vint l'assiéger et s'empara de cette place.

* En 1188, Jean sans Terre poursuivi par Philippe Auguste et provoqué au combat s' enfuit à Ivry, Philippe prit ce château en 1193.

* Pendant les guerres anglaises Talbot vint en 1418 assiéger Ivry, prit d' assaut la ville et força le château à capituler, la butte sur laquelle était placée l' artillerie de siège portait encore au XIXe siècle  le nom de Butte Talbot.

* En 1424 le duc de Bedford à la tête de mille hommes vient de nouveau assiéger Ivry que les Français avaient repris et s'en empara.

* Dunois fait rentrer ce lieu sous la domination de Charles VII en 1449 et démolit les fortifications.

* En 1553 Diane de Poitiers acheta Ivry en même temps qu' Anet.

* Les calvinistes pillèrent l' abbaye en 1563 et détruisirent l' église qui fut relevée six ans après. Mais Ivry doit toute son illustration à la bataille livrée depuis par Henri IV au duc de Mayenne, chef de la ligue. Ce fut le 14 mars 1590 que les adversaires se trouvèrent à la tête de leurs principales forces.

Fiche Historique, les Châteaux. Le Château de Quierzy
























Armoirie du Royaume de France

 







۝   Le Château de Quierzy, à Quierzy.












Traversée au Nord par l'Oise, Quierzy est une commune du département de l'Aisne située à l'Ouest dans la région Hauts-de-France, entre Noyon et Chauny. Ancienne villa royale aux temps des Mérovingiens puis palatium impérial avec les Carolingiens, capitale de France durant deux siècles, c'est maintenant un paisible village. 
Somptueux palais, connu à la fin du IXe siècle, Quierzy, comme Servais, Caisne, etc..., de même que Compiègne, constituaient les plus beaux, les meilleurs domaines de leurs seigneurs.












Dénomination : Château, palais


Localisation :   02300, Quierzy, département de l'Aisne.

Région : Hauts-de-France (Picardie)


Année de construction : Ier siècle (Palais mérovingien),  
IX e Siècle (le palais "moderne")






L'architecture : 
Quierzy, Servais, Caisne, etc..., de même que Compiègne, constituaient leurs plus beaux, leurs meilleurs domaines. C'est là que se trouvait le centre vers lequel il était pour ces rois, non seulement agréable, mais nécessaire aussi de le graviter.

Funérailles d' un grand prince, consécration de la puissance temporelle des papes, ordonnances et capitulaires, fêtes religieuses célébrées par le souverain en société avec le chef suprême de l' Eglise universelle, conseils de guerre, conciles ecclésiastiques, discussions théologiques, examen d' évêques, noces royales, sacre et couronnement, chasses princières, campement militaire, établissement ou au moins naissance de l' hérédité des fiefs et pour qu' il ne reste à désirer aucune espèce d' intérêt, malheurs et désastres.
Ce somptueux palais, connu à la fin du IXe siècle le sort commun à toutes les maisons royales de la contrée ; les Normands le pillèrent et le dévastèrent. Dépouillé de ses commodités et de ses agréments, il fut abandonné par ses possesseurs à des châtelains qui en prirent le nom et y élevèrent une forteresse dont on voit encore les restes sur la rive droite de l' Oise.
Quant à l' emplacement de la villa Regia tout a disparu, on s' expliquerait difficilement une destruction aussi complète si Fortunat, écrivain du Ve siècle, qui nous a donné quelques détails sur les monuments de son temps, ne nous apprenait que ces sortes d' habitation étaient loin d'avoir l'aspect militaire des châteaux du moyen-âge. Ils formaient de vastes bâtiments entourés de portiques d'architecture romaine, ornés de sculptures élégantes, mais tout était construit en bois.

