samedi 13 janvier 2018

Fiche Historique, les Châteaux-Forts. Trappes




















Fiche N° XVIII




 



۩   Le Château de Trappes, à Trappes

Saint-Quentin-en-Yvelines, cette grande agglomération située au nord du département des Yvelines englobe Trappes, entre Versailles et Rambouillet, deux châteaux royaux, non loin de Saint-Cyr,  Trappes acceuilla son château-fort, ancien château (de Trappes), dans la ville fortifiée (villa muralis ),  il datait du XIIe siècle ou XIIIe siècle. Trappes au moyen-âge était bordé de forêt, avec le temps, elle laissa place à la ville, à cette ville que l'on connait actuellement.














Dénomination : Château-Fort 


Localisation :  78190, Trappes, département des Yvelines


Région : Ile-de-France


Année de construction : XII ou XIIIe siècle





L'Architecture

L'ancien château, dans la ville fortifiée (villa muralis ) de Trappes, datait du XIIe siècle ou XIIIe siècle. Il fut la propriété du Monastére Notre Dame d'Argenteuil, de l'Abbaye de Saint-Denis puis des dames de la Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr. Il sera transformé en ferme dès la fin du XVIIe siècle. Ce château était constitué de plusieurs corps de logis avec une cour au milieu, fermée de murs et flanqué de onze tourelles (la dernière tourelle surmontant l'entrée est abattue vers 1920), entouré de fossés remplis d'eau avec un pont-levis. Le porche de l'entrée donnait sur la place du four banal, utilisé par la population locale pour cuire son pain contre une redevance payée au seigneur, vassal des Abbés de Saint-Denis.

La ferme du château de Trappes est une ancienne ferme implantée sur les ruines du château. L’ensemble des bâtiments, avec ses anciennes douves (que l'on devine encore, rue du Martray), ses lieux de stockage et ses logis d’habitation pour les fermiers et leurs employés constitue un exemple représentatif d’architecture rurale, aujourd'hui transformée en logements et en locaux d'activités. Le porche monumental de l'entrée de l'actuel centre technique municipal est édifié à l'endroit où se trouvait le pont-levis principal du château de Trappes. Les pierres chasse-roue, placées à l'entrée du porche témoignent de l'évolution de la place fortifiée. En face, Le bâtiment d’habitation de la ferme Vaugien a été réhabilité, il accueille désormais les quatre classes de la nouvelle école maternelle Laurent Mourguet.




Matériaux : Pierre





L'histoire

C’est dans le château que s’exerçait la justice. La salle d’audience et la prison se trouvaient dans deux tourelles contigües, on localise aujourd’hui, la prison par les marques de barreaux aux fenêtres. Les décisions de justice étaient appliquées rue du Martray. Louis IX, Saint Louis passe au moins à deux reprises à Trappes : le 3 avril 1255 et le 18 avril 1259. Au XIVe siècle, Jean Rigaud, chevalier, est nommé capitaine de la forteresse de Trappes par le dauphin Charles, régent du royaume. Au cours de la guerre de Cent Ans, Trappes (Trapes) est un village occupé et pillé. Pendant les alertes, les populations de Trappes et Élancourt se réfugient au château de Trappes ou dans la ferme fortifiée de la Boissière, contre les incursions des « routiers » et des « écorcheurs ». Le « Prince Noir », Edward Plantagenet, dit Édouard de Woodstock Brackembury, en 1356, mène ses troupes au pillage de Trappes (déjà fortement ravagé par Bouchard IV de Montmorency). Pendant l'été 1358, durant la Jacquerie, Étienne Marcel et les chefs insurgés de Paris envoient des notables, Pierre Gilles, épicier, et Pierre des Barres, orfèvre, pour incendier le manoir du chevalier Jean Rigaud, capitaine de la forteresse de Trappes. En 1450, comme de nombreux villages proches, Saint-Cyr, Jouy-en-Josas, Trappes a été dévasté.

















