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dimanche 17 mai 2026

Fiche historique, les châteaux-forts, Gournay sur Marne.

 















۩  Château-fort puis château , à Gournay-sur-Marne

Gournay-sur-Marne est situé à l'extrémité Est du département de la Seine-Saint-Denis, dans la région de plateau de l'Aulnoye dans un méandre de la Marne qui creuse une vallée limitée au Sud par les versants bien marqués du plateau de Brie et au Nord par une succession de basses terrasses du Quaternaire. Le château de Gournay nichée entre chessy et Paris à deux pas du château de champ et de Noisy-le-grand a connue bien des déboires depuis sa construction vers le XIe siècle.

 







Dénomination : Château-Fort puis château

Localisation :   93 460 à Gournay-sur-Marne
 
département de la Seine-Saint-Denis

Région : Ile-de-France





 
Le domaine de Gournay se trouvait autrefois en partie sur une île, aujourd'hui disparue, l'île de Baubigny, formée par un bras de la Marne appelé Saint-Arnoult. Le destin de ce territoire est ainsi étroitement lié à son emplacement : il s'agit du seul gué sur la Marne entre Lagny et Paris. Cette situation confère au site une valeur stratégique et commerciale manifeste au moyen-âge comme en témoigne l'existence, au début du XIe siècle, d'un pont en bois et d'une puissante forteresse a siégée par Louis VI en 1108. Le luttes vont se succéder jusqu'à la Fronde au XVIIe siècle pour le contrôle de la place forte et de la tête de pont. Le franchissement de la Marne à Gournay a vu se succéder cinq ponts, ponctuellement remplacés par un bac : avant 1100, le pont est en bois, puis en pierre après 1150. Au XIIIe siècle, le pont a des pile de pierre et un tablier de charpente mobile mais les arches sont ruinées au XIVe siècle. Un nouveau pont est alors construit à proximité. Cet ouvrage est réparé à plusieurs reprises, ; il est ruiné en 1650. Entre le XVIIe siècle et 1829, le franchissement se fait par bac. A cette date, un nouveau pont est construit, mais détruit en 1870 et reconstruit en 1872 à l'emplacement actuel (Espaullard 1932).
Le château de Gournay est attesté vers 1078. En 1107, il est tenu par Gui le Rouge, comte de Rochefort, qui en a confié la garde à son fils Hughes de Crécy, lorsque Louis VI l’assiège. Le récit du siège donné par Suger? dans la Vie de Louis VI le Gros rapporte que le château, situé sur une île de la Marne, est protégé par "un retranchement resseré et raide", c’est à dire une levée de terre couronnée par un mur et au pied de laquelle se trouve "un ruisseau torrentueux", vraisemblablement un chenal de la Marne. A l’issue du siège, Louis confisque le château et le commet à la garde d’Anseau de Garlande. 
  


La gravure exécutée par Châtillon, vers 1625, figure les ruines d’un donjon circulaire érigé sur les restes hypothétiques d’une motte, ainsi que la chapelle castrale, attestée en 1098-1099 lorsqu’elle est incluse dans la dotation du prieuré Notre-Dame. Selon Lebeuf 1758, la chapelle Saint-Arnoult, dont le vocable originel serait autre, est érigée en chef-lieu paroissial au 12e siècle ; au début du 13e siècle, c’est le prieur de Gournay qui en est le présentateur. Elle est démolie en 1595, lors des travaux de fortification, puis reconstruite en 1599. Elle est transférée sur son emplacement actuel en 1720 afin de permettre l’agrandissement du parc du château.
On distingue également sur la gravure de Châtillon, parmi les autres bâtiments, une grange et une curieuse tour octogonale ou hexagonale dont l’existence est pour le moins douteuse. Le document figure également la nouvelle enceinte flanquée de quatre bastions triangulaires, édifiée en 1594. En ruine depuis 1577, le logis seigneurial est restauré en 1610-1612. Plusieurs documents datés de 1635 mentionnent la ferme qui se trouve "entre la tour sur la motte de l’ancien château seigneurial et la Marne". Un nouveau château est construit à partir de 1680 par Louis Ancelin. Il s’agit d’un édifice en briques et pierres de taille à un étage et comble, couvert d’ardoises, avec quatre pavillons d’angle. Une gravure de 1685 figure le nouvel édifice depuis la Marne, avec, à l’arrière-plan?, à gauche, les ruines du donjon, et à droite, un gros colombier démoli en 1720. Les ruines du donjon ne sont plus figurées sur la carte de Delagrive (1740), qui atteste également d’une grande simplification du réseau de chenaux représentés par Châtillon : seul subsiste en effet le Bras Saint-Arnoult.