Autour du principal corps de logis se trouvaient, dispersés par ordre, les logements des officiers du palais, soit barbares, soit romains d'origine, et ceux des chefs de bandes qui, suivant la coutume germanique, se mettaient avec leurs guerriers dans la truste du roi. D' autres constructions de moindre importance se groupaient aussi autour de la résidence royale, c'étaient des bâtiments d'exploitation agricole, des haras, des bergeries, des granges, puis des cabanes pour les gens de métiers et les serfs du domaine. Il est probable cependant, que les constructions du palais de Quierzy n'étaient pas toutes en bois, car elles furent établies sur l'emplacement d'une villa romaine. On sait que les Mérovingiens laissèrent subsister ces établissements partout où ils les rencontrèrent, et que, souvent même, ils les utilisèrent à leur profit. La position romaine se retrouve à Quierzy, tout près du village, à l' Est vers Manicamp, sur les bords de la prairie au lieu-dit la Caplette Capella.
Là, sur une certaine étendue, le sol, légèrement renflé, montre de nombreux débris de la grande époque historique. Des fouilles, faites le 5 octobre 1852, mirent à jour des vestiges de charbons, des débris osseux, des portions de vases en terre cuite noires et rouges, des tuiles épaisses et à rebords, et enfin des cubes de mosaïque et des fragments d'une sorte de stuc poli et peint à fresque. On peut supposer, avec quelque vraisemblance, que le palais de Charlemagne comprenait ce lieu-dit dans son enceinte, et qu' il s'étendait vers l' Ouest sur l'emplacement du village actuel. La chaussée traversait les larges prairies de la vallée d' Oise, à l' Ouest de Quierzy, sur plusieurs ponts dont on a retrouvé la place à diverses époques, et particulièrement lors de la construction du canal latéral. La chaussée arrivait ensuite au hameau de Stay, dépendance d' Appilly, département de l' Oise.

Un souterrain, dont les traces auraient été constatées, dit-on, près du château, reliait le monastère à la Villa royale, en passant sous l'Oise et l'Ailette.
Le monastère fut ruiné par les Normands, en même temps que le château et le village de Quierzy. Sur ces ruines s'éleva, vers le XIIe siècle, une très belle église ou chapelle, d'où le nom de Capelette, construite par les seigneurs de Chérisy, sous le vocable de la Très Sainte Vierge Marie. Cette église servit longtemps aux habitants de Quierzy et Manicamp, jusqu'à l'époque de la Jacquerie, très probablement, où elle fut démolie.
C'était au XlVe siècle. Les habitants de Quierzy trouvèrent asile dans l'église de l'abbaye de Quierzy, tandis que ceux de Manicamp profitèrent de l'église construite par les seigneurs de Manicamp près de leur château. 





Matériaux : Pierre. 





Historique :


La demeure actuelle fut rebâtie au XVe siècle sur la forteresse des évêques de Noyon auxquels Hugues Capet avait cédé le domaine. Le château qui ouvre ses portes à l’occasion des Journées du Patrimoine reste cependant un bel exemple d’architecture médiévale :  la tour Roland située à l’entrée du site est datée du XIIe siècle, elle se veut caractéristique du style carolingien et a été partiellement restaurée.
Le jardin a été réaménagé par les propriétaires pour correspondre aux critères de l’époque, c’est-à-dire un clos utilitaire où es plantes alimentaires côtoient les herbes médicinales. Le rez-de-chaussée du logis est lui aussi resté dans son jus. Derrière une façade Renaissance, il propose la salle des Gens d’Arme ainsi qu’une magnifique chambre avec lit à baldaquin et tapisseries.


Place royale, capitale de France durant deux siècles, Quierzy possèdait un château, dont les premières évocations remontent au XIe siècle, mais lui aussi, malgré son emplacement, près de la route, demeure invisible, dérobé au regard par la végétation.

Frédegaire appelle Quierzy « Carisiacus villa palatii », le poète Saxon Carisiacus l'appelle villa regalis, l' auteur de la vie de Louis le Débonnaire « Carisiacus villa regia Eginard ».

Il est certain que les rois de la première race ont occupé le palais de Quierzy avant le temps où les monuments historiques commencent à en faire mention. Le document le plus ancien date de 686 sous le règne de Thierry III.
Il y avait à Quierzy, comme à Vic-sur-Aisne, un port et un hôtel des monnaies entretenus par les premiers successeurs de Clovis. Templeux a fait graver dans une de ses descriptions géographiques la figure d'une monnaie d'or de sept lignes de diamètre, qu'il dit avoir été frappée à Quierzy sous les premiers rois de Soissons. On remarque d'un côté une tête avec le mot Carisico « Cari siaco suivant Blaeu », on voit de l'autre un monogramme en forme de croix avec le mot Nolea ou Nolenda. C'était apparemment le nom du monétaire.


