jeudi 1 septembre 2016

Fiche historique. Les donjons. Chambois
















Armorial appartenant aux rois de France

 





۝   Le donjon de Chambois,  à Chambois.










Aux portes du Calvados et à deux pas d'Argentan, Chambois, village Normand dominé par son ancien château-fort, un donjon roman, est traversé par la Dives, il a été bâti dans le département de l'Orne.












Dénomination : Donjon 


Localisation : 61160, Chambois, département de l'Orne.


Région : Normandie


Année de construction :  XIIe Siècle.


Anciennement : Donjon 


Année de destruction ou démolition du donjon : Existe encore


Architecture : 
Ce donjon offre l'image d'un carré long garni aux quatre angles de larges contreforts couronnés par quatre guérites en pierre. Le grand côté, tourné vers le Sud, est en partie masqué par une tour appliquée dans d'autres forteresses, un contrefort central garnit le mur Nord.
 Une galerie crénelée et saillante portée sur des modillons couronne l'édifice entre les quatre guérites et fait le tour du toit.
La porte d'entrée se trouvait à 5.94m au dessus du sol dans la tour appliquée contre la façade méridionale. Rien n'annonce qu'on y accéda par un escalier, les habitants de Chamboy rapportent, avec quelques vraisemblances, qu'on se servait d'une échelle en fer pour y monter. Un vestibule étroit éclairé par une fenêtre légèrement pointue et divisée en deux par un meneau succédait à cette porte et précédait un vaste appartement qui occupait à lui seul tout le diamètre du donjon au premier étage. Une corniche à modillons règne tout autour de ce salon, elle devait supporter les solives du plafond. Une vaste cheminée construit vers le Nord et dont le manteau est couvert de moulures en losanges, attire les regards de ce bel appartement.
Deux autres étages, dont les planchers n'éxistent plus, n' offraient pas dans leurs décors le même soin que la grande salle du premier. Il est facile de voir que celle-ci était le lieu de réception, le salon du baron de Chamboy et de sa famille.
 L'intérieur des tourelles carrées placées aux angles avait été utilisé de différentes manières; un oratoire se trouvait dans la tour Nord-Est, la tour Sud-Est renfermait à sa base un cachot (ou prison) dans lequel on descendait par une trappe, et enfin, la partie supérieure de la tourelle était disposée pour servir de colombier.

Les soldats occupaient le rez de chaussée, les étages supérieurs étaient réservés aux gens de service, on y accédait par un escalier pratiqué dans les murs d'environ 2 m,50 d' épaisseur. La hauteur totale pouvait être de 30 mètres. Ces tours d'angles étaient percées d'étroites et longues ouvertures terminées en ogives, le donjon est lui-même éclairé par des fenêtres à ogives et à meneaux semblables à celles du vestibule. Aux étages supérieurs les ouvertures changeaient de forme et devenaient rectangulaires pour la plupart. Les guérites étaient de forme carrée. Le donjon de Chambois est placé sur le coteau qui borde la rive droite de la Dive et domine la petite bourgade qui l'entoure. Le donjon quadrangulaire est le vestige bien conservé d'un ancien complexe défensif de la seconde moitié du XIIe siècle et qui indique l'importance stratégique du lieu au Moyen Âge. Avant le milieu du XVIIIe siècle, il était encore entouré d'une enceinte de pierre. Un toit pentu couronnait ses trois étages.
 Chamboy (Chambois) est, du XIVe siècle au XVIe siècle, un des fiefs de la famille de Tilly. Elle le transmet à la famille de Rosnyvinen, qui le conserve jusqu'au XVIIIe siècle.