Fiche Historique, les Châteaux-Forts. Nogent-le-Rotrou
































۩   Le Château de Nogent-le-Rotrou, à Nogent-le-Rotrou


Au centre de la triangulation Chartres-Le Mans-Alençon, Nogent-le-Rotrou, capitale du Perche, se situe dans le département de l' Eure-et-Loir, flanquée au sud du parc national du Perche, Nogent fut place forte assez tôt. Aujourd'hui château-musée, cette forteresse, après d'importantes restaurations, abrite maintenant un musée municipal permanent sur l'histoire et les traditions locales comprenant de nombreux objets utilisés par les percherons au XIXe et au début du XXe siècle. 












Dénomination : Château-Fort 


Localisation :  28 400, Nogent-le-Rotrou, département de l'Eure-et- Loir

Région : Centre Val-de-Loire


Année de construction : XI-XIIe siècle





L'Architecture

¤ Le château

Le château Saint-Jean, qui surplombe les routes de Chartres au Mans et de Châteaudun à Bellême du plateau où il est installé, a été réalisé en plusieurs étapes. Le donjon rectangulaire de 17 x 24 m de côté, en pierre, est conservé sur 35 mètres de hauteur. Il a été construit dans les années 1040, ce qui en fait l'un des plus anciens donjons de ce type encore debout en France; ses murs épais (de 3,5 m à la base et 1,50 m au sommet) et la rareté de ses ouvertures traduisent sa vocation militaire. L'enceinte circulaire et les tours datent de la fin du XIIe siècle et du début du XIIIe siècle; un fossé sec franchi par un pont-levis et la pente du terrain à l'ouest complétaient le système défensif. Entre le XVe siècle et le XVIe siècle, plusieurs constructions vinrent donner au château une fonction plus résidentielle, tandis que le donjon fut abandonné. Sans garnison à partir du XVIIe siècle, le château servit de prison à la Révolution, avant d'être vendu à des particuliers. Acheté par la ville en 1950 et partiellement restauré entre 2000 et 2004, le château abrite depuis 1959 le musée municipal. Les 155 « marches Saint-Jean » relient le château au quartier du Paty, où plusieurs hôtels particuliers de la Renaissance subsistent.

L'entrée actuelle du château est composée d'une porte et de deux tours cylindriques en pierres de taille surmontées d'une galerie couverte à mâchicoulis et couronnées par des toits coniques couverts en ardoises remonte à 1492. Marguerite Catherine et Charlotte d'Armagnac, princesses de Nemours, filles de Louise d'Anjou et de Jacques d'Armagnac, firent construire ce portail en leur qualité de dames de Nogent. Elles y ajoutèrent quelques autres bâtiments de manière à se créer un logement confortable dans les ruines de ce palais féodal que le malheur des guerres avait rendu inhabitable. A cette description, quelques détails puisés sur les lieux mêmes lors d' excursions à Nogent en 1833 et 1838 viennent se greffer. Ce superbe monument, conserve sa splendeur première  depuis des siècles, ses murailles, colossales, sont construites en matière si solide qu'en dépit de huit cents hivers qui ont passé sur leurs têtes il faudra encore plus d'un millier de siècles à la faux du temps pour le détruire si la hache et le marteau des Vandales modernes ne lui viennent en aide.
En entrant, sous le vestibule pratiqué entre les deux tours du portail, on aperçoit les portes en chêne des cachots, ou culs de basse fosse, occupant la partie inférieure des tours. Ces formidables portes sont à l'extérieur garnies de verrous en fer que ronge une épaisse couche de rouille. Au-dessus des cachots l'une et l'autre tour renferme trois chambres à feu dont chacune forme un étage. Les fenêtres modernes, rectangulaires, sont ouvertes au levant sur la grande cour d'entrée et permettent de découvrir la ville et une grande partie des riantes prairies qui l'avoisinent. Des greniers occupent la partie supérieure des tours. Après avoir franchi l'espace du vestibule resserré entre les tours, on trouve, à gauche, en entrant, la porte de l'escalier de pierre conduisant à six chambres. Cette porte est contigue à la tour de gauche. En face de l'escalier, au pied de celle de droite, l'on trouve une cuisine voûtée et fort sombre, à côté se trouve une cave également voûtée, elle est placée sous une terrasse conduisant à l'ancienne tour de Brunelles. Outre ces appartements, différentes chambres hautes et aujourd'hui sans plancher occupent la partie supérieure du grand vestibule. Malgré leur état de délabrement, on y remarque de larges et antiques cheminées dans un parfait état de conservation, elles sont ornées de têtes humaines en bas relief d'une belle exécution. Au sortir du portique, on pénètre dans la cour intérieure du château où se trouve une terrasse dont une grille en fer ferme l'entrée, un joli petit jardin la domine, un mur d'environ 1 mètre d'épaisseur les entoure l'un et l'autre. L'œil ne mesure qu' avec effroi la profondeur d'un puits qu'on remarque dans cette cour.
Le cachot, occupant sa base, servait en 1838 de magasin de poudre à la ville. Au XIXe siècle, on trouva un squelette humain maçonné à l' intérieur d' une muraille criant souvenir d' un âge féroce et barbare à quelle époque fut consommé cet acte d' atrocité surhumaine. Le onze janvier 1624, le Grand Sully acheta du prince de Condé pour la somme de trois cent vingt quatre mille livres et en outre celle de trente six mille livres pour la remise qu' il lui fit du retrait ou faculté de remérer qu' il s' était reservée, le château, domaine et seigneurie de Nogent avec Montigni Rivray Nonvilliers a Ferrière et Montlandon châlellenies en dépendant. L' ami de Henri IV avait le projet de ne reculer devant aucun sacrifices pour la restauration du vieux palais de nos comtes Rotrou où il voulait établir son domicile, mais les religieux de Saint Denis, dont les droits sur Nogent étaient presque sans bornes, employèrent tous les moyens pour faire avorter l' entreprise.