741 Charles Martel étant tombé dangereusement malade à son château de Verberie se fait transporter dans celui de Quierzy où il meurt le 22 octobre.
753 Pépin choisit le palais de Quierzy pour y passer la fête de Pâques. Ce qui prouverait que ce château était alors l'un des plus considérables qu'il y eût en France.
Charlemagne vit démolir une tour antique qui portait encore le nom de tour de Roland.
C'est en 806 que le grand capitaine donna son nom à cette tour qui a été depuis considérée comme le principal fief Roland n'est pas, suivant quelques-uns, un héros imaginaire puisqu'on lui attribue la fondation de Saint-Marcel à Paris.

De Charlemagne à Charles le chauve, ce palais acceuilla un grand nombre de souverains ; de 764 à 883, le château de Quierzy reçoit et tient les conciles, les états du royaume, les assemblées, le parlement.
.









Descriptif du Château:


* Un document archéologique sur le château
http://www.persee.fr/doc/pica_0752-5656_1985_num_1_1_1467


* Un document sur la ville, la motte, le château
http://dvole.free.fr/quierzy/q1.htm


* Un document sur le château
http://www.lepoint.fr/histoire/quierzy-capitale


* Un document issu de la base mérimée
http://www.culture.gouv.fr/


 * Un document sur la ville de Quierzy issu du comité archéologique et historique de Noyon
http://memoires-du-chaunois.pagesperso-orange.fr




La ville de Quierzy

https://fr.wikipedia.org/wiki/Quierzy

http://www.quierzy02.fr/







NOTICE SUR L' ANCIENNE RÉSIDENCE ROYALE DE QUIERZY
Oise
Par M de la FONS baron de MELICOCQ Membre non résidant




























vendredi 11 décembre 2015

Fiche historique, les châteaux-forts. Santeny






















Fiche N° III





 





۩   Le Château-fort de Santeny,  à Santeny.





La commune de Santeny fait partie du plateau Briard, traversée par la rivière le Réveillon elle est bordée au Nord par le Bois Notre-Dame et est située à 25 kms au sud-est de Paris.
Dans le département du Val-de-Marne, proche de Brie-Comte-Robert et la forêt de Sénart, Santeny petite ville d'à peu près 4000 habitants fut place forte au moyen-âge, le château-fort appartenant au chevalier Bataille qui était en poste sur la commune, fut racheté en 1292 par l'ordre des templiers. 
La disparition du château-fort entraîna la construction d'un château au XVIIIe siècle qui après quelques modifications, nous apparaît ainsi maintenant.












Dénomination : Château-fort, puis commanderie et château


Localisation :  94440,  Santeny, département du Val de Marne

Région : Ile-de-France


Année de construction :   Achat du château-fort au XIIIe siècle,
construction du château actuel au XVIIIe.







Architecture : 

Le château actuelle nous parvient après quelques modifications architecturales : l’aile Ouest est supprimée en 1810 (cadastre) et l’on modifie toitures et façades vers 1920 (ouvertures, lucarnes, chaînes de pierre). 
Gros-oeuvre : calcaire ; pierre de taille ; enduit couverture (matériau)
Toiture: ardoises ; tuiles plates plan : plan symétrique couverture (type) : toit à longs pans brisés ; toit à longs pans ; croupe ; pignon couvert escaliers. 
Escalier dans-oeuvre ; escalier tournant à retours avec jour ; escalier demi hors-oeuvre ; escalier en vis propriété privée date protection MH : 1982 site inscrit type d'étude : inventaire topographique



Pour ce château
Matériaux: 4 types de matériaux composent le gros oeuvre; le calcaire, l'enduit, la pierre de taille, la pierre.
On remarque 6 types de couverture différents; un toit à longs pans, croupe, pignon couvert, toit à longs pans brisés, pignon.
Matériaux (de couverture) : 2 types de matériaux de couverture entrent en jeux dans le couvrement de cet ensemble, l' ardoise et la tuile plate.

Périodes de construction : 4 différentes époques marquent l'histoire du lieu, les XIIIe siècle, XVIIIe siècle, 2e moitié du XVIIIe siècle, XXe siècle.






