Placé au Sud-Est du département de l'Oise proche de Crépy-en-Valois et Villers-Cotterêts, ce village périurbain du Valois surplombant la vallée de l'Automne, jouxtant Senlis, Compiègne, est situé sur un plateau agricole coupé par deux vallons. Il se compose d’un village-centre structuré par d’anciennes fermes patrimoniales entouré de terres agricoles qui vit son église fortifiée se construire au XIIe siècle.
Située dans la partie nord du bourg dite Feigneux-bas, grande-rue (RD 50), cette église est bâtie sur une butte aménagée ou terrasse, qui domine la rue de trois mètres environ grâce à un mur de soutènement et est accessible par un escalier depuis le centre du village, au sud et par un chemin en pente depuis le monument aux morts à l'entrée nord du village. Orientée avec grande exactitude, l'église suit un plan cruciforme très simple et presque symétrique, mais les collatéraux du nord et du sud ne sont pas stylistiquement homogènes et la première travée du bas-côté nord est la base du clocher.
La façade occidentale remonte en partie à la période romane ceci entre l'un des contreforts méridionaux du clocher englobé dans le mur (exclu) et les deux contreforts plats à l'ancien angle sud-ouest de la nef (inclus), jusqu'à mi-hauteur de la fenêtre haute environ (un peu plus à gauche). Cette partie de la façade est soigneusement appareillée en pierre de taille avec des joints très minces. Tout le reste de la façade est appareillé en petits moellons irréguliers, sauf le pourtour de la fenêtre haute de la nef, qui est mouluré d'une gorge et le rampant droit du pignon. L'on peut ainsi nettement distinguer le contrefort plat roman englobé dans le mur occidental du bas-côté sud. Ce mur est aveugle et le pignon l'est aussi.
La longueur de l'édifice est de 23,10 m dans l'œuvre (sans le porche) et la largeur est de 14,45 m entre les murs gouttereaux des bas-côtés. La base du clocher mesure 4 m de longueur et autant de profondeur, ses murs ont 85 cm d'épaisseur. La nef et la première travée du chœur sont à deux niveaux avec l'étage des grandes arcades et un étage de murs aveugles. Les autres parties sont à un seul niveau d'élévation. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives et les voûtes sont établies sur des croisées d'ogives ordinaires à quatre branches, sauf dans l'abside. L'édifice était situé sur un tertre, cette église fortifiée comportait un passage dans un contrefort (coté sud); les ouvertures suivantes ont été obturées au XIXème siècle pour renforcer la maçonnerie.
D'environ trois mètres de haut, il a fallu de lourds travaux pour créer, à ce niveau, un chemin permettant d'en faire le tour. Partant d'une porte, actuellement murée, dans le croisillon Nord, on trouvait un passage aménagé dans le contrefort oblique de ce même croisillon, puis après avoir contourné le chevet, un couloir traversant l'angle du croisillon Sud était à nouveau suivi d'ouvertures dans les contreforts du bas-côté. Tout le long de ce dernier, le chemin est constitué, ou plutôt soutenu, par un mur en moellons assurant une liaison entre les contreforts.
L'examen des ouvertures souligne encore l'homogénéité de la construction du croisillon Sud : de même que le couloir, le passage dans le contrefort avait été prévu au moment de l'édification alors qu'ils ont été percés après-coup dans les autres contreforts. Cette disposition permet donc de rattacher chronologiquement au croisillon Sud l'établissement du chemin de ronde.
Le percement des contreforts du bas-côté a compromis leur solidité et on a été surement obligé, probablement au XVIIIe siècle, d'en refermer la maçonnerie et de placer des tirants métalliques.
Inscription de la dernière ouverture
La dernière ouverture porte l'inscription suivante :
La tour se divise en cinq niveaux, les deux premiers correspondent à la première travée du bas-côté nord, et le dernier à l'étage du beffroi. Entre ces deux étages, il y en a deux autres, qui ne sont éclairés que par des fentes d'une seule assise de hauteur, presque imperceptibles à l'extérieur, mais fortement ébrasées à l'intérieur, que Daniel Gibert considère comme des meurtrières. Par conséquent, les deux étages intermédiaires deviennent des « niveaux de défense ».
Chaque angle de la tour est épaulé par deux contreforts orthogonaux, qui se retraitent légèrement au niveau des deux derniers larmiers.
Au même niveau des combles, des orifices de tir sont sommairement aménagés dans les murs pignons des croisillons. Du côté sud, la meurtrière oblique surveille particulièrement l'issue du talweg.
Le clocher présente ensuite deux niveaux de défense sans communication avec l'escalier de la tourelle. Il faut donc admettre un accès au moyen d'échelles à partir du premier niveau. La position et les dimensions des trous relevés sur les murs permettent facilement d'imaginer le solivage qui laisse la place à ces échelles.