¤ Le donjon

Appelé vieux château de Nogent par le célèbre archéologe M de Caumont dans le cinquième volume de son cours d' antiquités monumentales, il offre à l' intérieur, comme la plupart des donjons de l' époque un rectangle. Ses murs, de 3.30 mètres d' épaisseur par le bas et de 33 mètres de haut, sont formés de pierres inégales noyées dans une espèce de ciment d' une dureté extrême. Les premières assisses, comme murs de construction romaine, sont formées de blocs considérables posés les uns sur les autres. L' épaisseur des murs diminue d' étage en étage et n' excède peut-être pas 1 à 1,30 mètre en haut. De larges contreforts en pierre de taille dont l' épaisseur diminue progressivement à mesure qu' ils s' élèvent, soutiennent et renforcent dans toute leur hauteur ces gigantesques murailles. M de Caumont pense que l' entrée primitive du donjon se trouvait probablement à l' ouest à l' endroit où l' on voit une porte dans le rempart. On peut reconnaître dit-il, qu' on entrait dans le donjon par une ouverture cintrée qui se trouvait de niveau avec le premier étage et que le rez-de-chaussée n' avait pas de porte. A Nogent, comme ailleurs, on descendait du premier étage dans les appartements du rez-de-chaussée, la raison de cette singularité s'explique que dans la crainte d' une surprise, pour ôter à l' ennemi tout moyen de pénétrer dans les places fortes, on évitait toujours d' accéder dans les donjons par le rez-de-chaussée. C' était continue, par le premier étage et par des ouvertures que bien des observateurs ont prises pour des fenêtres qu' on entrait dans ces forteresses soit au moyen de ponts-levis, soit au moyen d' échelles ou d' escaliers mobiles.

 Jusqu' au deuxième étage le donjon de Nogent était divisé par un mur porté sur deux arcades au rez-de-chaussée. On remarque au second étage des cheminées fortes curieuses dans les murs nord, ouest et du midi, le premier étage n' en a pas. Les conduits de ces cheminées sont étroits et carrés un mur assez mince les sépare des appartements. La trace des poutres et des solives incrustées dans les murs montre que ce donjon renfermait quatre étages. Les murs ou remparts et les fossés profonds qui composent l' enceinte du château ne paraissent pas, au moins dans leur entier, de l' âge du donjon.