Matériaux : Moellons, Pierre





Historique :

En 1292, achat du château-fort appartenant au chevalier Bataille par l'ordre des templiers. Suite à la dissolution de l’ordre des Templiers, le domaine revient aux chevaliers de Rhodes au début du XIVe siècle, qui deviennent en 1530 les chevaliers de Malte. 


Tours, fossé, pont-levis attestés au XVe siècle.

En 1732, cette possession est achetée par Germain-Louis Chauvelin, garde des sceaux qui fait démolir le château-fort pour la construction d'un nouveau château après 1740 (Delagrive) au Nord du précédent qui correspond au goût du XVIIIe siècle. À Santeny, Pierre Maréchal, membre d'une famille éminente de la région, donne ses biens au prieuré du Temple. Mais la demeure est trop modeste pour les moines-soldats, banquiers des papes et des princes.




 En 1292, ils achètent au chevalier Guillaume Bataille un château-fort, situé sur une île baignée par le Réveillon, pour en faire leur commanderie. Les nouveaux seigneurs de Santeny s'installent. Cette puissance croissante n'est pas un fait isolé dans le royaume, et ne manque pas d'inquiéter Philippe IV le Bel qui décide en 1307 d'y mettre fin, et de résoudre ainsi les problèmes financiers de la couronne, en s'appropriant la fortune des chevaliers du Temple. L'ordre est dissous en 1312, et un simulacre de procès condamne au bûcher le grand maître Jacques de Molay en 1314. Leurs biens et possessions sur Santeny passent alors entre les mains des chevaliers de Rhodes, qui deviendront en 1530 chevaliers de Malte. Seigneurs de Santeny, installés sur les traces de leurs prédécesseurs, leur puissance émoussée ne manquera pas d'être concurrencée par celles des tenants des fiefs locaux qui se multiplient. Le pouvoir à Santeny se déplace. Il ne reste rien aujourd'hui de la commanderie des Templiers sinon le site, planté de platanes, dans une propriété privée.

Origines du nom de Santeny

Les explications divergent : un abbé Lebeuf aurait utilisé le nom romain Centenius, tandis qu'un ancien maire de Santeny, M. Leseur, explique que le village aurait servi de base à une centurie romaine, et donc commandée par un centurion. Sanctus Antonius serait une autre origine possible. Au XIIe siècle, des bois, des terres et des fermes furent donnés aux Templiers en guise de récompenses pour leurs exploits durant les Croisades. Il semble que cet ordre ait régné pendant près de deux siècles à Santeny.












* Le patrimoine de Santeny
http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee

* Santeny sur le site du ministère de la culture (description du château-fort)

http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire



La ville de Santeny
https://fr.wikipedia.org/wiki/Santeny

http://www.mairie-santeny.fr/





































mercredi 9 décembre 2015

Fiche historique, les châteaux-forts. Louvres






















Fiche N° IX




 



۩   Le Château-fort d'Orville,  à Louvres.









Le site d’Orville se trouve à 900m de Saint-Rieul, en plaine de France, proche de Roissy Charles de Gaulle, à la limite du département de l'Oise. Le site s’étire longuement en bordure de la vallée du ru du Rhin, bordé par un chemin – l’Avenue du Prélay - variante au tracé de la voie romaine Paris-Senlis qui vient rejoindre le bourg de Louvres à proximité de l’ancienne nécropole. Louvres posséda son château féodal qui fût détruit pendant la guerre de cent ans. Le château d’Orville est une petite place fortifiée qui comprenait deux tours-portes permettant l’entrée dans le château, des remparts et des douves sèches entourant le tout.














Dénomination : Château-fort


Localisation :  95380,  Louvres, département du Val d'Oise.

Région : Ile-de-France


Année de construction :   VII-Xe siècle époque Carolingienne, X-XIe époque féodal.










Architecture : 

Le château d’Orville est une petite place fortifiée qui comprenait deux tours-portes permettant l’entrée dans le château, des remparts et des douves sèches entourant le tout. On a découvert à l’intérieur de cette enceinte un logis seigneurial accompagné de caves en sous-sol. Certaines de ces constructions ont été réalisées grâce aux blocs de pierres extraits de la carrière toute proche, et dont on peut toujours observer un accès dans les douves de la forteresse.
 Les murs carolingiens (VIIe-Xe siècle), étaient formés de moellons, avaient une forme trapézoïdale de 80 m par 8, la construction maçonnée était proche d'une construction similaire à Blandy-les-Tours. Il possédait un pavillon rectangulaire.
La courtine possédait des murs d'une épaisseur de 1,40m au XIIe siècle, qui s'agrandirent à 2m et la hauteur de 6m passa à 8m.