En fait, Gournay a toujours été considéré comme le plus important lieu de passage de la Marne entre Lagny et Charenton. D’ailleurs jusqu’au XVIe siècle, le roi et les plus grands seigneurs se sont disputé sa possession, soit pour défendre Paris, soit pour l’attaquer. L’importance stratégique de Gournay-sur-Marne à travers les âges s’explique par la présence dans le lit de la Marne entre le vieux moulin de Chelles et l’actuelle mairie de Gournay-sur-Marne d’une plate-forme naturelle formant un gué d’environ un kilomètre et constituant le passage le plus propice en eau normale entre Lagny et Paris.

Un château est construit en 1680 par Louis Ancelin, devenu seigneur de Gournay par mariage avec Marie Levassor. Serveau nous indique que ce seigneur "démolit en 1680 l'ancien manoir fort abîmé (apporté en dot par son épouse) et en reconstruit un autre à l'emplacement de la forteresse édifiée sous Henri IV, le château de PilleBadauds", visible sur le dessin de Châtillon. (Serveau 1985 : 7). L'édifice se compose d'un bâtiment central entouré de quatre pavillons d'angle. Il est construit en pierre de taille et brique. Il est doté d'un étage et sa façade se distingue par de grandes fenêtres. Après le seigneur Louis Ancelin , le château est ensuite occupé par le vice-amiral Claude Elysée de Court. Celui-ci entreprend des travaux, notamment d'aménagement du parc. Le château en tant que tel a connu peu de modifications depuis sa création. C'est le vice-amiral de Court qui réalise les travaux d'assèchement de l'estuaire du bras Saint-Arnoult, vers 1720, et qui fait construire un petit pont de pierre en face du château.




Les places fortes entourant l'Ile-de-France

Châteaux, château-fort, donjons



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samedi 4 avril 2026

Fiche historique, les édifices. Chauvincourt-Provemont

 







Fiche N° 3









Maison-forte

Le village est située dans le département de l'Eure entre Rouen et Paris au sud-ouest de Gisors dans le bassin Seine-Normandie sur l'arête d'un escarpement qui domine la vallée verdoyante de la Bonde. Le village bénéficie ainsi de larges perspectives sur les champs et les prairies en contrebas, le manoir s'intègre dans un cadre rural préservé. Faisant corps avec les autres places fortes environnantes au moyen-âge, il s'intégrait pleinement dans son cadre. 








Localisation : 27 50  Chauvincourt-Provemont
département de l'Eure

Région : Normandie  



Le Manoir se dresse à 30 m au sud-ouest de l'église paroissiale Saint-Maclou sur l'arête d'un escarpement qui domine la verdoyante vallée de la Bonde, un petit affluent de l'Epte.

Au sud du bâtiment se trouve une cour pavée donnant sur le terrain en herbe au centre du village et au nord une terrasse d'environ 1300 m2 retenue par un mur endommagé de silex à chaînages de pierres de taille, probablement du XVIIe siècle. Les plans cadastraux de 1809  et de 1840 indiquent d'autres bâtiments, détruits depuis, au sud et à l'ouest, dont un adjacent à l'angle sud-ouest de l'église qui pourrait avoir été un pavillon d'entrée. Une grange spacieuse, peut-être médiévale, se dressait au sud-ouest de la maison jusqu'à sa destruction par le feu « certainement avant 1930 ». Le mur décrit en 1629 comme entourant le « manoir », le cimetière et l'église est peut-être représenté sur le cadastre par la limite incluant l'église, le terrain immédiatement au sud et les parcelles 200 et 201, mais il n'en subsiste plus rien aujourd'hui. Des terrassements au nord-est de la maison - au-delà de l'actuelle clôture mais à l'intérieur de l'enclos indiqué en 1808 et 1840 - marquent le site d'un autre bâtiment porté sur le plan, ainsi que d'autres structures non figurées, ou bien postérieures à 1840 et rapidement disparues après, ou bien plus probablement déjà détruites à cette époque.

Le bâtiment qui subsiste consiste en un bloc unique mesurant 13,50 m d'est en ouest par 8,80 m et 16,30 m du sol à l'arête du toit, proportions qui lui donnent, vu du nord, une apparence frappante de tour. De 1829 jusqu'à la fin des années 50 au moins, il était accompagné par une annexe : un dessin de 1823- 1846 montre un appentis attaché au pignon ouest, probablement celui qui apparaît aussi sur le cadastre de 1840 et dont subsistent les plus basses assises d'une entrée construite avec soin ainsi que des marches. Le manoir présente des façades de moellons de silex et de schiste avec certaines parties en calcaire. La façade nord, haute de 9,80 m, est étayée par trois contreforts massifs, tous d'origine, et soutenue par un contrefort sur chacun des murs en retour. À son extrémité ouest, la façade sud présente deux contreforts modernes séparés par un espace mesurant 1,70 m et marquant l'emplacement d'une tourelle de latrine détruite en 1958 car elle était trop endommagée.

