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samedi 17 février 2018

Fiche historique, les Châteaux-fort. Le château primitif du Louvre










Le château du Louvre, implanté au coeur de Paris en bordure de Seine, était un château-fort construit par le roi Philippe-Auguste pour renforcer lʼenceinte quʼil avait construite autour de Paris pour protéger la ville. Il a été démoli par étapes pour laisser la place au palais du Louvre.








Dénomination : Château-Fort 

Localisation :  75001, Paris, département de la Seine


Région : Ile-de-France

Année de construction : XIIe siècle








Le Louvre primitif est bien connu par les fouilles de 1863, 1883 et 1983-1986 : la forteresse est située sur un terrain sec formant le revers de la butte Saint-Germain-l’Auxerrois ; c’est un quadrilatère de 78 mètres sur 72, avec des murailles épaisses de 2,3 mètres, défendues par 10 tours à demi engagées, servant de chemise à une tour maîtresse de 31 mètres de haut pour une base de 15 mètres au sol, située dans la cour intérieure. Ce château est une synthèse brillante et originale des traditions de fortification du temps. Les archéologues qui l’ont fouillé ne lui ont trouvé presque aucune faille, hormis peut-être la contrescarpe du fossé de la grosse tour, assez mince et montée en biais sur de la terre sableuse, qui se serait facilement effondrée si on y avait creusé une mine... Le château possède une garnison, avec un châtelain, et sert dès les origines d’arsenal.

La construction fut achevée vers 1202, c’est-à-dire avant l’enceinte de la rive droite, mais le château fut conçu pour s’articuler parfaitement avec elle : leurs murs sont exactement parallèles, une poterne dans la courtine orientale donne sur la ville (l’entrée principale étant sur la Seine), des bâtiments d’habitation destinés à la garnison viennent renforcer les courtines ouest et sud, plus exposées, tandis que le donjon est légèrement décentré vers le nord pour défendre la dernière courtine faible. Le palais fortifié de la Cité ne défendait que lui-même, le Louvre défend désormais une grande ville qui s’est largement développée, surtout sur la rive droite. Cette forteresse modèle devint vite célèbre au point d’entrer dans l’imaginaire épique du temps : Raoul de Cambrai ou la Chanson de geste des Narbonnais la mentionnent comme « le maistre donjon » ou « le plus maistre donjon », tandis que le Pèlerinage de Charlemagne évoque « la plus halte tor de Paris la citet ». Le château finit par incarner la puissance militaire royale au point que l’on dit que les fiefs du royaume relèvent du roi « à cause de sa grosse tour du Louvre »

En fait, la forteresse primitive n'eut jamais à affronter d'invasions normandes. Aussi, Philippe Auguste la reconvertit rapidement en prison. Son plus célèbre détenu est Ferrand, infant du Portugal, comte de Flandre et du Hainaut, fait prisonnier lors de la bataille de Bouvines en 1214. Le souverain le fait transporter enchaîné dans une cage. S'il y reste treize ans prisonnier, c'est parce que son épouse Jeanne de Flandre n'est pas pressée de le récupérer en payant la rançon réclamée par le roi. Elle a d'autres projets, comme celui d'un remariage avec le duc de Bretagne. À cette fin, elle demande et obtient du pape la dissolution de son mariage avec Ferrand. Cependant, le nouveau roi de France, Louis VIII, voyant d'un mauvais oeil l'alliance de la Flandre et de la Bretagne, s'oppose au remariage de la rusée. La voilà donc obligée de se remarier avec son pauvre Ferrand, qu'elle tire de la geôle royale en promettant de verser 50 000 livres parisis au roi de France. Le comte retrouvera la liberté et son épouse après treize ans d'emprisonnement ! Au fil des siècles, le Louvre ne cesse de s'agrandir et de changer de vocation. Saint Louis y bâtit de nouvelles salles, Charles V l'embellit pour en faire une résidence royale, François Ier fit abattre le donjon et entreprit la construction d'un palais Renaissance, oeuvre poursuivie par son fils Henri II. Catherine de Médicis l'agrandit et entama les travaux du palais des Tuileries, Henri IV prit le relais du Grand Dessein en agrandissant le château et en faisant construire la galerie du bord de l'eau. Enfin, Louis XIV ordonna de nombreux embellissements avant de se détourner du Louvre pour concentrer ses efforts sur Versailles.
Le Louvre alors touchait aux murs de la ville et le terrain qu il occupait avait 6o toises de long sur 58 de large.