Matériaux : Pierre




On prétend que le comté d'Exmes ayant été en 912 partagé par Rollon en centenies et dixainies viagères, à raison de son étendue, la châtellenie de Chambois aurait été érigée en centenie tenue par un vicaire lieutenant du comte d' Exmes. Cet état de choses dura plus d' un siècle. En 1025 Richard II, duc de Normandie, concéda Chambois au comte de Vexin et de Ponthieu, en retour de la permission obtenue de traverser ses terres pour aller au secours de Renaud, comte de Bourgogne, son gendre que Hugues de Châlons retenait prisonnier. Ce fut donc sur cette famille que Chambois fut confisqué par Henri d'Angleterre en 1113. Après le naufrage de la blanche nef où périrent ses deux fils, sa bru et la fleur de la jeune seigneurie de Normandie et d'Angleterre, après les guerres qu'il soutint contre Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou, qui avait épousé en 1027 sa fille Mathilde, veuve deux ans auparavant de Henri V, empereur d'Allemagne, et auquel il avait promis l'investiture du duché de Normandie, ce prince mourut en 1135. Mathilde succéda à ses possessions et transmit Chambois à Henri II, son fils, qui le laissa lui-même à Eléonore de Guyenne qu'il avait épousée après l'immoral et impolitique divorce de Louis le Jeune en 1152 et qui vint après sa mort se fixer à Argentan. Plus tard Chambois fut compris dans la confiscation et la réunion de la Normandie à la cour de France en 1204. Pendant qu'il appartenait aux rois d'Angleterre, on voit que le compte des revenus de ce domaine leur était rendu tantôt par Herbert et Henri de Chambois, tantôt par le chapelain Richard, on voit aussi qu'ils y possédaient une fauconnerîe. En 1210 Chambois est un fief dans le bailliage d'Exmes. Il resta uni au domaine de l'État jusqu'au moment où Charles le Mauvais, roi de Navarre, ou quelqu'un de ses partisans s'en empara durant les guerres qu'il fit à la France, de complicité avec les Anglais. Battu a Cocherel par DuGuesclin et forcé de signer la paix 6 mars 1364, il prend l'engagement de faire restituer les châteaux de Tubœuf, Livarot, Vimoutiers, Cisai, Chambois et autres par ceux qui s'en étaient rendus maîtres en leur nom et en cas de refus de joindre ses forces à celles du roi de France pour les forcer d'en sortir. Le comté de Longueville, l'épée de connétable et ajout-t-on le château de Chambois, furent la récompense de DuGuesclin, mais rien ne prouve que ce dernier château ait été compris dans les dons faits à l'illustre capitaine, il ne figure pas dans l'inventaire de ses possessions. Nos guerres du XVe siècle firent retomber Chambois aux mains des Anglais. Les rôles de Henri V nous le montrent accordant le 11 octobre 1417 des sauf-conduits à Guillaume de Tournebu et à Guillaume Mire pour sortir du château avec 50 personnes, leurs chevaux, leurs biens et leurs équipages et à Jean de Tilly pour en sortir avec le même nombre de personnes et aux mêmes conditions, donnant quelques jours plus tard à Jean Blount la permission de délivrer lui-même des sauf-conduits aux prisonniers renfermés dans le château de Chambois en ayant soin toutefois de lui faire exactement connaître et leurs noms et ceux des hommes de guerre dont ils sont les captifs. Enfin, concédant le 8 novembre à Henri Fitz Hugh son chambellan pour récompenser à ses bons et louables services, le château et le domaine de Chambois et toutes leurs dépendances à la charge de lui rendre par an un fer de lance le jour de Noël. Les Tilly, sur lesquels s'opérait la confiscation, ne tardèrent pas à rentrer dans leurs possessions qu'ils transmirent par alliance aux Rosnevinen, les normands écrivent Rosevignan ou Rozevignan, originaires de Bretagne. A partir de ce moment, Chambois disparaît de nouveau de l'histoire. En 1568 il fut occupé par les troupes de Montgommery. Gaspard de Saulx Tavannes voulut le réduire, il brûla la bourgade et pendit quelques habitants qui refusèrent d'abjurer le protestantisme, mais il eut beau canonner vigoureusement la forteresse, elle tint bon et force lui fut de lever le siège. Lors des soulèvements qui eurent lieu pendant la minorité de Louis XIV, en 1649, Guillaume Rouxel, comte de Maré, chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem et capitaine des gendarmes du comte de Valois, fut envoyé à Argentan par la régente pour s'assurer de la fidélité des habitants, mais il dut se retirer sur l'ordre du duc de Longueville, gouverneur de la province de Normandie, qui lui fut notifié par Pierre de Rosnevinen seigneur de Chambois, lieutenant-général du duc le 11 février. M de Longueville et de Rosnevinen s'étant retirés de la ville avec leurs soldats le 20 mars, Maré y rentra avec les siens. Les habitants s'étaient préparés à le repousser, mais des intelligences qu'il avait dans la ville la lui ouvrirent. Il y exerça toutes sortes de vengeances particulières et de deprédations et sans la diligence de M de Rosnevinen qui se rendit en toute hâte à Paris et obtint du roi l'ordre formel, au comte de Maré, d'évacuer la place, le mal eût été plus grand encore. La reconnaissance des habitants associa longtemps leur libérateur aux prières qu'ils faisaient pour le roi et le dicton populaire encore usité au XIXe siècle, vive le roi et M de Chambois, en est un dernier souvenir. Le domaine de Chambois passa à M de Graverond dans la première moitié du dix huitième siècle, soit par acquisition, soit à titre d'hérédité. L'ancienne habitation menaçait de ruine, il la fit démolir et construisit à sa place un château de style moderne. Bientôt, après le 17 juin 1771, il revendit ce domaine à M Demeuve moyennant entre autres conditions le service d'une rente foncière de 12400 livres. M Demeuve fit construire des pavillons qui formèrent les ailes du château. Le 20 janvier 1787, il revendit la nue propriété de la terre de Chambois à M Delessart, trésorier de France, qui la rétrocéda lui-même, le 26 juillet 1793, à M Colombel, à charge de l'usufruit de M Demeuve. Ce fut M Demeuve qui, pendant la révolution, remplaça l'écusson aux armes de France qui décorait la façade du château par cet autre d'un goût assez original, un enfant ouvrait la porte d'une cage où se trouvait un oiseau au-dessous cette inscription "hic libertas itàque felisitas sic pute Demeuve". Cet emblème pastoral et patriotique suffit pour protéger le château. La famille Colombel qui en prit la jouissance à sa mort, la conserva jusqu'en 1828. A cette époque, il fut judiciairement adjugé à M Pierre Alfred, marquis de Tamisier, attaché à l'ambassade d'Angleterre. Celui-ci ayant revendu le domaine de Chambois en détail, le château a été démoli. L'emplacement et les jardins sont devenus la propriété de M Renault, ancien notaire, qui vient d'y faire construire une jolie maison.











* Chambois sur la base Mérimée
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr


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