La structure de base appartient à une seule et même phase, que le style des fenêtres permet de dater du début du XIIIe siècle. Les différentes phases de construction peuvent être ainsi résumées:

- phase I, 1200-1220: creusement de la cave et construction de l'édifice avec la tourelle de latrine;

- phase II, vers 1580: refenestration partielle de la façade nord;

- phase III, XVIIe siècle : création d'une souche de cheminée centrale et cloisonnement du volume intérieur; escalier en vis, grenier et charpente.

Le Manoir de Chauvincourt, qui se décompose en deux étages tout à fait habitables au-dessus d'un rez-de-chaussée, peut être facilement interprété comme une habitation seigneuriale à part entière. Il se conforme pour l'essentiel au modèle adopté dans toute la France à la fin du Moyen Âge, encore abondamment représenté, dans lequel l'essentiel du logement était contenu en deux étages - ou plus - superposés à l'intérieur d'un bloc d'un seul tenant. Chauvincourt ne diffère de ce schéma que par le fait que le niveau supérieur (le second étage) était desservi par un escalier droit extérieur au lieu d'un escalier en vis contenu dans une tourelle saillante ou, comme dans des exemples plus tardifs, dans la structure principale. Ultérieurement, le Manoir fut lui aussi mis au goût du jour par l'introduction d'un escalier en vis dans l'angle nord-est.

L'élément remarquable à Chauvincourt est l'adoption de ce schéma à une date si précoce pour la Normandie. Ailleurs en France - comme dans la plupart du reste de l'Europe - les variations apportées au modèle de la maison-bloc auquel appartient Chauvincourt, étaient courantes. Les constructeurs normands connaissaient bien sûr cette tradition mais l'ont surtout employée sous la forme du donjon. Il semble en effet aujourd'hui que de 1150 à 1250 environ l'architecture seigneuriale du duché de Normandie fut dominée par le schéma anglo-normand bien différent dit hall and chamber-block.

N'apparaissant semble-t-il qu'après la conquête de l'Angleterre (et peut-être d'origine anglo-saxonne), ce schéma était caractérisé par la répartition des espaces public et privé de la résidence seigneuriale dans des bâtiments séparés, l'espace public prenant en général la forme d'une salle de plain-pied ouverte jusqu'au toit et l'espace privé celle d'un bâtiment plus petit consistant en des chambres au-dessus d'un rez-de-chaussée affecté au stockage.

Dans le troisième quart du XIIIe siècle, la situation était néanmoins en train de changer. Les liens avec l'Angleterre, qui avaient amené l'agencement de l'habitat aristocratique normand à diverger de celui employé en France proprement dite, avaient disparu, et bien que la tradition du hall and chamber-block persistât et continuât à évoluer, elle devenait obsolète . Les résidences prenaient de plus en plus la forme compacte à étages décrite ci-dessus: un exemple particulièrement précoce, datant probablement des années 1240, survit à Ailly (Eure) ; des exemples de la deuxième moitié du XIIIe siècle subsistent à Ticheville (Orne) et à Surcy (Eure). Chauvincourt, cependant, qui date des années 1200- 1220, est donc bien plus ancien qu'aucun des autres exemples connus. Quelle peut être l'explication de l'emploi précoce de ce modèle et que pouvons-nous en apprendre ?

Pour autant que l'on puisse en juger, ceci ne peut être imputé à un lien familial particulier avec la France capétienne mais peut être attribué de façon plausible à la proximité de la frontière française, au-delà de laquelle la résidence à étages, dans ses diverses variantes, était le modèle dominant depuis longtemps à ce niveau social. Le Manoir de Chauvincourt peut donc illustrer le simple processus d'imitation par lequel l'adoption de cette forme progressa d'est en ouest à travers la Normandie durant le XIIIe siècle.

Le manoir de Chauvincourt fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par l'arrêté du 3 décembre 1998. Cette inscription concerne le logis en totalité, le cellier, le pavage de la cour sud, les murs de soutènement nord et l'assise foncière.





La Ville

Le manoir, le village



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Les places fortes entourant l'Ile-de-France

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