¤ L'enceinte 

Elle est arrondie, elle en renferme une autre beaucoup plus petite qui formait une première cour autour du donjon. De hautes et fortes murailles servant de parapet bordent au nord, au midi et à l'ouest, les fossés ou remparts de la forteresse. A l'appui de ces murs, à droite en entrant, la tour de Brunelles avait été bâtie vers le bas, un caveau, deux chambres à feu en occupaient le haut. Près de cette tour existe une plateforme convertie depuis le milieu du XIXe siècle en écurie, dans la même direction, un peu plus à l'ouest, se voit une autre tour assez élevée, on monte sur sa plate forme par la maison du gardien située à l'angle obtus du rempart. Sur la gauche, en entrant à peu de distance du pont conduisant au portail, au pied des murs du donjon, l'on trouve les débris d'une grosse tour cylindrique probablement ruinée en même temps que le château. Les restes de ses murs ont à peine cinq à six mètres de haut, l'intérieur de sa circonférence se trouve rempli de terre que la nature, toujours en travail, s'est plu à revêtir de ronces et de graminées. Non loin de cette ruine, vers le sud-est, on aperçoit une seconde tour tronquée seulement à hauteur des remparts, enfin vers le midi on en remarque une troisième au toit conique couvert en tuiles encore bien conservée.

Continuer page 165 https://books.google.fr/books


L'édifice comporte donc une enceinte circulaire flanquée de tours, protégée côté plateau, par de profonds fossés dominés par un donjon roman rectangulaire, à cheval sur l'enceinte. L'accès est défendu par deux tours. Le donjon a perdu sa couverture, ses planchers et son crénelage. La cour a été nivelée au XIXe siècle, ce qui fit disparaître le fossé du donjon. Sur le rebord d'une terrasse intérieure, s'élève un puits du XVIe siècle, couvert par un dôme en pierre.


Le tombeau de Sully à Nogent-le-Rotrou   http://www.nogentlerotrou-tourisme.fr




Matériaux : Pierre





L'histoire

Nogent était déjà habitée à l'époque gallo-romaine : en témoignent des fours romains découverts dans la ville, ainsi que des restes de fondations à la base des murs d'enceinte du château Saint-Jean Jusqu'au XVIe siècle, une immense forêt couvrait l'essentiel de ce que l'on a plus tard appelé le Perche (région naturelle) (Pays de bois) et rendait la région de Nogent difficilement accessible. C'est seulement au vie siècle que Saint Avit, Saint-Bomer, Saint-Lomer et Saint-Ulphace évangélisèrent Nogent et sa région. Durant le Haut Moyen Âge, la forêt du Perche servit plusieurs fois de refuge aux armées. Au Xe siècle, le Perche était partagé entre les seigneurs de Chartres, de Châteaudun, de Châteauneuf, du Corbonnais et de Vendôme.

Pendant ce temps, appelée Nogentum (« nouveau peuple »), la ville se développait lentementb. Elle était protégée par un castel, plusieurs fois détruit et à chaque fois reconstruit.

En 955, Thibaut Ier « le Tricheur », comte de Blois, confia Nogent à son fidèle vassal Rotrou, premier du nom. La seigneurie de Nogent fut érigée en comté du Perche à la fin du XIe siècle. Nogent connut une croissance urbaine forte à cette époque, grâce à l'établissement de plusieurs bourgs autour du château, à la construction d'un donjon au début du XIe siècle et à la fondation par Geoffroy III en 1029 de l'abbaye bénédictine de Saint-Denis, qui devint en 1080 un prieuré clunisien.