Ce bâtiment consistait en plusieurs corps de logis d' un extérieur si simple que les façades ressemblaient à quatre pans de murailles percés irrégulièrement de petites croisées les unes sur les autres. Il était d' ailleurs environné de fossés larges et profonds et protégé dans son développement par un assez grand nombre de tours construites sans aucune symétrie entre elles à l' exception de celles des entrées et de celles des angles. Les premières ne montaient que jusqu' au premier étage et se terminaient en terrasses ou plateformes les secondes plus hautes étaient couvertes de combles qui se terminaient par des girouettes peintes rehaussées des armes de France Chacune de ces tours avait un nom tiré de sa destination particulière et un concierge ou capitaine plus ou moins qualifié. L' une de ces tours dite de la Librairie contenait la bibliothèque du roi Charles V la plus nombreuse et la mieux choisie de son temps elle était composée d'environ neuf cents volumes. M Boivin a publié sur cette bibliothèque une dissertation curieuse insérée dans le second volume des Mémoires de l' académie des inscriptions et belles lettres.
Au milieu de la grande cour s' élevait ce qu' on appelait la tour du Louvre d'où relevaient autrefois les grands fiefs et les grandes seigneuries du royaume. Elle était ronde et ressemblait à celle de la Conciergerie, du palais de Justice. Son diamètre était de 4.30m, sa hauteur de 30m. C' est dans cette tour que Louis VIII fit déposer le trésor qu' il avait amassé pendant son règne.
Le grand portail du Louvre était du côté de la rivière et occupait en profondeur tout le terrain que le quai et la terrasse occupent aujourd'hui en avant de la façade. Il paraît que toutes ces bâtisses étaient en très mauvais état dès le commencement du XVIe siècle, car on lit que François Ier pour loger au Louvre, Charles Quint, en 1529, fut obligé d' y faire faire des réparations considérables. Dès l' an 1528, ce prince voyant l' ancien palais tomber en ruines, s' était occupé d' élever sur le même terrain un nouvel édifice mais avant de rien entreprendre, il avait ordonné à Sébastien Serlio alors en France de faire un projet pour le Louvre.


Dans la cour carrée:

Un dessin en rond sur le pavé marque les contours de l’emplacement de l’ancien donjon de Charles V.

Deux grosses grilles en acier au sol marquent deux anciens puits de l’enceinte de Philippe Auguste, ils alimentaient le donjon du château au XIIIe siècle.


Les fouilles du XIXe:

Les courtines
Elles étaient relativement basses de manière que des projectiles lancés par des engins placés à l' intérieur pouvaient facilement passer par dessus. Aussi, à l' exception du donjon, il n' y avait à l' intérieur que des constructions de peu d' importance et, en quelque sorte, provisoires afin de laisser une grande place à la manœuvre des engins. A cette époque le système défensif n' avait pas subi les transformations qu' il subira au siècle suivant, la défense était concentrée vers le donjon et les bâtiments secondaires, y compris l' enceinte, ne participaient pas à cette défense. Dès lors l'étendue de l'espace enfermé par cette enceinte et la hauteur des courtines étaient subordonnées à l'importance du donjon, lequel concentraient tous les efforts des assaillants. Il s' agissait donc de laisser à ce dernier un commandement très sur. C' est ce qui explique les dimensions restreintes qu' aura le Louvre à l' intérieur, Charles V aura adossé des bâtiments aux courtines.