 Le mur d'enceinte était épais de 3m, possédait un dédoublement de pan, une base d'observation de 4m sur 2,50m dans l'angle du rempart avait été construite. L'enceinte est bordée d'un fossé entourant le château, la poterne Nord était plus ancestrale que les fossés, datait du XII-XIIIe. 
Un pavage Nord-Sud d'un chemin intérieur éxistait.

 La levée de terre (ce sont des digues formées de déblais de creusement des douves, en prolongement de la contrescarpe) s’intègre dans un ensemble d’aménagement à des fins défensives du château. Elle fut construite entre le XIII et XVe siècle - un fossé intérieur en eau - une muraille à contrefort.

 La cave est couverte d'une voûte cintrée consolidée par 4 arcs doubleaux. Sa construction est très soignée, les pierres ont été taillées et jointoyées avec précaution. Les murs et la voûte sont recouverts de nombreux graffitis qui ont fait l'objet d'un relevé photographique complet. Notons enfin que cette cave était presque totalement obstruée par du remblai lors de sa découverte.

 L’occupation est continue du VI-VIIe siècle jusqu'au XVe, l’habitat ouvert devenant un site aristocratique fortifié puis un château-fort détruit pendant la guerre de Cent Ans, permet de suivre les évolutions et les mutations de cet habitat durant l’ensemble du millénaire médiéval.

*Une campagne de fouille 2004 effectué par l'Inrap
Elle correspond à la septième année de fouilles ou de diagnostic consécutifs sur le site "Le Bois d'Orville à Louvres. C'est également l'année médiane de l'échéance de la fouille programmée tri-annuelle.

Le rapport présenté ici est donc un document intermédiaire : il fait part du déroulement de la fouille et des autres activités effectuées sur le chantier, et présente l'avancée de la réflexion sur les différents domaines abordés par l'opération. Cette dernière intervention a donc permis plusieurs avancées déterminantes dans la compréhension de la genèse et de l'évolution du site castral.

Côté tour-porte, la fouille du fond de fossé a livré des informations supplémentaires sur la logique d'approvisionnement en matériaux des campagnes de construction de la fin du XIVe et du XVe siècle puisque le banc extrait lors du recreusement du fossé est celui mis en oeuvre dans les élévations de la tour. L'édifice, mal conservé sur la plate-forme, a toutefois livré des données suffisantes pour permettre une restitution de son plan. Le mobilier, issu du fond du fossé et scellé par l'effondrement de la tour, s'avère riche en informations sur les dernières décennies de vie du château. Il correspond à une période historique souvent mal caractérisée, le premier tiers du XVe siècle. Mais les données les plus spectaculaires viennent du côté opposé, l'angle sud-est, où la baisse de la nappe phréatique consécutive à la sécheresse 2003 a permis d'atteindre des niveaux de murs en pierre de taille conservés. Ces derniers permettent de mettre en perspective l'ensemble des données recueillies depuis trois ans pour aboutir à un schéma d'évolution entre la période carolingienne et le XVe siècle. La campagne d'archéologie expérimentale s'est poursuivie avec la réalisation de la charpente du grenier.




Matériaux : Moellons, Pierre





Historique :

 - Xe-XIe siècle : construction à la place du village d’une maison de plus grande taille, en forme de L

- 1385 : Charles VI donne au seigneur d’Orville l’autorisation « de fortifier de murs et de fossés sa maison d’Orville », pour le château situé à l’Est des premiers habitats.

- 1400-1405 : premières mentions écrites de la carrière de calcaire d’Orville.

- 1437 : prise du château par les Anglais.

- 1438 : destruction du château par les troupes françaises afin d’empêcher une nouvelle occupation anglaise.