Le château fut complété d'une enceinte au XIIe siècle, tandis que l'on commençait à fixer par écrit les coutumes du Perche. La mort du dernier comte du Perche de la famille des Rotrou, Guillaume, en 1226, entraîna le rattachement du Perche au domaine royal en 1227: le comté fut gouverné pendant 200 ans par une branche cadette de la famille royale: les comtes d'Alençon et du Perche, issus d'abord des Capétiens directs au XIIIe siècle, puis des Capétiens-Valois aux XIVe et XVe siècles. Les droits des Capétiens sur le Perche ont été apportés par Blanche de Castille, la mère de saint-Louis, qui descendait des Rotrou en concurrence avec bien d'autres : Julienne du Perche fille du comte Geoffroy II petite-fille Blanche de Navarre, épouse de Sanche III de Castille petite-fille Blanche de Castille. Un bailli fut alors établi dans le Perche, dont la capitale se déplaça progressivement vers Mortagne et Bellême. Localement, la baronnie de Nogent-le Rotrou échut à des descendants des Rotrou en lignée féminine, notamment les Château-Gontier ou les Châteaudun : en 1230, Jacques de Château-Gontier († 1263) est sire de Nogent (par sa fille Emma, † vers 1270, ses descendants se retrouvent dans les Maisons de La Guerche et Pouancé, puis de Beaumont-au-Maine (-sur-Sarthe) et de Valois-Alençon, évoqués ci-dessus). Un complexe féodal se constitue autour des seigneuries de Nogent, Rémalard, Le Theil et Préaux. Vers 1257, Jacques de Château-Gontier cède Nogent au roi Louis IX qui donne cet ensemble de seigneuries à Thibaud de Champagne-Navarre, ou à sa fille Blanche de Navarre duchesse de Bretagne (Thibaud le Chansonnier : † 1253, issu des Rotrou par son ancêtre Julienne du Perche ci-dessus, femme de Gilbert de Laigle < Marguerite de L'Aigle x Garcia V Ramirez de Navarre au XIIe siècle arrière-petite-fils Thibaud, qui était donc un parent des Capétiens et de Blanche de Castille mère de saint Louis). Vers 1262, Jean Ier le Roux de Dreux duc de Bretagne, époux de Blanche de Navarre, devient sire de Nogent et de Rémalard, et leur petit-fils le duc Arthur II épouse en secondes noces Yolande de Dreux comtesse de Montfort-l'Amaury, petite-fille de Jeanne de Châteaudun.















jeudi 11 janvier 2018

Fiche Historique, les Châteaux-Forts. Sorel-Moussel





















Armorial du royaume de France (ancien)

 







۩   Le Château de Sorel-Moussel, à Sorel-Moussel

Au XVIIe siècle


La commune de Sorel-Moussel se situe au carrefour des régions Centre, Haute-Normandie et Ile de France. Elle s'est implantée sur les plateaux, jusqu'en bordure de la forêt de Dreux et le long de la vallée de l’Eure de part et d’autre de la départementale 116 qui relie Anet à Dreux. Sur les bords de l'Eure son château-fort c'est développé vers le dixième siècle.












Dénomination : Château-Fort 


Localisation :  28260, Sorel-Moussel, département de l'Eure-et- Loir

Région : Centre Val-de-Loire


Année de construction : XIIe siècle





L'Architecture


Le promontoire de Sorel, en aval de Dreux sur l’Eure, offre une position de repli stratégique en cas d’attaque surprise. La motte qui s’y dressait probablement à cette époque (petite tour édifiée sur une élévation palissadée de bois) est un fief des seigneurs du Thymerais (Châteauneuf). Le site est progressivement fortifié par la construction d’un donjon et de remparts de pierre et devient possession de Gervais, grand sénéchal de France. Le château-fort sera malheureusement détruit au XIIIe siècle par le comte de Dreux, avant d’être reconstruit par son neveu.

Au XIVe siècle, la fortification appartient à Pierre d’Alençon, descendant de Saint-Louis, aux familles de Laval puis d’Albret au XVe. Le château renforce, sous Louis XI, le système de défense de l’Île de France contre les attaques anglaises. Il devient la propriété de Pierre Séguier au XVIe siècle. Eminent juriste, le nouveau seigneur de Sorel est le « président à mortier » du Parlement de Paris (un des plus hauts magistrats de France sous l’Ancien Régime). Hélas pour le château, devenu entre temps manoir de plaisance, son fils prendra parti durant les guerres de religion pour le très protestant roi de Navarre (futur Henri IV de France), provoquant la colère de la Ligue catholique et la destruction du domaine. C’est son successeur qui reconstruira la noble demeure au début du 17e siècle, dans le style qu’on lui connaît aujourd’hui. Elle comporte alors un large bâtiment central de pierres blanches et de briques, couvert par de hautes toitures et flanqué de deux pavillons perpendiculaires à ses extrémités. Le très élégant portail sera édifié à la génération suivante.