Le donjon
Il ne paraît pas avoir été modifié par Charles V, par suite de l' exhaussement des courtines et de l' existence de bâtiments importants à l' intérieur, il n' avait plus, nous le répétons, au point de vue de la défense, l' importance et la destination qui lui avaient été attribuées dans la construction du château primitif. Son commandement ne s' étendait plus au dehors et se trouvait être limité au dedans. Il devenait dans ces conditions un refuge excellent pour les défenseurs du château dans le cas où les assiégeants se seraient rendus maîtres des autres défenses. C' est évidemment cette considération qui a dû déterminer Charles V à conserver le fossé et la chemise qui entouraient ce donjon, bien qu' au point de vue de l' agrément et de la commodité des nouveaux bâtiments, la suppression de ces défenses eût présenté de grands avantages. Les considérations politiques plaidaient également en faveur de la conservation de cette tour qui était, en quelque sorte, la représentation matérielle d'un principe dont la royauté devait toujours maintenir l' intégrité.


Les fouilles
Exécutées dans la cour du Louvre ont mis à découvert les fondations de l'ancien château à l' exception de celles des ailes ouest et sud sur lesquelles ont été construits les bâtiments actuels. Les données fournies par ces fouilles ont permis de déterminer exactement les périmètres extérieur et intérieur du Louvre, la largeur des bâtiments formant la cour et enfin l' importance du donjon ainsi que sa situation par rapport à ces derniers. L' ancien Louvre, dit Sauval, portait 120 mètres environ de long du sud au nord sur 110 mètres environ de large, de l' est à l' ouest. M Berty, le savant historiographe de la ville de Paris, était arrivé, au prix des recherches les plus laborieuses et les plus difficiles à démontrer, l' inexactitude de ces renseignements, il était même parvenu, par une suite de conséquences logiquement déduites, par des résultats de ses recherches à recomposer un plan du Louvre qui est, à peu de chose près, conforme à la vérité.
Le donjon n' occupait pas le milieu de la cour du Louvre ainsi qu' on l' avait supposé jusqu' ici. Les attaques étant moins à craindre du côté sud a cause du peu de place que des ennemis auraient eu pour s' établir entre la rivière et le château. Philippe Auguste n' avait pas eu besoin d' appuyer la courtine située de ce côté autant que les trois autres, aussi avait-il planté son donjon de manière à protéger surtout ces dernières. Lorsque Charles V eut élevé ses bâtiments, l' enceinte circulaire ou chemise du donjon, se trouva presque tangente au bâtiment nord et très rapprochée ceux de l' est et de l' ouest, en résultat que la cour ne présentait une certaine étendue du côté sud où se trouvait être l' entrée principale. Or il serait possible que du côté ouest le bâtiment Charles V n' ait pas eu autant de largeur que celui actuel, qu' il ait par conséquent laissé entre lui et le donjon de dégagement. Le donjon fut trouvé dérasé jusqu' au dessous du point, ses parements cessaient d' être en talus pour devenir verticaux. A cette hauteur, sa construction se composait d' un massif dans lequel étaient ménagés une chute d' aisances, un puits. Cette tour, nous dit Sauval, était occupée par une chapelle, trois boulées, un puits, un retrait et des chambres et l' on y montait par une grande vis ronde, pierre fermée par bas, d' une porte de fer épaisse qui tenait à la cour du Louvre par un pont de pierre d' une arche et un pont-levis. Quelle place occupait ce pont de pierre? Les fouilles n' ont établi rien de certain, le pont était vraisemblablement orienté vers le sud peut-être en face de l' entrée principale. En déblayant le fossé du donjon on a trouvé de ce côté différentes constructions. La première est un massif qui comme la construction et l' appareil semble remonter à Charles V, la seconde, on peut l' attribuer à la même époque,  ne prenait naissance qu' à une certaine hauteur du parement de la chemise et toute l' apparence d' une retombée de voûte. Enfin, on a trouvé des fondations qui ont dû appartenir à une construction postérieure à Charles V. Le revêtement extérieur du donjon était pénétré en par une suite d' assises en encorbellement, de construction relativement moderne et qui ont peut-être supporté un perron alors que ce fossé avait été comblé. La chemise du donjon a été retrouvée tout entière, le contrescarpe qui  remonte à Philippe-Auguste était en talus. Quant à la partie ou les parements étaient verticaux, elle avait été remaniée sous Charles V à l' occasion des importants travaux faits de ce côté pour la construction d' un escalier et d' une galerie qui franchissait le fossé du donjon et mettait ce dernier en communication les bâtiments du château. L' escalier, dont on a retrouvé la fondation, passait pour être une merveille d' architecture et nous a été décrit par Sauval "La grande vis" dit-il, c' est ainsi qu' on désignait cet escalier, "était toute de pierre de taille ainsi pour le reste du bâtiment et de même que les autres de temps là, elle était terminée d' une autre vis, tout petite à toute de pierre encore et de pareille figure qui conduisait à une terrasse dont on avait couronnée chaque marche de la petite vis portait trois pieds de long et un et demi de large et pour celles de la grande, elles avaient sept pieds de longueur sur un demi d' épaisseur, avec deux et demi de giron près de la coquille qui l' environnait"