Le deuxième niveau considéré, situé à 11,35m, dispose de trois meurtrières du même type que celui du premier niveau, orientées respectivement vers l'Ouest, le Nord et l'Est.
A partir du troisième niveau, à 13,05m., il faut distinguer deux aménagements du système de défense. On les situera, faute de pouvoir préciser davantage, avant et après 1646. Le troisième niveau appartient à la première époque. Son plancher identique à celui du niveau précédent, dessert les fenêtres de la chambre des cloches dont la base se trouve à 1,50m. Un orifice de tir supplémentaire, un simple trou a été percé au- dessous d'une fenêtre, du côté ouest.
C'est au dernier niveau, 18,10m., que s'interrompent les puissants murs, larges de 0,85m., sur lesquels s'appuie une muraille plus légère, large de 0,32m., haute de 2,60 m. A l'intérieur, le ressaut sert d'appui au plancher. A l'extérieur, le mur épais se termine par une corniche à corbeaux raccordée au mur supérieur par un important chanfrein. La rusticité de cette chambre terminale incline à voir en elle une adjonction hâtive. Il faut cependant noter que l'on retrouve la même disposition sur l'église de Rouvres et, d'une façon plus intégrée, sur les clochers d'Etavigny, détruit en septembre 1914, et de Thury en Valois. Ce point mériterait une étude comparative.
Le clocher lui est une construction massive dont la hauteur, du dallage à la rive du toit, est de 20,70m. Sa forme en plan est un carré de 4m de côté à l'intérieur l'on trouve des murs de 0,85m d'épaisseur, fortement contrefortés jusqu'à 18,10m de hauteur ... La partie supérieure (2,60m.) semble une adjonction rudimentaire dont les murs sans contrefort n'ont plus qu'une épaisseur de 0,32m.
L'accès au clocher s'effectue par un escalier à vis de 80 marches, inclus dans une tourelle engagée, à l'angle ouest- nord, dans le mur et le contrefort.
Le premier accès à 7,85m. dessert l'ensemble des combles. La voûte du clocher pourrait constituer un plancher au-dessous d'une meurtrière très ébrasée, aménagée dans le mur nord, mais cette voûte est tardive. Il est probable que les traces d'un premier plancher ont disparu. Dans la voûte de la première travée de la nef, se trouve le claveau amovible, déjà mentionné, qui porte la date 1641. Il constitue une sorte de bouchon de 19cm. sur 13. L'orifice permet de surveiller efficacement l'entrée de l'église située juste au-dessous. Un autre trou carré, plus petit, sans bouchon, se trouve à peu de distance, dans la même voûte.
L'accès se pratique par l'escalier de la tourelle. On trouve des meurtrières à deux niveaux : les premières, très sommaires, au ras du plancher ne peuvent avoir été desservies qu'à partir d'un appui situé sur la partie supérieure du beffroi de charpente. Sans doute faut-il y voir une utilisation précaire de la chambre de défense, avant que celle-ci ne fût achevée, ce qui va bien dans le sens de la hâte déjà mentionnée. Le deuxième rang de meurtrières est situé a 1,20m. en moyenne, au-dessus du plancher. Il complète les lucarnes de guet percées dans chaque mur.
En 1646, la cloche est installée.L'église possède un chemin de ronde au sol, elle est situé sur un tertre d'environ trois mètres de haut, il a donc fallu une nécessité impérative pour créer à ce niveau un chemin permettant d'en faire le tour. A cette époque, si l'on partait d'une porte dans le croisillon nord actuellement murée, on trouvait un passage aménagé dans le contrefort oblique de ce même croisillon puis l'on continuait jusqu'à contourné le chevet et l'on prenait un couloir traversant l'angle du croisillon sud suivi à nouveau d'ouvertures dans les contreforts du bas coté.
Ce chemin est constitué et soutenu tout au long de son parcours par un mur en moellon assurant une liaison entre les contreforts. L'examen des ouvertures souligne encore l'homogénéité de la construction du croisillon sud, de même que le couloir, le passage dans le contrefort avait été prévu au moment de l'édification alors qu'ils ont été percés après coup dans les autres contreforts. Cette disposition permet donc de rattacher chronologiquement au croisillon sud l'établissement du chemin de ronde. Le percement des contreforts du bas coté a compromis leur solidité et on a été ultérieurement obligé, probablement au XIXe siècle d'en refermer la maçonnerie et de placer des tirants métalliques.
Ce dispositif de défense est complété par la tour actuelle, dont les quatre niveaux, comme la tourelle qui les desservent, comportent des meurtrières. Le dernier niveau, véritable chambre de guet et de défense dotée d’une cheminée, date de 1646.
Des tours comparables se retrouvent à Rouvres et à Thury-en-Valois. Ces aménagements s’expliquent par le climat d’insécurité qui, après la Guerre de Cent Ans et les Guerres de Religion, continua de peser sur ces régions avec les troubles de la Ligue et de la Fronde.



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