Matériaux : Pierre





L'histoire

Son histoire remonte au Xe siècle, lorsque s'élevait en lieu et place de l'actuel château une forteresse tenue par le seigneur de Thymerais sur une motte du Xe siècle bâtie pour lutter contre les raids vikings.
Situé sur le promontoire de Sorel dominant l'Eure en rive droite en aval de Dreux et qui offrait protection contre ces attaques, elle appartenait alors en fief aux seigneurs de Thymerais (Châteauneuf-en-Thymerais). il prit les couleurs qu'on lui connaît à l'époque de Louis XIII. Il appartenait alors à la famille Séguier, puis devint notamment la propriété de la princesse Anne de Condé, de la duchesse du Maine, du roi Louis-Philippe etenfin du comte de Bazelaire, grand-père de l'actuel propriétaire.Le fief de Sorel est détaché du domaine royal au Xe siècle au profit des seigneurs du Thymerais. Il y est réintégré après la mort en 1248 de Jean de Châteauneuf, fils de Hughes III, baron de Châteauneuf-en-Thymerais, et d'Aliénor de Dreux.

Peu après l'an Mille s'élevait déjà une forteresse tenue par le plus puissant seigneur du Thymerais qui en fit une place forte sur la frontière anglo-normande. Ordéric Vital raconte, au livre IV de son Histoire Ecclésiastique, comment Robert Courteheuse, révolté contre son père Guillaume le Conquérant, trouva asile avec d'autres barons normands au château de Sorel, vers 1076-1077, auprès d'Hugues de Châteauneuf.
La motte se transforme progressivement en forteresse avec l'adjonction d'un donjon et de remparts construits en pierre, et devient la propriété de Gervais († env. 1116), grand sénéchal de France sous Philippe Ier. Au XIIIe siècle Philippe de Dreux, évêque-comte de Beauvais, détruit la forteresse qui est subséquemment reconstruite par son neveu. Il fut autorisé par Saint-Louis à jouir de Sorel sans lui en faire l'hommage jusqu'à la majorité de son pupille, à condition de laisser le château dans l'état où il se trouvait et de ne pas relever le donjon qu'il avait fait abattre. Sans doute Robert,qui venait de bâtir à Dreux le château de Danemarche, avait-il détruit cette tour avec l'intention de la rétablir plus fortement, mais la régente Blanche de Castille ne tenait guère à voir le comte de Dreux augmenter sa puissance bien qu'il soit resté fidèle au jeune roi lors d'une récente révolte de barons menés par Pierre Mauclerc, frère de Robert, qui n'avait toujours pas désarmé. Pourquoi renforcer Sorel qui n'avait plus d'intérêt stratégique depuis l'annexion de la Normandie? Au XIVe siècle la forteresse passe dans les mains de Pierre II d'Alençon (1340 - 1404), puis de la famille de Laval, et pendant le XVe siècle à la famille d'Albret.
Sous Louis XI elle est un élément-clé de la défense de l'Île-de-France contre les attaques des Anglais. Au XVIe siècle le château, devenue une résidence de plaisance, passe à Pierre Séguier (1504-1580), fondateur de la famille Séguier, l'une des plus puissantes familles de robe de l'Ancien Régime. Le fils de Pierre Séguier en hérite ; mais étant passé dans le camp de Henri de Navarre, protestant et futur Henri IV, la Ligue catholique détruit le château. Son héritier fait rebâtir le château au XVIIe siècle, sous sa forme actuelle ; le portail fort remarqué est quant à lui construit par la génération suivante. La forteresse fut cependant reconstruite par Jean de Sorel. L'on ne sait comment le fief sortit de la famille des seigneurs du Thymerais mais il fut vendu au XIVe siècle à Pierre d'Alençon, descendant de Saint Louis.
La forteresse fit place à un manoir. En 1452,Guy XIII de Laval doit l'hommage au comte de Dreux pour ce fief. Son fils Guy XIV, le vend en 1497 à deux de ses familiers, simples écuyers, pour la somme de 30 000 livres qu'ils eurent du mal à payer. Onze ans plus tard l'un des acquéreurs rendait hommage au comte de Dreux pour « la motte et chastel du dit Sorel... clos à grandes fosses, murailles, pont-levis,barrières,tours,tourelles et tout ce qui appartient à la garde, défense et protection du chasteau et tout droyt de capitainerie, avec la basse-cour, jardins en escroix (accroissement), tout en un tenant, contenant dix arpens ou environ... » (archives de la famille d'Orléans,325).

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