Lire la suite sur la gazette des architectes, page 376-379, les fouilles du château primitif
https://books.google.fr/books


La fin du château primitif

En 1525, François Ier, subit la défaite de Pavie. Pendant sa captivité, la Cour s'immisce par l'usage de son droit de remontrance, la faculté de théologie et le Parlement de Paris manifestent une certaine autonomie. Le roi tient un lit de justice les 24, 26 et 27 juillet 1526 au cours duquel il manifeste son autorité et décide de reprendre en main son royaume en faisant du Louvre sa principale résidence parisienne. Symbole de son autorité, il fait abattre le donjon en 1528 pour construire un palais à l'italienne. En 1546, il confie à l'architecte Pierre Lescot le projet de construction d'un palais moderne dans l'esprit de la Renaissance avec un grand corps d'hôtel et des salles d'apparat.


Le château, la résidence royale 

Le château est le prototype de ce qui sera appelé architecture philipienne.
Sous Louis IX, le château est agrandi ; de nouvelles salles sans réel but défensif sont construites, comme la salle Saint-Louis (1230-1240). À l'époque du roi Charles V, qui règne de 1364 à 1380, Paris s'est étendu largement au-delà de l'enceinte de Philippe-Auguste. Le roi fait construire une nouvelle enceinte qui englobe ces nouveaux quartiers, ainsi que le château du Louvre qui perd donc une grande partie de son intérêt militaire. Le roi peut alors sacrifier certains dispositifs militaires du château pour le rendre plus habitable, tout en disposant d'une résidence royale sûre, notamment après avoir été menacé à l'intérieur du palais de la Cité lors de la révolte du 22 février 1358 menée par le prévôt des marchands Étienne Marcel. Son architecte Raymond du Temple multiple les statues, tourelles et les surfaces habitables, crée des jardins, perce des ouvertures plus larges. Le roi Charles V fait notamment construire la première bibliothèque royale en transformant la tour nord-ouest (ou tour de la Fauconnerie) en tour de la Librairie qui contient neuf cents manuscrits.