 Les plus anciennes traces d'occupation du site remonte au VIIe siècle : il s'agit d'un regroupement d'habitations, d'exploitations agricoles et artisanales sous la forme de bâtiments en bois et torchis. Le site, situé au niveau de l'actuelle Francilienne, est occupé jusqu'au Xe siècle. En 1385, Charles VI donne au seigneur d’Orville l’autorisation « de fortifier de murs et de fossés sa maison d’Orville », sur le site actuel du château. En 1437, au cours de la Guerre de Cent Ans, le château est pris par les troupes anglaises, puis repris par les Français et aussitôt détruit en 1438.


 Orville : évolution et organisation de l’habitat ouvert (VI-XIe s.).

 L’occupation mérovingienne est surtout représentée par des fonds de cabanes répartis sur l’ensemble de la parcelle. La majeure partie de cette occupation est attribuable aux VII-VIIIe siècle mais quelques structures sont plus anciennes (VIe s.). Si un habitat sur poteaux plantés associé est perceptible, les plans sont plus malaisés à restituer : un seul bâtiment appartient à coup sur à cette période et deux autres le sont de façon hypothétique. Une nécropole mérovingienne liée à ce site a été découverte anciennement par des carriers (1850), celle-ci a pu être localisée précisément 300 mètres à l’Est de l’habitat d’Orville grâce aux plans d’exploitation des carrières. D’après la description elle comportait des sarcophages de pierre et des sépultures avec mobilier.

 Une rupture dans l’organisation de l’habitat semble effective dès le IXe siècle avec l’apparition de plusieurs bâtiments sur solins de pierre et une organisation plus orthogonale de l’établissement ménageant un espace central divisé en parcelles, où se regroupent diverses activités . Le caractère aristocratique de l’habitat n’est pas prouvé à cette période, mais la présence de plusieurs bâtiments à fondations de pierre et leurs dispositions régulières pourraient le suggérer. La mise en œuvre de grands fossés et d’un mur-terrasse pour organiser l’espace suggère une partition de l’habitat entre la cour décrite plus haut et un bâtiment en pierre situé à l’emplacement du château médiéval, mais seulement en partie conservé.

La situation devient plus nette aux Xe-XIe siècles : la cour se réorganise autour d’un grand bâtiment sur poteaux, formé de deux ailes disposées perpendiculairement en L. Cette disposition a été observée à Villiers-le-Sec pour un bâtiment de la fin de l’époque carolingienne. Il s’apparente, par sa dimension, également à la construction principale du site de Serris pour la même période. Ce bâtiment possède un foyer. Un fragment de verre plat suggère la présence d’ouvertures vitrées et la mise en œuvre de solins complète, l’architecture sur poteaux plantés. Le fossé limitrophe avec la parcelle du château est désormais comblé, mais d’autres constructions à fondations de pierre (Xe s.) dégagées partiellement, existent également un peu plus à l’Est à l’emplacement du château médiéval, notamment sous futur corps de logis seigneurial occupé au plus tard à partir du XIIe siècle. Un extension de l’habitat vers l’ouest, toujours sur le même versant de la vallée, a été mise en évidence lors d’un diagnostic effectué en 2000, montrant un étirement considérable du site au plus tard bien attesté au X-XIe siècles mais peut être dès la période carolingienne. La variété des modes de construction à Orville : poteaux plantés, sablières, solins et murs nous a conduit à développer une recherche spécifique dans ce domaine, en relation également avec les données des sites voisins, et à mettre en œuvre une démarche d’archéologie expérimentale de matérialisation d’hypothèses de reconstruction de bâtiments (fond de cabanes et greniers)




Une tour-porte du Château












* Un rapport d'activité de 2012, du service de l'archéologie régionale de l'ile-de-France
https://docs.google.com/file/d/0B1sEQSob9lAgZG1fY1Y3aEo4RVU/edit 


* Une vue générale du site
http://www.archea-roissyportedefrance.fr/Archea-et-ses-poles/Site-d-Orville


* Orville sur le site du ministère de la culture http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire


* Le château d’Orville à Louvres (Val-d’Oise) : évolution d’une vallée, d’un habitat, d’un édifice : trois manières d’appréhender la durée dans le cadre d’approches pluridisciplinaires 
http://medieval-europe-paris-2007.univ-paris1.fr
https://journals.openedition.org/archeomed/15179

La tour-porte du château d'Orville en photo
http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/



La ville de Louvres
https://fr.wikipedia.org/wiki/Louvres 

http://www.ville-louvres.fr