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Le château


La réunion du Louvre et des Tuileries, page 322

Rapport sur les conférence des fouilles de 1985-86 et 1986 et 87, page 96

Résultat de fouilles datant de 1985
http://www.persee.fr/doc

Napoléon et sa volonté de finaliser le Louvre
http://journals.openedition.org/lha/273

 Un livre, le Louvre et son histoire 


Le musée

L'école du Louvre


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La ville de Paris






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Sous Philippe Auguste



Le Louvre au XIIIe










Quartier du Louvre en 1380


























dimanche 19 mars 2017

Fouilles de l'Inrap au château de Melun















Durant une opération archéologique, trois ensembles principaux de vestiges ont pu être distingués. Le premier comprend l'enceinte du castrum du Bas-Empire et ses niveaux associés, très inégalement conservés selon les secteurs. Le second est un puissant bâtiment, également antique, construit à l'intérieur de l'espace délimité par le rempart antique. En raison des circonstances des fouilles, cet édifice n'a pu être que très partiellement observé. Le troisième ensemble, enfin, correspond au château médiéval et se compose de divers éléments de fortification qui se superposent assez fidèlement aux constructions et niveaux antiques. L'enceinte tardive se dessine par un coude très prononcé (angle de 105°), marquant l'extrémité sud-ouest de la courtine bâtie le long du grand bras de la Seine et le départ de la muraille fermant le castrum vers l'ouest. L'élévation n'est conservée qu'en bordure orientale du chantier de construction, où elle a pu être étudiée de façon plus détaillée. Les fondations du mur ont une largeur moyenne de 3m et sont composées de blocs de remploi disposés avec soin sur une assise unique, sauf sur la face extérieure de la muraille où une deuxième assise consolide son pied. Aucun pieu de bois n'a été observé sous cette fondation. Des reprises de l'époque médiévale oblitèrent l'angle formé par les deux tronçons de l'enceinte masquant toute observation d'une éventuelle tour d'angle. L'importante épaisseur des niveaux permet d'appréhender une séquence stratigraphique continue entre la fin du IVe s. et la fin du VIe s. Ces niveaux sont scellés par l'évolution importante du site et une consolidation du rempart par la construction de massifs maçonnés à l'arrière du mur et l'édification d'une levée de terre constituée de charges alternées de terres noires piochées dans les niveaux sous-jacents et de couches de sablons de rivière. Le mobilier issu de cette levée de terre couvre une fourchette chronologique très large entre le IVe s. et le VIe s. et apparaît totalement mélangé. Le mobilier fournit un terminus post quem pour l'édification de la levée de terre, qui ne peut guère être antérieure à la fin du VIe s. ou au début du VIIe s. Par la suite, les vestiges observés ne sont que trop partiels pour en permettre une reconnaissance plus précise dans l'espace du château.







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samedi 18 mars 2017

Fouilles de l'Inrap au château de Blandy-les-Tours.




















A la suite d'une première évaluation réalisée en 1995 et consistant en deux tranchées, une seconde opération d'évaluation réalisée à la demande expresse de l'architecte en chef des Monuments historiques, sur prescription du Service régional de l'archéologie, a été menée avec un double but. Il s'agissait de fournir des données scientifiques et d'évaluer l'impact d'aménagements éventuels. L'évaluation de 1998 a porté sur environ 800 m2 situés exclusivement dans la partie sud du château entre l'enceinte primitive du manoir et l'extension réalisée au XIVe siècle.

La fouille a démontré que, malgré l'extension de cette enceinte, la partie ajoutée à l'espace intérieur a conservé tout au long des siècles une autonomie topographique et architecturale propre. Ce n'est qu'à une date assez récente, au cours du XVIIIe siècle, que ces deux espaces furent mis à la même hauteur. L'extension du château avait toujours été, auparavant, occupée sur un niveau plus bas que celui de la cour centrale. L'extrémité sud du grand corps de logis a pu être étudiée. Ce logis n'a pas été construit d'un seul jet. Une sorte de courtine primitive, en deux éléments à angle droit et inachevée, sert d'ossature à ce bâtiment qui est venu, après coup, se loger contre ce mur premier.
La tourelle d'escalier carrée, dite Tour Longueville, a été pareillement ajoutée. Un ensemble de murs formant une curieuse structure en peigne vient s'appuyer devant ce mur premier, avant l'édification de la Tour Longueville. L'usage n'en est pas encore connu. Dans l'espace séparant cet ensemble de la nouvelle enceinte une épaisse stratigraphie a été en partie fouillée. Elle montre différents rechargements de sols des XVe et XVIe siècles autour d'une grande appuyée contre la courtine. Des grès du Beauvaisis du XVe siècle marquent l'un de ces niveaux.
Une forge a été découverte, mais la fouille complète en a été reportée à une date ultérieure. La grande découverte est encore marquée en élévation sur le mur de la courtine et sur un refend postérieur qui en a gardé la trace par raccord tardif. Cette grange s'appuyait à l'ouest contre un escalier à vis dont la base maçonnée a été trouvée. Cette vis desservait la tour des Gardes mais comme elle fut ajoutée ultérieurement, l'escalier débouchait dans un couloir formant gaine au premier étage de la tour. Cette découverte devrait permettre de reconsidérer l'histoire de cette tour dont la chronologie s'avère très complexe.
Au pied de la porte de la tour devant l'escalier, la fouille n'a été qu'ébauchée. Elle devra être reprise pour une meilleure compréhension de l'ensemble. Le long de la courtine sud-ouest, sous le corps de ferme bâti vers 1800 (et détruit en 1885), l'enceinte primitive du manoir a été mise au jour. Cette enceinte est complexe et comporte trois états : un mur primitif et des ajouts intérieurs et extérieurs. Les fondations sont inexistantes et la courtine repose sur des sols noirs antérieurs. Ma surprise vient de la découverte d'une nouvelle tour appuyée sur cette enceinte. Cette tour, entièrement hors oeuvre, est de structure carrée ou rectangulaire. La construction en est soignée : encoignures en grands carreaux de grès et moellonnage lié à la terre. Le liant utilisé rapproche cette tour nouvellement trouvée de la Tour Carrée, là où se situait la porte primitive.
Au pied du donjon, le sol médiéval tardif a été découvert à plus d'un mètre sous le sol actuel. Le puits à eau, recouvert d'un lourd édicule cylindrique, conservait une grande partie de sa margelle primitive en grès. La fouille a ainsi permis à l'architecte en chef de faire démolir cet édicule et de restaurer la margelle ancienne. Diverses traces au sol, fossé comblé, mur arasé, ainsi que le contexte stratigraphique montrent que le grand mur masquant en biais la porte du donjon est de construction très tardive, dans le courant du XVIIe siècle. Un autre système de cour semble avoir existé en avant de ce donjon. Cette campagne d'évaluation s'est révélée très riche en informations et renouvelle l'histoire architecturale complexe de ce lieu. Elle appelle des opérations plus localisées et plus complètes.

Vu sur la base Dolia   http://multimedia.inrap.fr/Dolia/p-17038-Accueil.htm




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mercredi 8 février 2017

Fouilles archéologique, Blois



















La ville est située sur la Loire, à mi-chemin entre Tours et Orléans, cités légendaire s'alignant dans l'axe des plus magnifiques châteaux de france, et s'étendant sur les deux rives du dernier fleuve sauvage d'Europe, elle délimite et unit la petite Beauce (rive droite/nord) et la Sologne (rive gauche/sud). Au centre du département du Loir et Cher, proche de Cheverny en son sud, Blois a été au moyen-âge le siège d'un comté dont la dynastie possède également la Champagne avant de monter sur le trône de Navarre. A l'épque de la renaissance, Blois devient résidence royale avec l'avènement de Louis XII. La ville se transforme durablement, l'aménagement du château intervient en pleine Renaissance, des hôtels particuliers sont construits pour les Grands de la cour.


۩   Enceinte castrale, Blois



Classé monument historique depuis 1845, le château royal de Blois présente un magnifique panorama de l'art et de l'histoire des châteaux de la Loire. Ses quatre ailes, entourant la cour, forment un exemple unique de l'évolution de l'architecture française du XIIIe au XVIIe siècles. L'édifice évoque, par sa diversité de styles, le destin de 7 rois et de 10 reines de France.



Les vestiges d'une tour d'angle de l'enceinte castrale du XIIIe au XVIe siècle

Située dans l'ancienne avant-cour du château de Blois, dans l'angle nord-est de l'enceinte castrale, érigée au cours du XIIIe siècle sur la place de l'ancienne armurerie, appelée la Grange de l'Artillerie, une partie trouvée comprend une des tourelles de l'enceinte. La construction d'un petit pavillon d'habitation au XIXe ou au début du XXe siècle a entraîné la démolition de la partie arrière de la tour : seule reste la moitié extérieure, saillante par rapport au tracé de l'enceinte. Une étude archéologique a montré que la partie subsistante de la tourelle correspond plus ou moins au dernier niveau. Deux ouvertures partiellement conservées représentent des ouvertures contemporaines à la construction de la tour (construction primitive ou reconstruction) : il s'agit peut-être des vestiges d'archères qui devaient couvrir les murailles de chaque côté de la tour ou, plus probablement des portes qui assuraient la circulation entre la tour et le chemin de ronde. 
A l'intérieur, le piquetage partiel des enduits a mise en évidence l'insertion d'au moins deux fenêtres, sans doute vers la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. Une phase de réaménagement de ces deux ouvertures représente une condamnation partielle suivie par la mise en place d'un décor d'enduits peints dont l'état de conservation a permis d'observer l'organisation générale du décor. Celui-ci consiste en au moins trois panneaux rectangulaires composés de cadres dé couleur vert clair, peint sur un fond de badigeon blanc. A l'intérieur de ce cadre, on observe successivement un cadre jaune puis une fine lisière noire, séparés par des espaces blancs, qui encadrent des motifs figuratifs. Ces derniers sont peu distincts mais les couleurs vert et marron évoquent des paysages. Ces panneaux sont rythmés par des colonnes peints en imitation de marbre rose avec des chapiteaux d'ordre ionique dorés. Le percement des fenêtres et la création du décor peint pourraient s'inscrire dans les transformations de l'avant cour entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle. L'arrivée de Louis XI et de sa cour initie un mouvement de lotissement de cet espace à la faveur des propriétaires privés pour la construction d'hôtels particuliers pour loger les proches du roi, ses officiers et le personnel. Les maisons actuelles qui occupent le côté nord de la Place du Château conservent encore des éléments de ces bâtiments. Les transformations opérées dans la tour correspondent alors à la perte progressive des fonctions défensives à la faveur de celles de l'habitation, un processus observé pour la tour de Foix, aménagé en trésor et logis pour la Chambre des Comptes à partir des années 1540.



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La tour circulaire du Foix, située légèrement en retrait, près de l'aile Gaston d'Orléans, est un vestige des fortifications féodales du XIIIe siècle. Plus caractéristique d'une forteresse médiévale, elle offre un panorama sur la ville, la Loire et l'église Saint-Nicolas de Blois. Cette tour défendait au Moyen Âge l'angle sud-ouest du château ainsi que la porte du Foix, située au pied de l'éperon rocheux. Perdant son rôle défensif au XVIe siècle, Gaston d'Orléans fit aménager à son sommet un observatoire astronomique qui se présente sous la forme d'un petit pavillon en briques rouges et pierres, accessible par une tourelle d'escalier garnie de bardeaux de bois, elle aussi édifiée au XVIIe siècle. S'élevant sur quatre niveaux, dont trois voûtés, éclairés par des meurtrières en étrier, son niveau inférieur aujourd'hui situé en sous-sol formait autrefois le rez-de-chaussée avant le remblaiement de la terrasse au XVIIe siècle.











Blois




Les sites classés à Blois




Dossiers d'archéologie médiévale de l'INRAP





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